Frédéric Chambert; Toulouse, ville de mystères

Frédéric Chambert vient d’être nommé le 1er août dernier, Directeur artistique du Théâtre du Capitole. Cet ancien directeur-adjoint de Hugues Gall à l’Opéra National de Paris (de 1998 à 2004), où il assurait la coordination de l’activité artistique et la direction de production, a également été conseiller technique au ministère de la Culture et de la Communication. Aixois d’origine, Frédéric Chambert se confie sur sa perception de Toulouse et sur son ambition pour le Théâtre du Capitole, fermé cette saison pour travaux mais qui représente un haut lieu du patrimoine historique toulousain.

 
Frédéric Chambert, vous êtes ce que l’on appelle un néo Toulousain. Avant d’arriver dans notre ville, qu’évoquait-elle pour vous ?
Toulouse est une ville que je connaissais un peu pour être venu très souvent au Théâtre du Capitole. J’y suis aussi venu rejoindre quelques amis à certaines occasions de la vie. L’image que j’en avais était celle d’une ville un petit peu mystérieuse, assez secrète sous des airs très ouverts, très avenants.

Mystérieuse, c’est-à-dire ?
L’ambiance y est un peu insulaire. Toulouse est comme un petit monde en soi. Un “mundillo” dirait-on en espagnol. Mais je vous dirais la même chose de certaines régions d’Angleterre ou de l’Espagne justement. C’est une ville qui reste mystérieuse dans ses ruelles, dans ses hôtels particuliers, souvent protégés par des murs. A la différence de ce que vous pouvez trouver à Aix-en-Provence dont je suis originaire, où au contraire, on affiche les beautés des immeubles. Ici, les bâtisses les plus historiques, les plus anciennes, les plus travaillées sur le plan architectural, sont souvent protégées par des murs somme toute as-sez communs. Ce qui est certain c’est que Toulouse ne se livre pas de premier abord.

Comment vous êtes-vous approprié notre ville ? Comment avez-vous fait connaissance avec elle ?
D’une façon très naturelle et normale. J’ai d’abord fait de grandes balades lors mes jours de repos en centre-ville. Et puis l’arrivée des Vélib’ a changé ma vie parce que j’ai pu élargir les cercles concentriques et découvrir avec un bonheur infini que le grand centre-ville de Toulouse est plat. On peut y faire des kilomètres à vélo sans avoir à trop peiner ; ce qui n’est pas négligeable quand on n’est pas comme moi un grand sportif ! J’ai également pris beaucoup de temps pour parler avec les gens. Et après de nombreux mois de présence de plus en plus constante, je continue à en apprendre chaque jour un peu plus sur l’histoire de la ville et l’évolution des quartiers.

 

Quels sont les lieux, les ambiances, qui retiennent particulièrement votre attention ?
Ce sont des lieux très variés. Il y en a que j’aime profondément parce qu’ils sont superbes : les bords de Garonne. J’aime l’eau et les fleuves à toutes les heures du jour et de la nuit. Ce sont pour moi des lieux magiques. J’aime les ruelles du centre-ville (de la Bourse, Perchepinte, du quartier St Etienne), dans lesquelles on se perd au début parce qu’elles ne sont pas du tout régulières. On débouche sur de petites places, de petits carrefours… En cela, j’ai retrouvé un jeu que je pratiquais enfant : s’égarer sans prendre trop de risques, dans des villes inconnues où j’arrivais pour raisons familiales. C’était à chaque fois magique.

Le Théâtre du Capitole fait partie intégrante du patrimoine toulousain. Qu’est-ce que ce lieu représente à vos yeux ?

Le Théâtre du Capitole est une maison internationale, de très grande tradition, l’une des maisons phares de ce pays. A certains égards, c’est un des temples de l’art lyrique et chorégraphique français. La ville de Toulouse, c’est de notoriété publique, a su au fil des siècles se construire une culture musicale très forte qui contribue d’ailleurs pour beaucoup à son image en France, en Europe et dans le monde entier. Et le Théâtre du Capitole y est pour une grande part. Il représente à mes yeux un très grand défi car l’opéra est sans doute la chose au monde qui m’est la plus chère. C’est aussi un endroit mystérieux. Dans les  théâtres il y a des usages, un vocabulaire, des chemins… Vous avez toujours une petite porte à cour, un jardin qui conduit de la salle au plateau. Ici, j’ai fini par apprivoiser ce bâtiment historique, glorieux, et que j’aime davantage chaque jour. Et même si je suis très heureux d’aller jouer et porter l’opéra dans une vingtaine d’autres lieux à Toulouse, je ressens un petit pincement chaque fois que je passe devant ou dans le théâtre, de me dire qu’en raison de sa fermeture pour travaux, ce n’est pas encore pour cette saison.

Quelle ambition avez-vous pour lui ?
Sur le plan du bâtiment, je voudrais proposer à la ville de continuer à le maintenir au mieux de sa forme car il mérite tous les égards. Quant à l’institution culturelle, je lui souhaite de s’ouvrir chaque jour davantage à un public de plus en plus large et nombreux à aimer et à adhérer à l’opéra au meilleur niveau.

Propos recueillis
par Claire Manaud

Réservations
www.theatre-du-capitole.fr
05 61 63 13 13


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