Histoire de Toulouse; L’autre bataille de Toulouse

Evoquer la bataille de Toulouse fait aussitôt penser à l’affrontement qui opposa en 1813 Soult et Wellington. Nous ne reviendrons pas sur cette bataille qui a été souvent décrite par les historiens. Mais peu de gens savent qu’une autre bataille de Toulouse se déroula, un millénaire et demi plus tôt.

 
Au Vème siècle, Toulouse était la capitale d’un royaume wisigoth qui était en théorie du moins, vassal de l’Empire romain. Mais les Wisigoths formaient un peuple fier et belliqueux qui supportait mal d’être sous tutelle et leur roi Théodoric se rebella contre Rome. Pour le ramener à l’obéissance, l’empire envoya une armée, composée en grande partie de mercenaires huns, commandée par le général romain Littorius.
Confronté à cette menace redoutable, Théodoric se sentit trop faible pour résister à l’attaque, et il s’enferma dans les murs de Toulouse regrettant peut-être sa témérité. Aussi envoya-t-il une ambassade à Littorius dans laquelle figurait Orens, archevêque d’Auch, connu pour avoir évangélisé la Gascogne.

 


Orens fit de son mieux pour trouver un accommodement avec le Romain, mais Littorius était païen, sûr de sa force, et fut peu sensible aux arguments du saint ambassadeur. Désolé de son insuccès, celui-ci ne put que retourner à Toulouse où il fit mettre tout le peuple en prières. Après quoi, Théodoric, n’ayant plus d’autre ressource, et comptant plus sur le secours du ciel que sur la force de ses armes, marcha contre l’armée romaine avec ses Toulousains, résolu à vaincre ou à mourir. En dépit de leur considérable infériorité numérique, les troupes toulousaines agirent avec une telle vigueur, qu’après une sanglante bataille, la victoire leur appartint.

 


Le général romain, enchaîné, fut promené dans les rues de la ville, juché sur une vile monture, après quoi on lui fit couper la tête, traitement habituel des vaincus. Cette victoire quasi miraculeuse fut attribuée aux prières de Saint Orens. C’est pourquoi des siècles durant, une procession eut lieu dans Toulouse le jour de sa fête en présence des Capitouls, pour célébrer l’heureuse issue de la guerre gothique près de Toulouse, en l’an 439 de notre ère.

Michel Comby




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