Grand Toulouse; Une page se tourne

Pierre Cohen a pris la succession de Philippe Douste-Blazy à la tête du Grand Toulouse, élu à l’unanimité par ses représentants. Après le Capitole, la gauche brigue une nouvelle institution déterminante.

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«Il me paraissait normal et légitime d’être présent ce matin pour ce passage de pouvoir républicain. Vous constituez la base politique, le socle communautaire donc félicitations.» C’est un Philippe Douste-Blazy serein et détendu qui a passé la main vendredi dernier lors du premier conseil de communauté du Grand Toulouse. Une réunion de maires et de représentants à dominante socialiste qui sonnait comme la fin d’une époque.
73 voix, pas une de moins, et Pierre Cohen reprend le flambeau laissé par Philippe Douste-Blazy, fraîchement nommé conseiller spécial du secrétaire général à l’ONU. Ce dernier a tenu à rappeler le travail accompli lors de ses sept années de présidence, mettant en exergue le Cancéropôle, Aéroconstellation et Aérospace Campus, avant de mettre en garde le nouveau président du Grand Toulouse : «La tâche est exaltante, la responsabilité entière et l’enjeu déterminant.»
L’ensemble des membres du Grand Toulouse a décidé d’élire à l’unanimité le maire de la Ville rose, y compris les élus d’opposition menés par Georges Beyney. Le maire de l’Union, désigné en tant que doyen président de ce conseil spécial, a justifié cette démarche des «non-alignés» en misant sur le «développement futur» de l’agglomération. Citant tour à tour et ironiquement Lénine et Khrouchtchev, Georges Beyney a maintenu une ambiance conviviale avant de laisser la parole au nouveau patron du Grand Toulouse et à ses deux vice-présidents Bernard Sicard et Claude Raynal, respectivement maires de Colomiers et Tournefeuille.
Même si Pierre Cohen semble vouloir s’inscrire dans la continuité des grands projets mis en œuvre par l’équipe précédente, le maire de Toulouse compte avant tout aller de l’avant : «L’intercommunalité doit prendre un tournant. L’économie constitue un grand défi et nous devrons être vigilants sur l’évolution du Plan Power 8. L’aéronautique doit rester le socle de l’industrie et de l’emploi mais il faut également renforcer le tissu des PME/PMI, encourager la recherche et préparer le XXI ème siècle en développant de nouvelles filières, notamment dans le développement durable.» Autre priorité : «Reconstruire une véritable politique de la ville», en misant sur les quartiers, le logement, la mixité et l’éducation.

Vers une communauté de communes

C’est dans cette droite ligne que Pierre Cohen a rappelé un projet qui a rythmé sa campagne municipale : la volonté d’un passage à une communauté de communes. Ce changement permettrait d’élargir le périmètre du Grand Toulouse en y incluant de nouvelles communes mais surtout de recevoir des subventions bien plus importantes de la part de l’Etat. Aucun calendrier n’a encore été établi mais la décision ne pourrait aboutir que dans deux ans. D’ici-là, le préfet de région devra établir le territoire de cette communauté de communes. L’ex-maire de Ramonville ne se prononce pas encore sur l’avenir de certaines structures comme le SICOVAL ou le Muretain, mis en place pour palier à la non admission de certaines villes dans le Grand Toulouse. Des communautés de communes où on retrouve justement… Ramonville.
C’est donc une page qui se tourne pour le Grand Toulouse où le Parti Socialiste assoit sa domination. L’opposition ne compte plus que six représentants, dont trois se sont vus accorder des postes de vice-présidents parmi les vingt disponibles. La minorité est désormais réduite à une peau de chagrin et devra faire preuve de combativité pour défendre ses projets.
Sophie Orus



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