Grippe A/H1N1; La machine s’enrhume

Ecoles fermées dans la précipitation, vaccin qui se fait attendre, directives encore floues pour certaines professions, manque cruel de volontaires pour assurer la vaccination… Le dispositif anti-grippe A est loin d’être au point dans notre région.

 
Pour la plupart des professionnels, il ne s’agit que d’une “grippette”. Et pourtant, chaque jour révèle son lot d’informations sur les nouveaux cas atteints ou sur la mise en route retardée de la vaccination contre la grippe A/H1N1. Mobiliser la population sans être alarmiste, telle est la volonté du gouvernement. Mais ces dernières semaines en Midi-Pyrénées, l’épidémie se propage rapidement alors que le premier pic de pandémie prévu par les autorités n’a pas encore été atteint. Selon la Préfecture, on observe dans la région «une augmentation des consultations pour grippe clinique en médecine de ville, notamment en Haute-Garonne. Le nombre de cas groupés et investigués a augmenté notablement depuis la rentrée scolaire.» En effet, sur les 86 cas signalés depuis le 1er mai en Midi-Pyrénées, 32 l’ont été pour la seule semaine dernière, «témoignant ainsi de la forte progression de l’épidémie», constate la Préfecture. En Haute-Garonne, 14 cas groupés ont été signalés la semaine passée sur 35 depuis l’apparition du virus, soit près de la moitié.
Conséquence de la propagation du virus : un nombre important d’établissements ou de classes fermées temporairement en milieu scolaire, sur le principe de précaution. Le collège Montréjeau (13 cas signalés) et l’école supérieure Billières de Toulouse (8 cas signalés) ont clos leurs portes durant plusieurs jours, à l’image de certaines classes en Haute-Garonne : 2 de seconde au lycée des métiers du bâtiment Bayard et 4 de 6ème au collège Montalembert de Toulouse. En Ariège, 8 classes ont vu leur activité suspendue tandis que l’école primaire Saint-Rome du Tarn n’a plus fonctionné durant six jours. Mais la région se distingue également pour sa précipitation : l’école maternelle de Castelnau d’Estretefonds avait été fermée le 15 septembre dernier avant de rouvrir suite à des prélèvements négatifs sur les cas signalés. Une première en France.

 

Problèmes de garde d’enfants

Ce cafouillage soulève des interrogations quant à la nécessité de fermer d’office les établissements, notamment en ce qui concerne le suivi des cours par les élèves restés à la maison et surtout la garde des enfants les plus jeunes. Car tout le monde ne dispose pas d’une famille ou d’un voisin disponible. Quant aux assistantes maternelles qui représentent le mode de garde le plus courant pour les petits de 0 à 3 ans, c’est le flou artistique qui domine : «Si les enfants sont malades, on ne doit pas les prendre en charge. Si c’est l’assistante maternelle qui est atteinte, on doit basculer les enfants chez sa collègue la plus proche. Mais sera-t-elle couverte pour les enfants supplémentaires à garder, personne ne peut le dire», explique Danielle, assistante maternelle à Tournefeuille. «Si on est malade, on est tenu de fermer notre maison pendant 7 jours.
Quel employeur voudra donner 7 jours à un parent pour enfant malade ? Par ailleurs, nous n’avons encore aucune information en cas de fermeture d’école et nous ne sommes pas prioritaires pour la vaccination alors que nous sommes en contact avec la petite enfance. Les seules préconisations que l’on nous fait sont paradoxales : laver les mains des petits avec un gel hydroalcoolique alors qu’il est interdit aux moins de 3 ans, ou ne pas se rendre dans les lieux publics alors que le relai d’assistantes maternelles reste ouvert !» Les professionnels de la petite enfance ne sont pas dupes de la situation : «La grippe A va passer inaperçue pour nous car les parents ne nous diront pas forcément de quelle infection souffre leur enfant. Ça risque d’être la contagion générale et l’engrenage», conclut Danielle.
Un engrenage qui pourrait paralyser un temps l’activité économique du pays si les employés doivent rester à la maison pour garder leurs rejetons ou s’ils sont eux-mêmes malades. C’est pourquoi la Direction Départementale du Travail élabore actuellement un PCA (Plan de Continuité d’Activité) afin de «retarder la pandémie et permettre de maintenir le plus longtemps possible un niveau d’activité le plus élevé tout en préservant les conditions d’emploi, de travail et de sécurité des salariés.» Une fiche «pandémie grippale : organiser la vie de l’entreprise», notamment pour les PME, est d’ores et déjà téléchargeable sur Internet (www. travailler-mieux.gouv.fr).

Sophie Orus


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