Grand projet; Toulouse fait sa révolution culturelle

Pierre Cohen et son adjointe Nicole Belloubet ont présenté le projet culturel de la ville pour lequel 102 millions d’euros ont été débloqués en 2009. La mairie promet plus de culture populaire et de collaboration avec les associations et artistes locaux, mais aussi de nouveaux équipements et des actions concrètes dès cette année.

 
En organisant des Assises et des Lundis de la Culture, certains ont grincé des dents face à cette volonté récurrente de Pierre Cohen et son équipe de remettre à plat tous les projets engagés par l’ancienne municipalité. Mais au final, ces rendez-vous culturels ont drainé plus de 5 000 participants et le maire de Toulouse peut enfin présenter un projet d’envergure pour la ville : «Cette concertation structurée fut de l’ordre du coureur de marathon et pas du sprinter ! Nous voulions répondre aux acteurs culturels et voir comment les accompagner dans un projet global.» Un projet qui se traduit par une augmentation du budget de 12,5 % en un an pour atteindre les 102 millions d’euros, et par une réaffectation de certaines lignes budgétaires vers le financement d’associations.
«Toulouse, métropole solidaire, créative, équilibrée et participative», telle est l’ambition de Pierre Cohen pour les 5 ans à venir. Et pour cela, la Ville veut donner la priorité au décloisonnement des activités, aux ateliers dans les quartiers, au déplacement de certaines structures emblématiques comme le Théâtre du Capitole dans les banlieues… le tout dans une démarche globale de développement urbain. Certaines pratiques comme le cinéma, la photographie et la culture scientifique seront mises en avant, tandis que les secteurs emblématiques comme le théâtre seront confortés. «Nous ne voulons pas être dans le clinquant ou le coup médiatique», explique Nicole Belloubet, adjointe en charge de la culture. «Nous ne parlons pas de rupture mais de métamorphose de la vie culturelle.»

Gommer le bling-bling

Premières victimes de cet nouvel état d’esprit, les trois manifestations phares engagées par la droite ces dernières années : le Marathon des Mots, le Printemps de Septembre et Rio Loco. «Nous avons déjà retravaillé les deux premiers et inclus dans leur cahier des charges l’obligation d’être présents sur tout le territoire et de travailler avec les associations locales. Il faut gommer cet aspect bling-bling. Pour Rio Loco, nous voulons que ce festival porte des projets avec les Toulousains et qu’il ne soit pas seulement un événement de programmations», confie Nicole Belloubet.
Autre ambition, celle de transformer Toulouse en véritable métropole européenne de la culture «par de grands équipements comme la Cité des Arts, par les festivals, les jumelages et la présence de la ville dans les grands réseaux internationaux d’échanges culturels.» Pierre Cohen souhaite également penser projet culturel à l’échelle de la nouvelle Communauté Urbaine et envisage donc de nouveaux partenariats avec le Département et la Région.

 

Des nouveautés dès cette année

Mais cette prise d’envergure de Toulouse ne pourra se faire que sur le long terme alors quels seront les changements visibles dès 2009 ? «Nous allons mettre en place une culture pour tous avec la création de nouveaux ateliers dans les quartiers, (initiation à Internet, studios d’enregistrements…). Chaque quartier disposera également d’une école de musique», annonce Nicole Belloubet. Autres nouveautés, la pérennisation des pauses musicales lors du déjeuner et l’organisation de manifestations à 1 €. Des studios mobiles sur les différentes places de la ville sont également prévus et les travaux commenceront en vue d’un nouvel équipement : une maison de l’image place Abbal à la Reynerie. Une promotion du cinéma à Toulouse que veut Nicole Belloubet : «Nous voudrions créer un quartier dédié au cinéma avec la Cinémathèque, le cinéma ABC, l’Esav et le lycée Saint-Sernin. De même, nous continuons à soutenir les festivals Cinespaña, Zoom Arrière et les Rencontres d’Amérique Latine ainsi que le Bureau des Tournages de la Ville.» Le maire veut également être au rendez-vous en septembre de sa promesse de «parcours culturel gratuit pour les 6-11 ans». Enfin, au mois d’octobre, Toulouse organisera “la semaine de l’innovation” pour promouvoir la culture scientifique, une discipline qui s’installera dans le futur quartier des sciences Allées Jules Guesde. Tous ces chantiers engagés par la nouvelle municipalité trouvent une nouvelle fois un écho dans la figure emblématique du socialisme, à l’honneur toute l’année à Toulouse : «Jean Jaurès disait : il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience», déclare Nicole Belloubet. «Je rajouterai : il ne peut y avoir conscience que là où il y a éducation et culture.»

Sophie Orus


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