Haute-Garonne ; L’immobilier redécolle

A l’occasion du Salon de l’Immobilier qui se tiendra le week-end prochain au parc des Expositions de Toulouse, les notaires ont fait le point sur la santé du marché de l’ancien ces derniers mois avec une tendance qui se confirme : augmentation des volumes mais également des prix.

 
«L’étude réalisée par la société Perval à partir des transactions enregistrées dans les études des notaires du département conforte les tendances annoncées l’an dernier. Plus qu’un rebond, nous assistons à une réelle reprise du marché immobilier.» Ce constat de Maître Philippe Pailhès, responsable immobilier de la Chambre Interdépartementale des Notaires, est une bonne nouvelle pour tous les vendeurs potentiels… un peu moins pour les futurs acquéreurs. En effet, si les volumes de vente ont énormément progressé en 2010, signe que le marché reprend des couleurs, les prix ont eux aussi augmenté : +5,5 % pour les appartements anciens et +7 % pour les maisons. Si l’on observe les chiffres de l’immobilier en Haute-Garonne, on se rend compte que le prix des appartements a bondi de 134 % en 10 ans, et de 104 % pour les maisons !
Pourtant, les notaires soulignent que la région reste dans la moyenne nationale (Toulouse ne se classant qu’à la 7ème place au palmarès des villes les plus chères) et constatent une très forte demande d’appartements dans l’hyper-centre, notamment dans les quartiers Jean Jaurès, Wilson, Saint Sernin et Carmes (où le prix au m² peut friser les 4 000 euros). Les quartiers de la place Occitane et de Bonnefoy ont, fait rare, enregistré un ralentissement et seul le Mirail propose des biens à moins de 1 500 euros le m².

Hausse de 30 % à Balma

Du côté des maisons, le prix moyen de vente en Haute-Garonne est d’environ 240 000 euros. Un chiffre non significatif car il explose littéralement dans certaines communes comme Balma (400 000 euros, soit une hausse de 30 % en un an). «Ce phénomène s’explique par la taille des maisons vendues qui sont majoritairement des T4 ou T5», note Maître Boris Vienne. «De plus, les vendeurs ont tous retiré leurs biens du marché entre 2008 et 2009 avant de les proposer à nouveau à la vente après la crise.» En revanche, d’autres grandes villes de l’agglomération restent stables à l’image de Colomiers, La Salvetat-Saint-Gilles ou Pibrac. Enfin, pour un terrain à bâtir, il faut compter 100 000 euros mais les prix risquent de grimper dans les prochains mois avec le retour sur le marché des lotisseurs, en sommeil depuis la crise financière. De plus, l’offre devrait dépasser la demande car les terrains se font rares sur l’agglomération et les normes BBC (Bâtiment Basse Consommation), obligatoires en 2013, poussent les futurs acquéreurs à construire du neuf.

 


Jeunesse du marché

Malgré la reprise des prix dans le département, les notaires soulignent le dynamisme des Toulousains sur le marché immobilier : «La Haute-Garonne se distingue des autres départements français par la jeunesse de ses acteurs», constate Maître Vienne. «La tranche des 30-45 ans est la plus présente dans les transactions des maisons anciennes et des terrains à bâtir. Autre fait marquant : les moins de 30 ans sont les plus dynamiques depuis 10 ans. On assiste à un changement de mentalités : les jeunes ont envie d’être propriétaires, ils n’hésitent plus à acheter à deux et profitent d’une solidarité familiale accrue depuis la crise.»
Qu’en sera-t-il en 2011 ? Maître Michel Fargues, délégué de l’Institut Notarial de Droit Immobilier, reste prudent : «En 2010, le marché a été caractérisé par une hausse puissante des prix et des volumes, surtout en décembre. Mais on peut d’ores et déjà annoncer que le premier semestre 2011 sera plus actif que le second. La hausse des taux d’intérêts, l’approche des élections présidentielles et la réforme de la fiscalité du patrimoine devraient impacter les mutations immobilières.» Si les notaires du département ne se laissent pas aller à un quelconque pronostic sur les prix en 2011, une chose est sûre pour eux : «Le marché toulousain restera attractif !»

Sophie Orus


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