Garde d’enfants : la grande débrouille

Cherche Nounou désespérément…

Exit biberons à la chaîne, concours de couches-culottes et traduction de gazouillis divers : l’heure est au retour au travail. Et c’est à ce moment que les ennuis commencent vraiment. En 2010 d’après l’Observatoire de la petite enfance, la capacité théorique d’accueil des moins de 3 ans par des modes de gardes formels était de 48,6% en Haute-Garonne, un taux qui place le département en fin de classement. Alors, comment notre agglomération s’en sort-elle pour chouchouter ses têtes blondes ? Thomas Simonian et Aurélie Renne ont enquêté sur le sujet.

 

A en écouter le Capitole, l’équation n’est pas si compliquée. « Actuellement environ 8000 enfants sont inclus dans un mode de garde toulousain : 6000 en crèches publiques, 1000 en crèches associatives et plus de 1000 chez des assistantes maternelles indépendantes ». Actuellement la Haute-Garonne compte plus de 300 structures d’accueil collectif tous modes confondus (crèches, multi-accueil, haltes-garderies), dont 130 crèches destinées à l’accueil régulier. On dénombre 1800 assistantes maternelles agréées qui gardent en moyenne 2.6 enfants chacune, ce mode de garde représentant 44% de l’accueil jeunes enfants. La municipalité en emploie par ailleurs 400. Devant le parcours du combattant qui attend les parents, la municipalité s’est employée à faire quelques efforts : depuis 2008, 770 places en crèches ont été créées, « un chiffre qui montera à 1000 au printemps prochain et à 1100 fin 2014 ». C’est d’ailleurs la plus grosse progression en Province, avec près de 85% d’augmentation en terme d’effectifs autour de la petite enfance. Ces chiffres donnent presque à penser que faire garder ses chérubins dans la ville rose relève du jeu… d’enfant, pourtant tout n’est pas si rose chez les petits Toulousains.

Un calcul enfantin ?

En effet en 2012, la municipalité estimait qu’il manquait 2300 places en crèches. Mais l’équation n’est pas si simple : « Tout dépend sur quoi on se base pour cette estimation. En 2012, nous avons eu 5700 demandes, et une sur quatre a été satisfaite. Or si l’on supprime les refus des parents à l’obtention d’une place, on se rend compte que l’on satisfait finalement près de 60% de la demande ». Les parents ayant entre temps trouvé un autre mode de garde, ou bien déménagé, changé de statut professionnel… «Les dispositifs ne sont pas faits pour que tout le monde trouve une place en crèche ! Historiquement la crèche était un moyen parmi d’autres. Mais les demandes ont évolué et ont carrément été révolutionnées par deux choses : la question du pouvoir d’achat (et donc du coût du mode de garde choisi) et la socialisation de l’enfant, qui est devenue une valeur importante. » D’après la municipalité, les parents trouvent dans la plupart des cas un moyen de faire garder leur tout petit mais qualitativement, ce n’est pas forcément la solution souhaitée initialement. « Le système doit se reconstruire totalement pour s’adapter à cette nouvelle demande, car les équilibres ont été bouleversés. »

« En moyenne, neuf mois d’attente pour une place en crèche »

De par son développement économique et démographique exponentiel (l’un des plus forts d’Europe), Toulouse a une situation particulière. Chaque année, ce sont 250 à 300 naissances en plus de l’année passée. Quand on sait qu’il faut trois ans pour construire une crèche et que la plupart accueille de 45 à 60 enfants au maximum, « on est dans une course de vitesse » entend-on au Capitole. Autre phénomène : le récent mouvement de déscolarisation des tout-petits par l’Education nationale. « Il y a dix ans, on comptait 1700 enfants de moins de 3 ans en petite section de maternelle, aujourd’hui moins de 900 ont quitté la crèche pour les bancs de l’école (en ZEP la plupart du temps). Comment faire rentrer des enfants en crèche si les plus grands n’en sortent pas ? »  Chaque année, 10 000 à 12 000 nouveaux Toulousains débarquent la plupart du temps pour le travail. Une double peine pour des villes attractives de l’acabit de Toulouse : les deux parents travaillent mais la famille est loin, ils ont donc un fort besoin de garde pour leurs enfants.

