Golf de Garonne ; A quand le feu vert ?

Grand projet de parc de loisirs urbain en bord de Garonne à proximité de la zone verte de Sesquières, le Golf de Garonne tarde à obtenir un permis de construire de la part de la Communauté Urbaine.

 
Janick Alidor est un homme déterminé, un passionné. De golf et surtout de sa ville, Toulouse. Depuis plusieurs années, ce “clubmaker” porte à bout de bras un grand projet de golf urbain dans la Ville rose, plus précisément impasse de Ginestous, entre Sesquières et le pont de Blagnac. «Un parc de loisirs urbain avec le golf pour thématique», comme il le définit lui-même.
Situé sur la future zone verte de l’agglomération toulousaine, ce parc devrait s’étendre sur plusieurs hectares et proposer un véritable parcours sportif et ludique : deux mini-golfs, dont l’un homologué, un practice couvert et éclairé, une zone éducative, un 18 trous, un centre de formation et un centre d’essai de matériel. «Nous proposerons également aux joueurs tout ce qu’il faut pour se détendre après le parcours», précise Janick Alidor. «Restauration, boutiques et activités au bord d’une plage artificielle : beach-volley, beach-rugby, beach-football. Et même du football golf, une pratique venue de Scandinavie et pour l’instant unique en France !»

 

Convivial, abordable et écolo

Le but du futur “Golf de Garonne” est de miser sur la proximité et surtout de répondre aux attentes de nombreux passionnés, soit environ 20 000 pratiquants dans l’aire urbaine de Toulouse : «Les golfs sont aujourd’hui saturés», explique Janick Alidor. «Celui de la Ramée ne sait plus quoi faire des joueurs qu’il forme ! Aujourd’hui, il y a une réelle demande autour de ce projet, de la part des initiés mais également des jeunes, des personnes âgées, des femmes ou des personnes handicapées. Car le golf est un sport qui parle à tout le monde. Il est facile à enseigner, ludique, et permet une mixité sociale.» Car le président d’Open Golf Toulousain plaide pour un green populaire : «Nous mettrons en place un système de carte rechargeable et chacun pourra y déposer le montant qu’il souhaite. Selon les heures de la journée, la partie pourrait coûter entre 1 et 4 euros. Un parcours moyen s’élèvera à 9 euros. Si on veut devenir membre, une cotisation de 300 euros donnera droit à de nombreux avantages et privilèges. D’autre part, nous espérons participer à des compétitions hors de Toulouse.»
Et enfin, puisque green signifie vert en anglais, le Golf de Garonne s’inscrit dans une démarche écologique : «Nous avons d’ores et déjà l’accord de Véolia Eau pour récupérer l’eau recyclée de la station d’épuration voisine afin d’arroser le site. On va permettre également le retour d’une faune et d’une flore qui a déserté l’aire urbaine. Enfin, nous allons utiliser les terrains restants pour créer un verger éducatif à destination des associations qui pourront y amener les enfants, notamment ceux des quartiers.»

 

« Le projet de tous les Toulousains »

Afin de mener à bien son projet, Janick Alidor a monté la société Open Golf Toulousain qui a obtenu la concession de terrains appartenant à la Communauté Urbaine. «Aujourd’hui, nous avons bouclé le financement du projet (2,5 millions d’euros, ndlr) grâce au soutien d’investisseurs privés. Et tout cela ne coutera rien à la Communauté Urbaine puisqu’il s’agit d’une délégation de service public. Outre le loyer que l’on va lui verser, elle récupèrera le “bébé” au bout de 25 ans. Enfin, le recyclage de l’eau pour l’arrosage du green pourra également servir à la CU pour nettoyer les rues, les ronds-points, les camions…»
Il ne manque donc plus au Golf de Garonne que le permis de construire, dernière étape cruciale avant le lancement officiel des travaux. Un permis délivré par… la Communauté Urbaine qui traine des pieds. Une situation que ne comprend pas Janick Alidor sans pour autant le décourager : «Toulouse a déjà perdu le football et l’Euro 2016, la quatrième ville du pays ne peut pas se permettre de perdre le golf ! Surtout à l’heure où la France a obtenu l’organisation de la Ryder Cup 2018, l’équivalent des Jeux Olympiques pour le golf. Les élus doivent comprendre que ce n’est plus le projet de Janick Alidor mais celui de tous les Toulousains.» Si le permis de construire est délivré d’ici fin juin, les travaux pourraient commencer cet été pour un ensemencement avant le 15 novembre. Le practice pourrait ouvrir au printemps 2012 avant que les autres activités ne se déploient. Alors que Janick Alidor espère 1 200 nouveaux joueurs par an sur son green, le clubmaker précise : «Actuellement, je possède une très belle Ferrari… mais je n’ai pas d’essence à mettre dedans. Je ne peux pas croire que Toulouse puisse rester à la traine.»

Sophie Orus


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