Futur parc des expositions à Beauzelle: « Quelques propriétaires s’opposent encore à la localisation »

Le futur parc des expositions qui sera construit sur les communes de Beauzelle et d’Aussonne, devrait ouvrir ses portes en 2017. Les dernières avancées du projet ont été présentées le 3 juillet dernier en réunion publique. L’occasion de faire le point sur ce dossier qui a fait couler beaucoup d’encre.

 

Le projet est pharaonique. 70 000 m2 de surface couverte, 40 000 m2 d’aménagements extérieurs, et 300 millions d’euros de budget total. De quoi effrayer légèrement la population alentour pour qui l’arrivée de ce bâtiment va considérablement changer le paysage. Les travaux, l’intensification du trafic routier et les éventuelles expropriations sont autant de sujets d’inquiétudes. Une concertation publique a eu lieu en octobre dernier, et de nombreuses réunions publiques d’information se sont tenues. « Le projet est bien accueilli par la population, il y a même une certaine fierté dans le secteur Nord-Ouest », affirme Bernard Keller, maire de Blagnac et chef du comité de pilotage du projet à la Communauté urbaine. Il reconnaît toutefois que « chacun est inquiet pour sa situation personnelle, et veut savoir si le prochain grand carrefour sera devant son portail. » Les travaux débuteront en 2014, « et dureront deux bonnes années », selon Anne Fraisse, directrice de la maîtrise d’ouvrage pour Europolia. Cette société publique locale d’aménagement gère l’ensemble des futures réalisations, du bâti du parc, jusqu’au prolongement de la ligne de tramway, en passant par la construction de nouveaux axes routiers. Un projet qui nécessite une surface totale de 90 hectares. Or les collectivités ne possèdent pas encore l’ensemble de ces terres…

Acquisitions foncières : vers des expropriations ?

Les collectivités possèdent à ce jour 60 % des 90 hectares nécessaires. « Nous avons déjà acquis une dizaine de maisons pour ce projet, et cela s’est fait sans problème », précise Anne Fraisse. Aujourd’hui, « il reste quelques propriétaires qui s’opposent à la localisation du parc des expos, mais il n’y en a qu’un seul qui possède une maison sur les prochaines terres à acquérir », ajoute Bernard Keller. Les 40% restants concernent donc essentiellement des parcelles agricoles. Le maire de Blagnac, qui se rappelle de son expérience pour la construction de l’Aéroconstellation,  se dit confiant sur les futures négociations : « Au début, les gens s’opposent fermement car ils attendent de voir si le projet va aboutir, mais au fur et à mesure qu’ils constatent que la machine est enclenchée et que ça va se faire quoiqu’il en soit, ils deviennent plus ouverts à la discussion. » A ce jour, personne ne peut être encore exproprié car il faut attendre que le projet soit reconnu d’utilité publique. Ce que devra établir la prochaine enquête publique qui se tiendra en novembre prochain, et qui délivrera par la même occasion le permis de construire.

 

Gérer l’augmentation de la circulation

Deux accès routiers, une 2×2 voies au nord du parc et une voie au sud, soit 6 km de voiries, seront construits. « Des études de trafic ont permis de simuler tous les scénarii du fonctionnement du parc des expositions (selon l’importance de l’événement, ndlr), et ces deux accès devraient permettre d’absorber l’augmentation du trafic, et même d’améliorer un peu la circulation dans le secteur », avance Anne Fraisse. Cela s’explique par le fait que les études « ont également pris en compte la hausse des trajets domicile-travail jusqu’en 2020. » Ces deux axes seront appuyés par l’arrivée du tramway devant le bâtiment, et même des pistes cyclables.

Œdicnème Criard : l’oiseau rare qui tombe du nid

La première victime, expropriée de son territoire, est finalement un oiseau ! Chaque projet de cette ampleur nécessite une enquête environnementale et archéologique du site. Aucune ruine historique n’a été retrouvée. En revanche, il s’avère que l’œdicnème criard, une espèce protégée, vivait sur les lieux. « Il a fallu lui reconstruire un domaine, trois zones de compensation environnementale ont été mises en place, dont la principale est à Pibrac », indique Bernard Keller. « L’oiseau y est déjà et il y est très bien », précise-t-il. Nous voilà rassurés.

 

Les grandes dates

2009 : Décision de déménagement de l’actuel parc des expositions au nord-ouest de l’agglomération.  

2010 : Création d’Europolia, chargée du pilotage opérationnel pour Toulouse Métropole.

2014 : Début des travaux.

2016-2017 : Mise en service du nouveau Parc des expositions Toulouse Métropole.

 

GL Events, exploitant du Parc des expos, dans la tourmente (Logo en image ?)

GL Events, société lyonnaise qui a été choisie pour exploiter le futur parc des expositions pendant vingt ans (et par ailleurs déjà exploitant du centre de congrès Pierre Baudis, ndlr), a été citée récemment dans une affaire de corruption en Algérie. L’information a été révélée par le site Tout sur l’Algérie (TSA) qui a publié une liste noire de onze entreprises étrangères, soupçonnées d’avoir touché des pots-de-vin auprès de hauts responsables du pays. GL Events qui devait exploiter un parc des expositions à Oran a vu son contrat résilié par la société Sonatrach. Celle-ci l’accuse « d’avoir bénéficié de contrats de gré à gré et d’avoir confié ses services à ses filiales pour une valeur de 400 000 euros », selon TSA. En réaction, GL Events a décidé d’attaquer en justice Sonatrach pour résiliation abusive du contrat. Lorsque l’affaire a été relayée par Lyon Capitale, le groupe à tenu à publier un droit de réponse dans lequel il réfute tous soupçons de corruption : « Le contrat a été résilié unilatéralement par la Sonatrach à raison d’un différend d’ordre purement commercial », écrit le directeur de GL Events, dans le média lyonnais. Le procès se tiendra à Genève à la fin de l’année 2013. Visiblement, les responsables du projet toulousain n’ont pas entendu parler de cette affaire, et ne font pour l’instant aucun commentaire.

 

Coralie Bombail



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