Grand Toulouse ; Vers une transformation pour 2009

Les 25 maires du Grand Toulouse sont soudés autour du même projet : le passage d’une communauté d’agglomération à une communauté urbaine en 2009, promesse de campagne des socialistes. Quels sont les enjeux d’une telle mutation ? Explications.

En politique, le consensus est rare et mérite d’être souligné. Lundi dernier, l’ensemble des délégués des 25 communes du Grand Toulouse ont voté à l’unanimité une délibération qui marque une première étape dans le passage d’une communauté d’agglomération à une communauté urbaine. Cette mutation a donc débuté par un élargissement des compétences nécessaire selon le président du Grand Toulouse Pierre Cohen : «L’agglomération est très en retard par rapport à ce cheminement. Cette transformation sera le signe le plus fort de mon mandat. Nous allons pouvoir entamer de nouveaux chantiers pour de nouvelles pages d’histoire de l’agglo.»
Si ce type de décision ne passionne pas le citoyen lambda, elle est pourtant loin d’être dénuée d’intérêts… et représente surtout une manne financière non négligeable. Au lieu des 18 millions d’euros perçus actuellement par la communauté d’agglomération, le passage en communauté urbaine permettrait de recevoir 42 millions de la part de l’Etat. Mais le calendrier reste serré : «Nous ne voulions pas nous précipiter», explique Pierre Cohen. «Mais il semblerait que les subventions allouées aux communautés urbaines seraient remises en cause l’an prochain. Il faut absolument que notre dossier soit accepté en fin d’année et prendre ainsi le même wagon que Nice, elle aussi candidate, car tout le monde sait que Mr Estrosi est un proche de Nicolas Sarkozy. Il faut mettre toutes les chances de notre côté. On peut parler d’opportunisme, mais il se fait dans l’intérêt des citoyens.» Le conseil de communauté de communes se réunira donc deux fois en septembre prochain pour une modification statutaire et une adoption de la communauté urbaine, en attendant un arrêté préfectoral indispensable en décembre et une mise en route début 2009.

 


Transfert de compétences et nouvelles ambitions

Concrètement, la communauté de communes permettrait d’élargir les compétences avec la récupération de gros services comme la voirie, l’eau et le traitement des déchets. Ces nouvelles responsabilités doivent entraîner un transfert de personnels mais Pierre Cohen se montre rassurant : «Pour la plupart des salariés, cela ne changera rien. Au lieu de travailler pour une institution locale, ils le feront pour une institution territoriale. Il n’y aura pas de renégociation des statuts.» Mais pas d’embauche non plus selon Bernard Sicard, maire de Colomiers. Pour l’usager, pas de chamboulement non plus à l’horizon : «Nous avons des attentes sur une meilleure visibilité de la gouvernance vis-à-vis des citoyens. Nous ne voulons pas que la communauté urbaine soit un renforcement de la technocratie, repliée sur elle-même mais qu’elle soit basée sur des pôles de service de proximité», prévient Pierre Cohen.
Outre les nouvelles compétences, les 42 millions d’euros de budget doivent servir à développer de nouveaux services : transports en commun élargis sur l’agglomération, projet ambitieux d’un campus de recherche, nouvelle politique de la ville et création d’emplois par le biais d’un développement économique. «La communauté urbaine doit être le socle pour la ville de demain», a conclu Pierre Cohen.

Sophie Orus




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