Futurapolis, un succès qui se confirme

Le 11 février 2012, le magazine « Le Point » organisait la première édition de Futurapolis, à Toulouse. Un tout nouvel événement dédié à l’innovation et ses impacts sur l’économie, qui avait rassemblé de grands noms de la recherche, de l’industrie, de la politique autour de quatre tables rondes. 9 000 personnes s’étaient réunies à la Halle aux Grains. Fort de ce succès, les organisateurs ont lancé une seconde édition sur le thème de « La ville de demain ». Durant trois jours, le Centre des Congrès Pierre Baudis n’a pas désempli…

 

 

La soirée d’ouverture de la seconde édition de Futurapolis a donné le ton. Entouré de robots humanoïdes, Franz-Olivier Giesbert, directeur du « Point » a donné le top départ de ce nouveau rendez-vous en qualifiant la métropole toulousaine de « paradis de la recherche et de l’innovation ». Une première soirée presque « people » qui, pour honorer le thème de l’année « La ville de demain », a rassemblée quelques maires de grandes agglomérations : Pierre Cohen (Toulouse), Alain Juppé (Bordeaux) et Xavier Trias (Barcelone) dans une salle Concorde comble. Futurapolis a vocation à susciter le débat, lancer des pistes, faire échanger des acteurs qui ne se seraient peut-être jamais croisés ailleurs… Et la thématique de cette année a été largement propice à l’accomplissement de cette ambition. Penser la ville de demain, comment la dessiner, quels projets… Comment tenir compte des facteurs économiques, environnementaux, culturels, urbanistiques… Autant de défis abordés durant trois jours lors des différentes tables rondes. Plus de 150 intervenants participent au colloque. Des chercheurs, des scientifiques, des industriels, des politiques, des responsables de starts-up… On croise dans les couloirs du Centre des Congrès Pierre Baudis, des robots (Nao, la réplique de Curiosity, un robot guide), Martin Malvy le président de la Région Midi-Pyrénées, l’ancienne Ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, l’Académicien Erik Orsenna…

 

15 000 visiteurs

Les rencontres sur les thématiques environnementales soulèvent quelques mouvements de contestation à l’extérieur du site, notamment lors de l’arrivée du Ministre de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la Forêt Stéphane Le Foll venu participer à la table ronde très attendue « OGM, et si on arrêtait de polémiquer ». La question des gaz de schiste, n’a pas attendu son tour et a été invitée à la conférence qui a suivi « Quelle révolution énergétique pour les villes ?» par l’économiste Alain Minc en présence de Pascal Durand, secrétaire général d’Europe Ecologie Les Verts (EELV, dont les membres manifestaient à l’extérieur contre « Futurapolis : la ville de demain dont nous ne voulons pas. »)

Durant ces deux journées pleines, l’ambiance est studieuse, les sujets très riches et variés. Le public navigue d’un atelier à l’autre, des « insondables mystères du cerveau » à « Quoi de neuf sur Mars ?» en passant par comment « habiller la ville », l’opportunité d’assouvir sa curiosité est trop belle ! Un succès, donc, qui se confirme lors de cette deuxième édition. Futurapolis compte. En témoignent les 15 000 visiteurs !

 

 

Prix Nobel en tribune

Dan Shechtman et Serge Haroche

Dan Shechtman, prix Nobel de chimie 2011 et Serge Haroche, prix Nobel de physique 2012 ont partagé leur expérience de chercheurs lors de la conférence « Eurêka ou comment l’idée vient au chercheur ». L’occasion, pour eux, de revenir sur leurs parcours.

Pour l’un c’est la chimie, pour l’autre, la physique. Deux prix Nobel, deux expériences et deux parcours totalement différents qui ont généré des découvertes majeures pour nos sociétés. Le premier, Dan Shechtman, est un chimiste israélien. Lauréat du prix de la discipline en 2011 pour sa découverte des quasi-cristaux, son parcours n’a pas été facile car comme il l’explique « ma découverte était inattendue, il n’y avait rien sur ce matériau. Elle a été contestée au début, j’étais seul et cette situation a duré dix ans ! J’ai refait sept fois l’expérience, je n’avais plus de doute ». Le second, Serge Haroche, est un physicien français dont le domaine de prédilection est la physique quantique. Après avoir reçu la médaille d’Or du CNRS en 2009, il est distingué par le Prix Nobel de physique en 2012, qu’il partage avec l’Américain David Wineland pour leur travail de recherche sur la mesure et la manipulation des systèmes quantiques individuels. Pour Serge Haroche, « les théoriciens peuvent travailler seuls ou isolés, par contre pour un travail expérimental, il faut être en équipe, car cela demande des échanges ».

 

« La recherche est mondiale et l’a toujours été »

Pierre Monsan directeur général de TWB, François Houllier, président directeur général de l’Inra, Robert Castagnac, commissaire au redressement productif en Midi-Pyrénées et Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios.

Les chercheurs planchent sur les travaux et les acquis de leurs prédécesseurs mais « elle concise à aller plus loin » précise Serge Haroche « on englobe les théories du passé pour les faire évoluer, les compléter. De la même façon que la physique quantique a complété la physique classique » explique-t-il. « La recherche va de pair avec un esprit de liberté et nous avons la chance d’avoir cette liberté en France » poursuit le prix Nobel français. A la question : la notion de recherche nationale a-t-elle encore un sens ? Le physicien répond : « la recherche est mondiale et l’a toujours été ». D’ailleurs, son expérience illustre bien ce postulat. Un point conclusif sur lequel les deux lauréats s’accordent : encourager les jeunes à créer leur start-up et développer une atmosphère d’ouverture pour  « relever les défis démographiques, environnementaux, ces défis qui se posent au monde d’aujourd’hui et que l’on devrait se lancer ».

Carbios et l’Inra

La nouvelle vie des plastiques

La start-up Carbios et l’Inra ont signé un partenariat sur cinq ans pour créer et  développer des procédés biologiques industriels alternatifs à la chimie conventionnelle. L’objectif : améliorer les performances environnementales et économiques des polymères.

« Près de 25 millions de tonnes de déchets plastiques sont produits chaque année en Europe et seulement 20% sont recyclés » explique Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios, société de chimie verte. Devant ce constat, faire émerger des solutions de valorisation de cette matière devient un enjeu majeur pour nos sociétés. C’est tout l’objet du partenariat quinquennal signé entre Carbios et l’Institut National de la Recherche Agroalimentaire (Inra). Les deux institutions sont membres de Toulouse White Biotechnology (TWB) ; un projet du programme des Investissements d’Avenir de la catégorie « Santé et Biotechnologie- Démonstrateurs préindustriels ». Ainsi, 7 millions d’euros ont été alloués à cette collaboration public/privé, qui vise à développer des procédés biologiques innovants qui ont pour but de valoriser les déchets plastiques et produire des polymères biosourcés (non pétrochimiques) compétitifs. Créer de nouveaux plastiques, programmer leur biodégradation et gérer leur fin de vie sont quelques objectifs que les partenaires se fixent.

Marie-Agnes Espa



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