Freescale ; Deux ans après, les salariés toujours inquiets

Le 22 avril dernier, deux ans jour pour jour après l’annonce par la direction de la fermeture de l’entreprise Freescale fin 2011, les salariés se sont réunis devant le site afin de faire le point sur l’avancée du plan social.

 
Les rafales de vent ne les ont pas découragés, habitués qu’ils sont à lutter depuis deux ans. A l’initiative de la CGT, les salariés de Freescale se sont réunis devant le siège de l’entreprise à Toulouse afin de dresser un bilan du PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) annoncé par la direction du concepteur de composants électroniques. Le 22 avril 2009, cette dernière décidait depuis Austin (Texas), siège de l’entreprise américaine, la fermeture de son secteur de production, laissant sur le carreau plus de 800 emplois à Toulouse qui ne doit conserver d’ici la fin de l’année que l’aspect recherche et développement. Dans le même temps, la direction s’engageait à reclasser les employés et à leur trouver un CDI.
Deux ans après, les salariés n’ont pas le sentiment que la PSE ait été efficace : «Les engagements étaient clairs : trouver un CDI aux 821 personnes concernées par les licenciements. A l’heure actuelle, seuls 80, soit 10 % des salariés, ont retrouvé un emploi durable», explique Michel Picard, délégué du personnel. «Certains sont en CDD de plus de 6 mois, d’autres sont partis pour ouvrir leur affaire. Mais beaucoup ont suivi une formation avant de revenir à Freescale car ils ne trouvaient pas de travail.»

 

400 intérimaires recrutés

Du côté de la direction, représentée par Denis Blanc, on réfute ces chiffres : «Nous avons des résultats importants en termes de reclassement du personnel. Plus de 500 personnes ont trouvé des solutions définitives, 420 en CDI et plus de 90 dans une formation longue qui doit déboucher sur un emploi.» Freescale compte également sur les entreprises de la région pour donner un nouveau départ à ses salariés, à l’image d’Airbus ou Tisséo.
Au-delà de cette bataille des chiffres, c’est surtout le malaise des salariés, inquiets pour leur avenir, qui prédomine : «On a du mal à se motiver pour aller bosser chaque jour, en sachant pertinemment que l’entreprise va fermer», confie Michel Picard. «Même si nous ignorons encore la date précise de la fin de la production.» En effet, les syndicats réclament toujours un calendrier précis des échéances à venir. Seule information en leur possession : l’usine fermera fin 2011 mais pas avant le mois d’octobre. En attendant, les ouvriers dénoncent l’emploi de 400 intérimaires ces dernières semaines afin de répondre aux demandes de la production : «Nous avons connu la crise du secteur automobile mais aujourd’hui, le contexte est plus favorable. Du coup, il existe une vraie demande de production afin d’augmenter les stocks. Le recrutement de ces intérimaires en témoigne mais tout cela est en totale opposition avec les décisions passées de la direction.»

Sophie Orus


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