Gary Waters ; Quand le vide remplit l’espace

Né en 1953 dans le sud du Pays de Galles, Gary Waters a étudié à Hornsey, Birmingham et au Royal College of Art à Londres. Après ses études il a créé un atelier et enseigné dans les écoles des Beaux Arts à Swansea, Newport, Cardiff, Salisbury dans le U.K. et Morris College dans le New Jersey, aux U.S.A. Ont suivi de nombreuses expositions personnelles, notamment à Nice, Venise, Zagreb, Londres et New Jersey. On peut voir ses œuvres dans des collections publiques en Angleterre, et de nombreuses collections privées dans le monde. En 1991, Gary Waters a arrêté l’enseignement pour se consacrer entièrement à la peinture. Désormais, c’est dans le sud-ouest de la France que l’artiste a posé son chevalet et vit avec la photographe Mabel Odessey et leurs deux enfants.

 
Gary, pouvez-vous nous dire quelques mots du travail que vous présentez actuellement à la Galerie G3G ?
Les oeuvres présentées dans cette exposition sont fondées sur l’idée de l’espace négatif et positif ; L’espace positif, ce sont toutes les formes solides, et l’espace négatif est l’espace entre les formes solides, l’air si vous voulez.
Sur une page de texte, les mots sont positifs et l’espace entre les mots est négatif. Posons-nous une question : Quel est le plus important dans un poème, les mots ou l’espace entre les mots ? Peut-être peut-on répondre : ce sont les mots, car s’il n’y a pas de mots, il n’y a pas de poème. Ce sont les mots qui apportent la signification.
Mais si on réfléchit, sans l’espace, tous les mots sont, les uns après les autres, joints de façon illisible, incompréhensible. N’oubliez pas qu’il y a aussi l’espace sous et sur les mots, entre les lignes, ce n’est pas seulement l’espace à droite et à gauche, entre les mots. Il est évident que les espaces permettent aux mots d’avoir un sens, les deux fonctionnent ensemble.
Si vous voulez supprimer les montagnes, il faut remplir les vallées. Pour chaque intérieur, il faut un extérieur et vice-versa. Nous pouvons aussi considérer cette idée par rapport à nous-mêmes et notre environnent, notre espace intérieur et notre espace extérieur, y a-t-il vraiment une différence ? Dans mes tableaux, je mets en valeur l’espace négatif. Normalement on n’aime pas les choses négatives, “il faut toujours rester positif”, nous aimons gagner, nous n’aimons pas perdre, nous aimons les éloges et craignons la critique, nous aimons Dieu mais pas le diable, la vie mais pas la mort. Je joue avec la solidité des phénomènes : parfois des traces de la lumière ou un nuage semblent plus solides qu’une chaise ou un personnage. Le coin d’une pièce peut être interprété comme une forme positive masculine ou comme une forme négative féminine.
Quand j’étais enfant, je jouais à un jeu, je répétais et répétais un mot,  n’importe quel mot, «guitareguitareguitareguitare guitare» et au bout d’un moment la signification du mot se perdait complètement, il ne restait que le son. Mes peintures sont un équivalent visuel de ce jeu.

Propos recueillis par Marie Marcara
Galerie G3G
9 bd des Minimes, 31200 Toulouse
icxeart@orange.fr


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