Histoire de Toulouse ; Un aventurier toulousain Anselme Yzalguier

Un des familles les plus riches et les plus influentes de l’ancien Toulouse, était la famille Yzalguier. On trouve un Raymond Yzalguier, chevalier, qui est Capitoul dès 1295. Par la suite, il n’y a pas moins de 17 Yzalguier qui seront Capitouls. Le dernier étant Jacques Yzalguier, seigneur de Clermont en 1504. Ils portent aussi le titre de seigneurs de Castelnau d’Estretefonds et d’Auterive. Or il arriva une aventure extraordinaire à l’un des membres de cette famille : Anselme Yzalguier avait la passion des voyages et dès son plus jeune âge, il connut les principales villes d’Europe et d’Asie.

 
 Puis, il passa en Afrique Noire où il se fixa dans la ville de Gago, capitale d’un royaume où il devint amoureux d’une jeune personne nommée Salucasais ; celle-ci répondit à ses sentiments et au décès de ses parents, elle hérita de leur fortune et de la liberté de disposer d’elle-même : ils se marièrent donc, quoique la loi musulmane leur impose de se cacher, et vécurent ainsi plusieurs années à Gago. Mais Anselme fut saisi de la nostalgie du pays natal et le couple, accompagné d’une fille qu’ils avaient de leur mariage et de six esclaves, partit furtivement de Gago, embarqua au port le plus proche et accosta sans encombre à Marseille.

 


Ce fut en 1413 qu’ils arrivèrent à Toulouse avec toutes les richesses emportées d’Afrique ; Anselme était parti depuis 12 ans… Ses parents l’accueillirent avec une très grande joie et sa femme et sa fille se convertirent aussitôt à la religion catholique. Cette fille était noire comme sa mère, sauf une petite ligne blanche sur le front et deux doigts de la main gauche, également blancs ; on rapporte qu’elle était une des plus belles personnes de la ville et d’une piété exemplaire. On la maria à 18 ans au rejeton d’une famille illustre, Eugène de Faudoas et il naquit de ce mariage une fils, noir comme sa mère, qui fut un des plus vaillants hommes de son temps : on l’appelait “le Morou de Faudoas”. Par ailleurs, l’un des esclaves qui avait accompagné Anselme, était un grand médecin et guérissait toutes sortes de maladies. En 1416, il guérit en cinq jours, Charles VII, encore dauphin, tombé malade à Toulouse d’une fièvre chaude et reçut en récompense mille écus d’or, somme considérable en ce temps-là. Ce médecin fit naître une telle jalousie chez ses confrères toulousains, qu’on pensa qu’à sa mort qui survint peu après, ceux-ci l’avaient empoisonné.
Quant à Anselme, il eut deux autres filles, l’une blanche et l’autre noire et mourut quelques années plus tard, regretté de tous. Il avait de l’esprit, aimait la littérature, parlait plusieurs langues et avait écrit l’histoire de ses voyages ainsi qu’un vocabulaire des langues arabes et turques, mais il semble que ces ouvrages se soient perdus. Tel fut le destin hors normes d’un Toulousain à l’esprit aventureux qui sut surmonter toutes les difficultés pour vivre ses rêves.

Michel Comby


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