Gérard Depardieu; “ Moi, je tombe sous le charme ”

C’est une certitude, Gérard Depardieu est au cinéma européen des années “80”, ce qu’était Marlon Brando au cinéma américain des années “50”. Avec un brin d’humanisme en plus, capable de nous proposer, tour à tour, de passer sans difficulté de la comédie au drame, du cinéma au théâtre, offrant son talent tant devant que derrière la caméra. Comme avant lui, l’auront fait les Louis Jouvet,  Michel Simon, Jean Gabin, Alain Delon, Claude Brasseur, Jean-Paul Belmondo ou Yves Montand. Des géants qui auront tout joué, aux côtés comme avec les plus grands. C’est en 1981 que Gérard Depardieu connaîtra l’harmonie parfaite entre le succès et le mérite. Ainsi, avec “Le Dernier métro” de François Truffaut et aux côtés de Catherine Deneuve, il sera récompensé du César du Meilleur acteur… Une décennie plus tard, en 1990, c’est cette fois dans la peau d’un Cyrano de Bergerac plus vrai que nature, signé Jean-Jacques Rappeneau, qu’il sera, là aussi, plébiscité meilleur acteur à Cannes ; soit, juste un an avant d’être à nouveau désigné aux Césars, édition 1991. Mais les inconditionnels l’apprécieront tout autant et dans un autre volet de son immense talent, comme dans “Astérix et Obélix contre César” de Claude Zidi…
Pourtant ce qui étonnera le plus, ce sont les rôles marquants qu’il aura su choisir comme “Danton”, qui lui valut de nombreuses louanges internationales, le bossu dans “Jean de Florette”… Et bien entendu “Martin Guerre”, tourné en Midi-Pyrénées du côté d’Artigat, pour un film qu’il aura à cœur de défendre et de promouvoir en permanence. Se reconnaissant par bien des côtés dans la peau de ce jeune paysan, Martin Guerre, qui a abandonné terre, femme et enfant pour rejoindre les champs de bataille, défendre la patrie en danger.
C’est à cette occasion que l’acteur découvrit plus fortement Toulouse dont il allait tomber en admiration.

 
Gérard Depardieu quand on vous parle de Toulouse, qu’est-ce que cela réveille en vous ?
Tout d’abord, une vision : celle de Jean de Coras, le juge de l’affaire Martin Guerre et Martyr de la Saint Barthélemy. Ensuite et comme par enchantement Claude Nougaro qui a merveilleusement bien chanté sa ville natale. Mais aussi par passion personnelle l’histoire des Templiers, des Cathares, le tout rehaussé par toutes ces légendes fantastiques qui circulent ici et là dans tous les foyers de Midi-Pyrénées, en hiver autour des feux de cheminées. Sans oublier la gastronomie locale que l’épicurien que je suis ne peut qu’adorer et même plébisciter !

Si vous aviez à qualifier Toulouse, que diriez-vous d’elle ?
Pour moi Toulouse symbolise, avant toute chose, une couleur : le rose. Ce n’est pas un hasard si elle est communément baptisée “ville rose”, comme d’ailleurs les villes de Toscane en Italie, auxquelles elle peut s’identifier. Comme à Florence, à Sienne, ici règne une certaine douceur de vivre et une rigueur qui vont trouver, comme par enchantement leurs repères, leurs équilibres naturels. C’est magique et enchanteur et moi je tombe sous le charme de ce type de ville !

 

Avez-vous une image, un souvenir marquant ?  
Je garde un souvenir intarissable, inscrit là au fond de moi et pour toujours. Celui d’un public merveilleux, rencontré lors d’une représentation de “Lily passion” où je jouais aux côtés de Barbara. Pour moi Toulouse est la capitale du chant, ceci dans la plus large des palettes et y être reconnu ne peut qu’être flatteur…

Qu’est-ce qui à vos yeux pourrait être amélioré ?
A dire vrai, rien de particulier si ce n’est, avec modestie, de rappeler aux Toulousains qu’ils sont privilégiés d’avoir la chance de vivre dans cette merveilleuse ville. Oui, modestement les sensibiliser, les rappeler à leurs devoirs de citoyens, de Toulousains investis de la mission supérieure, celle d‘avoir envers ce patrimoine légué par d’autres l’obligation de le protéger, de l’embellir comme de le promouvoir en permanence. Oui, leur recommander d’être les plus attentifs, les plus vigilants à ce que soient toujours respectés l’espace, comme la beauté des sites et des traditions qui font de Toulouse une ville unique, où la Force, la Gloire et la Beauté, ne peuvent être dissociés.

Propos recueillis
par Marie Claire Estevin
et Elodie Gallego


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