Gagnés par les sommets

 

Mardi 12 novembre à partir de 19h30 au cinéma Gaumont Wilson, aura lieu « La Nuit de la Montagne». Après avoir débuté la tournée mardi 5 novembre au Grand Rex à Paris, « Montagne en scène » part sur les routes pour sillonner la France afin de « partager le bonheur d’être en montagne ». L’événement est spécialement dédié aux sports de montagne d’hiver : ski, snowboard et alpinisme. Avis aux amateurs ! Par Elsa Nardari et Marie-Agnes Espa

 

Alors que le froid commence à s’installer et à quelques jours de l’ouverture des domaines skiables, les organisateurs de « Montagne en scène » organisent pour une première édition à Toulouse « La Nuit de la Montagne ». Avec quatre films sélectionnés, la programmation, annonce la soirée du 12 novembre sous le signe de « l’aventure intense avec des images exceptionnelles et exclusives » comme nous l’explique Cyril Salomon, organisateur de l’événement. « L’idée est d’apporter la montagne en ville. Ce sont les citadins qui ont le plus besoin de s’évader et de voir de belles images. C’est pour cette raison que nous sélectionnons les plus beaux films qui ont été réalisés dans le monde entier sur le thème de la montagne. Nous avons une sélection très internationale. Par l’intermédiaire de cette soirée, nous souhaitons faire rêver les citadins et pourquoi pas leur donner envie de sortir de la ville pour se dépayser en montagne. »

L’organisateur insiste sur le fait que les films sélectionnés ne sont pas tournés seulement sur l’action : « Nous voulions vraiment des films qui racontent des histoires, une aventure qui fasse voyager et permette une réelle évasion pour le grand public. Il y a de la créativité et une vraie recherche de contenu. »

 

Il ne faut pas être frileux !

 

Le 12 novembre au soir, il n’est pas nécessaire de s’équiper de toute l’artillerie du parfait skieur : écharpe, gants et masque peuvent – encore- rester au placard. Confortablement assis, il sera possible de venir apprécier et contempler les paysages qui constituent notre planète. Tout au long de la soirée quatre films  seront projetés : « Into the Mind » de Sherpas Cinéma, « Kingdom of the vertical » de Sébastien Montaz-Rosset (voir interview ci-contre), « Mission Antarctique » de Tero Repo et « Cold » de Forge Motion Pictures. Des images des plus beaux spots de la planète, une plongée dans l’Antarctique ou encore l’ascension du Gasherbrum seront dévoilés.

A l’issue du 3e film « Kingdom of the vertical », Vivian Bruchez sera présent pour parler de sa collaboration avec Sébastien Montaz-Rosset et répondra aux questions du public.

Mais la soirée n’est pas seulement destinée aux passionnés de la montagne comme le souligne Cyril Salomon : « Les films sont destinés au grand public. Les paysages sont tellement incroyables que tout un chacun peut apprécier les films. »

 

Plus d’info : http://www.montagne-en-scene.com/

 

 

Synopsis des 4 films :

 

Into the Mind – Sherpas Cinéma

Le monde magique de l’Antarctique révélé par le triple champion du monde de freeride Xavier De Le Rue. En autonomie complète avec Lucas Debari et Renan Ozturk, ils réalisent des ascensions et des descentes incroyables au-dessus des pingouins et des baleines.

Mission Antarctique – Guido Perrini

Un film sur le ski de pente raide à Chamonix. Sébastien Montaz-Rosset nous emmène sur les traces du prodige chamoniard Vivian Bruchez et des légendes Kilian Jornet, Douds Charlet et Pierre Tardivel. Du ski engagé et sauvage dans des pentes qui n’avaient souvent jamais vu une spatule…

T’es pas bien là ? - Sebastien Montaz-Rosset

Sur les cinq sommets de plus de 8000 mètres que compte le Pakistan, aucun n’avait été gravi en hiver jusqu’en 2011, malgré seize tentatives étalées sur 26 ans… Cory Richards raconte dans ce film l’aventure qu’il a vécue avec Simone Morro et Denis Urubko sur les flancs du Gasherbrum II.

Cold – Forge Motion Pictures

Le film le plus attendu de la planète ski. Il fait suite au documentaire « All I can », probablement le film de ski le plus primé de l’histoire. Des images incroyables tournées sur les plus beaux spots du monde. Le teaser réalisé à la façon « Inception » nous en met déjà plein la vue.