 

La municipalité a tenté de s’adapter à cette demande en créant de nouvelles places, mais aussi en refondant totalement le système. Ainsi la proposition est aujourd’hui plus adaptée aux horaires de chacun, les contrats de crèche acceptant d’accueillir un enfant de 1 à 5 jours par semaine : « c’est aussi une solution pour libérer une ou deux places à temps partiel le reste du temps ». Une autre initiative a récemment fait des émules, puisque la municipalité a établi un partenariat avec l’association de garde à domicile L’Enfanfare, afin de proposer des solutions aux parents qui travaillent en horaires décalés. A ce jour, 120 familles toulousaines profitent de cette solution au tarif crèche.

Crèche publique ou privée ? A vous de choisir…

Pour les parents qui ont choisi l’option crèche, deux solutions s’offrent à eux. Le public et le privé. Pour autant, il est important de savoir qu’il s’agit presque en réalité d’un non-choix. En effet, toutes les places restent subventionnées, les prix équivalents et l’encadrement se présente avec des compétences identiques. En revanche, la direction de l’endroit va dans un cas à un fonctionnaire territorial, dans l’autre, à une direction sélectionnée et rémunérée par l’association ou l’entreprise à l’origine de ladite crèche. Placer son enfant dans une structure privée ne veut absolument pas signifier une différence qualitative pédagogiquement, encore moins sécuritaire. L’agrément est délivré par la PMI (Protection Maternelle Infantile), et son renouvellement soumis à des contrôles inopinés. En revanche, il peut y avoir de vraies différences dans l’obtention d’une place, et dans le traitement de la liste d’attente : « Nous fonctionnons principalement selon un ordre chronologique, et tenons informés les parents de leur position au fur et à mesure s’ils nous sollicitent. Il est vrai que nous sommes tout de même plus libres que le public en la matière… » explique la directrice d’une crèche privée de l’agglomération. L’obtention d’une place dans le public est aujourd’hui conditionnée à plusieurs critères et à un système de points : « Un tel niveau de transparence est une première au niveau national », explique-t-on à la municipalité. Le système complexe et pondéré permet à chacun d’avoir sa chance et offre la jolie promesse d’une réelle mixité sociale au sein des établissements d’accueil qui visent à « ressembler à la société ». Si par le passé, on parlait beaucoup de « pistons » pour décrocher une place en crèche, ces travers semblent aujourd’hui révolus. Remplir sa fiche avec attention et s’armer de patience restent encore les meilleurs atouts pour parvenir à ses fins. « Dans l’idéal, nous aimerions offrir une réponse globale à chaque demande, afin d’éviter aux parents ce parcours du combattant des multiples sollicitations. Six associations petite enfance sont déjà rentrées dans notre système, c’est un début. » On estime qu’il faut patienter neuf mois avant de décrocher une place en crèche, un calcul à relativiser puisque les demandes sont acceptées à partir du 6e mois de grossesse. En retranchant le temps jusqu’à la naissance de l’enfant puis le congé maternité post accouchement, il resterait réellement trois mois de garde alternative à trouver avant de décrocher le graal. Pourtant « tout dépend du mois de naissance de l’enfant : c’est en septembre que les places se libèrent. En cours d’année, il faut compter sur quelques déménagements. Dans la réalité, soit on a une place de suite, soit il faut attendre un an… » avoue-t-on à la mairie.

Crèches en mode entreprises

Pour certains privilégiés, il existe aussi des crèches d’entreprises, un concept lancé par Olivier Sadran, le patron du TFC, avec la marque « BébéBiz ». Une idée qui a fait des émules depuis… Le principe est financé par la CAF dans le cadre du dispositif d’aide à la petite enfance, et l’entreprise complète la prise en charge. Ces crèches sont soumises au respect de la même réglementation que les crèches collectives, publiques ou privées, et font l’objet préalablement à leur ouverture d’une autorisation de fonctionnement délivrée par le Président du conseil général.

