Grégoire; «Mon souhait est de durer»

Grégoire, premier artiste musical produit par les Internautes, chantera devant le public toulousain, le 26 mai au Bikini. Porté par le label de musique participatif “My Major Company”, le jeune chanteur parisien a déjà vendu plus de 340 000 albums. Quelque peu surpris mais heureux de ce succès soudain, il affiche le souhait de durer et de s’inscrire dans le milieu de la musique.

 
Grégoire, vous avez décidé d’emprunter d’autres voies que celles des maisons de disques traditionnelles. Expliquez-nous un peu le fonctionnement de “My Major Company” ?
C’est un site qui propose aux Internautes d’acheter des parts de l’album d’un artiste. Une fois toutes les parts vendues, l’artiste rentre en studio et enregistre son album. Moi, j’ai vendu toutes mes parts en un mois et demi.

Le fait que les producteurs Internautes de “My Major Company” misent si vite et tant d’argent sur vous a-t-il changé les orientations de vos projets ?
Non, pas du tout. J’avais déjà écrit beaucoup de chansons. J’avais pris du temps avant de me lancer dans la musique. Je faisais mes études et je travaillais dans le milieu en tant qu’attaché de presse chez Universal Music. Puis j’ai attendu de me sentir mûr et prêt pour me lancer.

 


Que faisiez-vous avant en tant qu’artiste ?

En tant qu’artiste, je n’ai rien fait. J’ai juste écrit des chansons chez moi. Je n’ai jamais chanté dans les bars. Chez Universal, ils savaient que je faisais de la musique mais je n’ai jamais proposé quoi que ce soit. Après je suis rentré en studio en août 2007. J’ai enregistré une maquette. Mais j’avais déjà pour but de faire carrière dans la  musique. Par contre, il fallait que j’aie un projet bien clair et bien défini pour pouvoir me lancer.

A quel moment avez-vous pris conscience que la musique pourrait-être votre métier ?

A 18 ans, j’ai commencé à écrire des chansons et je me disais qu’un jour, il faudrait que je les présente à quelqu’un. A partir du lycée, j’ai vraiment eu envie d’en faire mon métier.

Avez-vous réalisé votre album (“Toi+Moi”) avec une certaine pression, du fait que vous étiez attendu ?
Non absolument pas, puisque “My Major Company” savait pertinemment qu’il n’y avait aucune garantie sur mon album. On a tout fait pour que ça marche, mais on n’avait pas imaginé un tel succès. Les Internautes ne m’ont pas mis de pression. C’était plutôt une sorte de mécénat, un soutien, plus qu’autre chose. Il n’y a pas eu de spéculations réelles sur moi.

 

«Tout peut s’éteindre d’un seul coup»

En tant qu’auteur, compositeur, interprète, qu’est-ce qui vous nourrit ?
Côté influence musicale, j’aime beaucoup la pop anglaise et la chanson française. En pop, ma base, ce sont les Beatles, Cat Stevens, Elton John… Du côté de la chanson, j’ai beaucoup écouté Jacques Brel et Léo Ferré au début. Puis après, Cabrel, Leforestier et surtout Goldman m’ont énormément influencé. Ensuite, je me nourris de rencontres, de relations humaines. J’aime aussi beaucoup la poésie et le théâtre, tout ce qui est assez réaliste. Je suis très axé sur les émotions, sur ce que l’on ressent, ce que l’on vit.

Comment gérez-vous ce succès ? N’y a-t-il pas des changements radicaux qui peuvent être dangereux ?
Tout dépend où l’on place les limites. Je ne suis pas très soirées people etc. Je reste assez discret. Après, le fait d’être reconnu met peut-être une pression sur la suite des événements. Cela me donne moins le droit de me planter dans ma tournée. Je ne me rends pas trop compte en fait. Je vis au jour le jour. Mon souhait désormais c’est de durer et de m’installer dans le milieu.

Avez-vous été surpris par cette fulgurante ascension ?
J’ai été surpris d’une certaine façon, dans le sens où tout ceci est arrivé très vite. J’ai aussi été étonné par le fait de me retrouver si vite sur le devant de la scène. Mais j’ai vraiment conscience de la chance que j’ai. Donc, j’essaie de la garder et de rester concentré. Ma tournée arrive et je vais faire chaque chose en son temps. On ne sait jamais ce qui va se passer demain, où tout peut s’éteindre d’un seul coup.

 


Vous accommodez-vous aux aléas d’une soudaine médiatisation ? Les plateaux de télévisons, les interviews…

Pour un artiste, c’est plutôt bon signe lorsqu’on a un planning chargé. Donc pour moi, la promotion de l’album est simplement la suite logique des choses. Après, tout cela est un peu fatiguant parce que le rythme est soutenu. Ce serait complètement déplacé de se plaindre alors que j’ai rêvé d’être à cette place pendant des années.

Votre premier opus se vend très bien, vous êtes en tournée, quels sont vos futurs projets ?
Je débute ma tournée le 15 avril dans le Nord. Je pense que la suite logique serait un deuxième album, mais pas avant 2010. J’ai tendance à faire chaque chose en son temps. Si on me propose des projets collectifs du style des “Enfoirés”, je ne dirai pas non. Ils ont d’ailleurs repris ma chanson cette année et c’est pour moi une consécration.

Propos recueillis par Matthieu Amaré

Grégoire en concert
Le 26 mai au Bikini


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