Golfech : Des failles dans la maintenance

L’ASN (Autorité de Sûreté nucléaire) a présenté à Toulouse le bilan 2012 de la sûreté nucléaire et de la radioprotection dans le Sud-ouest, avec un focus plus particulier sur la centrale de Golfech.

A l’instar de 2011, 2012 est une année globalement «satisfaisante» pour les trois centrales nucléaires situées dans le grand Sud-Ouest. C’est le bilan que vient de dresser l’Autorité de Sûreté Nucléaire, autorité administrative indépendante chargée de contrôler les activités nucléaires civiles en France. Pour la division de Bordeaux qui regroupe les régions de Midi-Pyrénées, Aquitaine et Poitou-Charentes, 61 inspections ont été réalisées l’an passé : 20 sur le site du Blayais en Gironde, 22 sur celui de Civaux dans la Vienne, 19 sur celui de Golfech en Tarn-et-Garonne, où plus spécifiquement, « les inspecteurs ont pu néanmoins repérer au cours de l’année un certain nombre de situations où les règles de conduite n’ont pas été strictement appliquées », déclare Anne Cécile Rigail, responsable régional de l’ASN dans le Sud-Ouest qui précise : « Cela n’a pas eu de conséquence mais il est important d’en tirer des enseignements.» Vis insuffisamment serrées ou encore échafaudages pas assez robustes, l’ASN pointe du doigt des opérations de maintenance qui « n’ont pas été parfaitement exécutées » : « Cela illustre le fait qu’EDF doit surveiller plus rigoureusement ses sous-traitants », ajoute Anne Cécile Rigail. L’année dernière, la centrale de Golfech a ainsi déclaré 38 événements sur l’échelle INES (International Nuclear Event Scale pour Echelle Internationale des Evénements Nucléaires), «37 au niveau 0 et un au niveau 1», rapporte l’ASN, qui par ailleurs épingle la centrale de Golfech sur la protection de l’environnement. En cause, «un manque de réactivité pour réparer certaines dégradations.» Par ailleurs, l’ASN devrait émettre en fin d’année un avis consultatif sur la poursuite ou non de l’exploitation du réacteur n°1 de Golfech pour les dix ans à venir. A noter que le 17 septembre prochain, un exercice en cours de préparation à l’heure actuelle, doit avoir lieu avec la population dans le cadre des Plan Particulier d’Intervention et Orsec.

 

Claire Manaud

 

 

 

 

Le milieu médical aussi

 

Egalement dans le collimateur de l’ASN : les vétérinaires. « Ils utilisent souvent des appareils de radio qui doivent être soit déclarés soit autorisés par l’ASN. Une part non négligeable des professionnels de ce secteur ne se sont pas vraiment mis en règle avec nous. Nous travaillons avec le conseil régional de l’Ordre pour sensibiliser à cette formalité réglementaire à exercer.» note Anne-Cécile Rigail. Même type de remarques pour les blocs opératoires en termes de radiologie interventionnelle : « La plupart des services inspectés présentent des insuffisances en termes de formation et de qualification des professionnels qui manipulent les appareils, ce qui pourrait nuire à l’optimisation de la dose de rayonnement délivrée aux patients » indique Jean-François Valladeau, chef du pôle nucléaire de proximité à l’ASN. En 2013, l’ASN annonce la poursuite d’une forte présence dans les blocs opératoires notamment.

 

 

 

C’est une activité qui connaît une très forte croissance, qui permet d’éviter les interventions lourdes

Cela conduit à des doses non négligeables reçues par les patients mais également à des expositions importantes des professionnels, les chirurgiens.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.