 

Interview Seb Montaz 

 

Seb Montaz a grandi dans les alpes françaises. Très jeune, il pratique le ski, le snowboard et l’escalade et c’est tout naturellement qu’il fait carrière dans les métiers de la montagne, en tant que guide et instructeur de ski. Egalement épris de 7e art, il conjugue aujourd’hui montagne et cinéma dans le but de partager ses passions neigeuses ! Le 12 novembre dans le cadre de la Nuit de la Montagne, il présente au Cinéma Gaumont : « Kingdom of the Vertical »  ou « Pente raide à Chamonix », un film immortalisant les prouesses d’un jeune skieur français, Vivian Bruchez.

Seb Montaz, votre premier film « I believe I can fly » est en passe de devenir culte. Imaginiez-vous un tel succès ?

 

« I believe I can fly », était une vidéo parmi des centaines que je faisais. Le film a été tourné en sept jours, sans budget et on a même dû me convaincre de le mettre en ligne et de le vendre. Il représente la culture de l’instant où le tournage précède l’action sans mise en scène. C’est un style particulier, entre le documentaire et le film. Quand ils voient « I believe I can fly », les gens me disent : « J’avais l’impression de faire partie de l’histoire. »

 

Parvenez-vous à tout scénariser ?

 

Non, on ne peut pas anticiper chaque action. Moi, je me suis contenté de filmer des gens qui faisaient des trucs exceptionnels. Et en même temps plein de gens se sont identifiés à Tancrède, à Julien ou aux jeunes filles au bord de la falaise (voir encadré). Ce sont des randonneuses qui n’étaient pas du tout prévues. Elles sont arrivées, je les ai vues ¾ d’heure et ne les ai plus revues après. Ce sont les concours de circonstances qui font le succès d’un film. Et tout ça, ça ne se planifie pas. Il faut filmer tous les jours pour avoir des moments de magie.

 

Lors de la nuit de la montagne à Toulouse le 12 novembre, vous présentez « Kingdom of the Vertical » ou en français « Pente raide à Chamonix ». Pouvez-vous nous dire ce que raconte ce film ?

 

J’ai fait ce film de pente raide autour de Vivian Bruchez. Vivian est vraiment une belle personne, c’est le anti-héros, le mec hyper doué qui ne se prend pas au sérieux. J’adore parce que ce décalage nous permet de parler de ski de pente raide. Souvent, on confond le ski de pente raide et le free ride. En ski de pente raide, on n’a pas le droit à la chute. Ce n’est pas comme envoyer un back flip sur des barres rocheuses. Il n’y a pas eu de vrai film de ski de pente raide depuis longtemps. On n’a pas la prétention de faire aussi bien que ce qui se faisait à l’âge d’or, à la Blanche de Peuterey avec Anselme Baud (skieur, alpiniste et guide de haute montagne, dont la descente de l’arête de Peuterey a été filmée en 1977, ndlr) et autres, mais je voulais inscrire ce film un petit peu dans cette lignée-là.

 

Filmer en pente raide présente des difficultés techniques. Quelles sont-elles ?

 

Il y a plein de façons de faire un film selon la manière dont on se positionne par rapport à l’action. Il est possible de le faire de l’extérieur et là, il existe des outils qui sont simples. Il suffit de prendre un hélicoptère et de faire des interviews. C’est si l’on veut être dans l’action, à l’instant précis, que cela devient compliqué parce qu’il faut des capacités techniques, physiques et mentales. Il faut être dans les pentes avec les athlètes pour capter les conversations et moi, c’est clairement ce que je recherchais. J’ai la chance d’aimer le ski de pente raide moi-même donc j’ai pu coller au plus près de l’action. En plus, il faut amener des images plus cinématographiques avec de l’hélicoptère et autres, parce que vendre un film, c’est un tout. Ce n’est pas une vidéo gratuite. Pour moi, le public attend de l’exceptionnel donc je veux délivrer de l’exceptionnel. Je me suis beaucoup investi physiquement et humainement.

 

Quels sont, selon vous, les ingrédients d’un bon film ?

 

Il faut une belle histoire, de belles personnes, mais aussi de l’humour. C’est à mon avis le sentiment le plus dur à provoquer. Quand on a la chance d’avoir de l’humour, il faut absolument l’exploiter. Il faut aussi de la belle action et de beaux paysages, mais ça, pour moi, c’est secondaire. Je pense que trop de films s’attachent à l’action en oubliant l’histoire ou les gens. Finalement, le secret, c’est la curiosité et le sens de l’observation.



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