Du système D au partage de nounou

Devant ce casse-tête, de nombreux parents doivent trouver leurs propres solutions. C’est le cas de Florence et Alban, parents de deux filles, dont la petite dernière a 1 an : « Nous avons tout fait dans les règles : déposé toutes nos demandes pendant la grossesse et depuis… rien ! J’ai failli me résoudre à prendre un congé parental mais nous avons pu nous arranger en famille, car nous avons la chance d’avoir nos parents respectifs dans la région et à la retraite ! » D’autres n’ont pas eu la chance de pouvoir se reposer sur la famille, Anaïs raconte : « ma belle mère devait garder notre petit garçon dès ma reprise du travail, mais suite à un souci de santé, nous avons dû chercher un moyen de garde dans l’urgence ». Ils se sont tournés vers Family Sphere qui sélectionne, en amont, des intervenants diplômés, afin d’organiser un mode de garde au pied levé et à domicile. « Nous offrons une flexibilité qui est essentielle aujourd’hui avec la multiplication de temps partiels, d’horaires décalés et surtout la banalisation du travail chez les deux parents », explique Magalie Fey, responsable d’agence à Toulouse. Cette solution a tellement convenu à Anaïs qu’aujourd’hui après un deuxième enfant, la solution reste inchangée : « cela nous coûte plus cher qu’une crèche ou une assistante maternelle mais quel confort ! Les enfants restent chez eux et on n’a pas à s’occuper des factures etc, la société Family Sphere gère tout ». Pour d’autres, c’est aussi le moyen de faire la transition lorsque le travail déborde un peu sur la vie familiale. Emmanuelle a opté pour cette même solution pour permettre à sa fille de regagner sa maison plus tôt qu’elle : « elle n’a pas à subir de longues journées de crèche, Magalie va la chercher et s’occupe d’elle jusqu’à notre retour. Pour 32 à 48 heures par mois, cela nous coûte 600 à 900 euros ». Un système onéreux qui ne convient pas à toutes les bourses. La société O2, s’est attachée à trouver des solutions destinées aux parents sans mode de garde et dont le portefeuille n’est pas pour autant extensible : « Toulouse a une situation atypique, comparée aux autres villes de province : ce sont beaucoup de cadres, qui rentrent tard le soir et dont la famille est éloignée.» La proposition de garde au quotidien ou en sortie de crèche s’ajoute à un concept novateur qui commence à faire des émules : le family dating. L’idée ? Faire se rencontrer les familles afin de trouver celles qui partageront assez de valeurs communes afin d’accepter de faire de la garde partagée. C’est-à dire, une nounou, et plusieurs enfants alternativement gardés au domicile de chaque famille. Au final : des coûts divisés et un confort de vie apprécié. « Cela tend à se développer. A Paris c’est déjà rentré dans les mœurs, à Toulouse cela ne saurait tarder…» ajoute Anne-Claire Carcy, responsable de l’agence O2 Kid Toulouse.

Une nounou en un clic 

 

www.mon-enfant.fr

www.family-sphere.com

www.O2.fr

www.lesenfantsdejeanne.fr

www.deuxiememaman.com

Application Iphone Babynounou



2 COMMENTAIRES SUR Garde d’enfants : la grande débrouille

  1. Julie dit :

    Il est clair que ce n’est pas simple. Moi j’ai finalement trouvé une baby-sitter pour la rentrée sur aladom.fr mais ce n’était pas de tout repos ! En tous cas, l’idée d’O2 est top. J’espère que cela va se démocratiser à Toulouse :)

  2. Delphine dit :

    C’est vrai que ce n’est pas facile surtout sur Toulouse. Un peu comme vous j’ai trouvé ma baby-sitter sur internet mais sur educazen.com . Çà devient de plus en plus difficile de trouver une baby-sitter ou une nounou heureusement que des initiatives comme celles-ci sont mises en place !

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