Groupe Toulouse Métropole : “Toulouse a tout d’une grande”

Un an après sa formation, Toulouse Métropole dresse le bilan de son action en tant que groupe d’opposition municipale et tout en dénonçant le manque de volonté politique des actuels locataires du Capitole, prépare l’alternance pour 2014.

 
Peut-être les Toulousains n’en sont-ils pas encore convaincus mais «Toulouse Métropole se situe résolument dans l’opposition municipale». C’est du moins ce que ce groupe, composé de Marie Déqué, François Chollet, René Bouscatel, Chantal Dounot-Sobraques et Serge Didier réaffirme aujourd’hui alors qu’il dresse le bilan de son action au conseil municipal.
Une année «sans concession, ni polémique» : «Nous avons décidé d’avoir une opposition pas forcément de posture mais vigilante et constructive» explique Marie Déqué. Parmi les critiques émises sur la politique du maire de Toulouse que Pierre Cohen a «partiellement entendues» : la propreté, qui se serait améliorée. Les cinq élus saluent également l’annonce récente du prolongement de la ligne B du métro à Labège ou encore l’accélération de construction de nouvelles crèches. Mais tout n’est pas rose, loin de là. Toulouse Métropole pointe aussi du doigt des «interpellations auxquelles Pierre Cohen est resté sourd» : «le manque d’ambition et de volontarisme» en matière d’investissement. Le groupe compte bien faire entendre sa voix particulièrement sur ce sujet au conseil municipal de ce vendredi 18 décembre lors du vote du budget 2012.  
«Annoncer 156 millions d’euros d’investissement pour l’an prochain, soit une hausse de 6.8 % par rapport au budget primitif de 2011 et dans le même temps, indiquer que sur la période 2001-2011, aucun emprunt d’équilibre n’a été mobilisé et que ce devrait être le cas en 2012, c’est non seulement mentir sur la réalité des investissements qui seront effectievement réalisés mais c’est aussi reconnaître explicitement que la Ville n’investit pas assez. Or, les villes doivent être le moteur d’une politique d’investissement et Toulouse en particulier, qui a la chance d’avoir un endettement zéro, doit investir en ayant recours à l’emprunt si nécessaire. Il faut donner à notre ville un nouveau souffle» lance à son tour René Bouscatel qui regrette par exemple qu’un stade du grand sud de 60 000 places n’ait pas été envisagé, pour accueillir non seulement des événements sportifs mais aussi culturels d’importance. «Les travaux du Stadium étaient-ils prioritaires ?» questionne alors le président du Stade Toulousain.

“En politique, il faut voir large et viser haut”

Frilosité tout aussi affirmée dans le domaine de la sécurité : «Nous avons salué la création de la brigade équestre, l’adoption de la charte de la vie nocturne et l’entrée en vigueur des arrêtés municipaux interdisant la consommation d’alcool après 22h sur la voie publique dans le centre-ville et obligeant les épiceries de nuit et sandwiche- ries à fermer à 2h du matin, mais nous condamnons l’attentisme dogmatique de Pierre Cohen sur la question des caméras de vidéoprotection» s’indigne Chantal Dounot Sobraques qui demande un renforcement des policiers municipaux, «pour rassurer les Toulousains».
De même, Toulouse Métropole s’interroge sur le devenir de la ligne de tramway Garonne et suggère son prolongement jusqu’à St Orens. Tout comme le groupe propose de transformer la prison Saint-Michel en grand auditorium. «Toulouse a tout d’une grande et en politique, il faut voir large et viser haut» ajoute François Chollet qui réaffirme son attachement au cadre institutionnel de la métropole instaurée par la loi de réforme des collectivités du 16 décembre 2010 : «C’est une chance à saisir pour mettre en oeuvre les politiques ambitieuses et réaliser les projets d’intérêt métropolitain dont Toulouse a besoin». Reste à convaincre le maire de Toulouse. «Nous continuerons à l’interroger» assure Marie Déqué.

2014, l’alternance

A l’aube de 2012, il est clair que Toulouse Métropole en est d’ores et déjà au stade des propositions qui conduira le groupe jusqu’aux municipales de 2014. Il avoue d’ailleurs «préparer l’alternance» et «bâtir une force politique gagnante». Mais quel leader pour l’incarner ? Toulouse Métropole souhaite s’ouvrir davantage à la société civile. «Ce n’est pas un parti politique qui fera gagner Toulouse mais une fédération d’hommes et de femmes de sensibilités différentes, qui ne seront pas trop marqués politiquement» estime René Bouscatel. Dans cette optique, pour «fédérer les énergies, additionner les talents et rassembler les générations autour d’un projet ambitieux», Toulouse Métropole va poursuivre ses rencontres avec les Toulousains grâce à son club de réflexion Forums. Le prochain invité (la date reste à préciser) en sera l’ancien maire de Toulouse, Philippe Douste-Blazy. Il sera question de financements innovants, avec celui qui a «parcouru le monde pour faire naître le Cancéropôle».



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