Histoire des religions; Les fêtes de Tichri 5769

Il y a quelques années, j’allais chercher mon fils Jonathan à la sortie de son cours d’instruction religieuse (que nous appelons Talmud-Torah, littéralement Etude de la Torah) au centre communautaire. Tandis que nous marchions dans la rue, mon petit bonhomme me prit par la main et m’interrogea, très préoccupé : dis-moi papa, j’ai été méchant ces jours-ci ? Il fut très soulagé de ma réponse négative et moi, je fus très ému de le voir faire son premier examen de conscience. Car c’est de cela dont il s’agit avec Roch Hachanah.
 


Mot à mot, Roch Hachanah signifie la tête de l’année, comme le capo d’anno italien. C’est le Jour de l’An, que l’opinion des sages associe à l’anniversaire de la création du Monde. Cette année nous entrons, le mardi 30 septembre 2008, en l’an 5769. Dieu aurait achevé la création du monde à Roch Hachanah en créant Adam, le premier homme. Mais, en plus de marquer le premier jour de l’année juive, Roch Hachanah revêt une autre importance. Ce jour-là, Dieu se souvient de ses créatures, reconsidère sa création et fait défiler toute l’humanité devant lui. Pour les justes et les scélérats, la situation est tranchée immédiatement et sans appel. Quant aux autres, qui constituent sans doute l’immense majorité, leur destinée est pesée pendant dix jours afin de voir s’ils sont capables de se rapprocher de Dieu en se purifiant de leurs péchés. C’est en ce sens que Roch Hachanah est considéré comme le jour du jugement.

Les dix jours qui suivent le Jour de l’An sont des jours de pénitence, situés entre le jour du jugement et le jour du pardon (Yom Kippour, le 10 Tichri qui tombe le jeudi 9 octobre 2008). Yom Kippour est assurément le jour le plus saint de l’année religieuse juive. Nombre de juifs qui ne vont jamais à la synagogue le reste de l’année, respectent avec solennité ce jour et les prescriptions qui y sont associées, comme le jeûne. C’est une journée de prière, de recueillement et de repentir mais, elle est considérée par beaucoup comme l’une des plus heureuses puisqu’elle permet d’obtenir de Dieu son pardon. Il est intéressant de noter que si nous pouvons être rachetés des péchés envers Dieu, il n’en est pas de même pour les péchés commis envers nos prochains. Il faut donc, la veille de Kippour, chercher à se réconcilier avec les personnes que nous aurions pu offenser pendant l’année précédente et à rechercher leur pardon. Il n’est pas dit qui accorde son pardon plus facilement !

 


Après la solennité des jours qui vont de Roch Hachanah à Yom Kippour, vient une période beaucoup plus festive : la fête des Tabernacles ou Soukkot (pluriel du mot Soukkah qui signifie une hutte). Soukkot, qui débute le 15 Tichri (mardi 14 octobre 2008), dure une semaine. Cette fête commémore les quarante années d’errance dans le désert après la fuite d’Egypte. Pendant ce temps, les israélites vivaient dans des tentes. En souvenir de cette époque, la Bible commande aux juifs d’habiter dans une Soukkah pendant sept jours. Si la signification historique de Soukkot est centrale, il faut savoir que Soukkot tombe toujours au début de l’automne et qu’elle est également une fête d’action de grâces pour les ressources apportées par la nature. Quatre plantes jouent un rôle particulier : cédrat, palmier, myrte et saule que l’on réunit et que l’on agite à différents moments de la liturgie.
Enfin, le 23 Tichri (mercredi 22 octobre 2008) a lieu Simhat Torah, la fête de la joie de la Torah. Chaque semaine, un chapitre de la Torah est lu à la synagogue. Simhat Torah célèbre dans la joie la fin du cycle annuel des lectures de la Torah et son recommencement.



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