Françoise Hébrard de Veyrinas, Alex Raymond…; Deux lions de la politique toulousaine nous ont quittés…

Voilà quelques jours, à peine âgée de 64 ans, Françoise de Veyrinas nous quittait. Alors qu’Alex Raymond, le vieux lion, nous tirait sa dernière révérence, peu de jours avant…
A la fois officiellement opposés par leurs idées, leurs positions bien marquées, chacun dans leur camp politique respectif, ils étaient tout de même très proches par les valeurs communes qu’ils défendaient. Oui, très proches l’un de l’autre, toujours au service, à l’écoute des autres, tout en étant craints et respectés pour leur force de travail, le courage, la puissance naturelle qu’ils dégageaient. Oui, ils aimaient le pouvoir mais savaient le servir avec justice, gardant toujours à l’esprit ce sens inné du serviteur de l’Etat, ne perdant pas de vue le sens moral et loyal que l’on doit aux autres.
Tous deux avaient le charisme des chefs, des leaders par nature, la noblesse du cœur, le feu de la passion, le rayonnement, une force intérieure que rien ne pouvait mettre à défaut.
Indomptables par nature, toujours à la pointe du combat, à l’avant pour montrer la voie et même prendre les coups, ils avaient en eux ce besoin de recherche permanent de vérité. Mais sans faire expression de puissance, chez eux tout était dans l’intelligence, la finesse d’esprit et surtout dans l’exemplarité.

 

Pour Alex Raymond,humaniste éclairé, ce proche de François Mitterrand, sa vie politique représente un engagement de plus de cinquante ans. Cinquante années d’une action dont on peut dire qu’elle a laissé sa marque dans notre histoire collective régionale. Il fut ainsi, de 1981 à 1986, Président PS du conseil régional Midi-Pyrénées, mais surtout pendant 35 ans et jusqu’en 2001, maire de la ville de Colomiers. De 1973 à 1986, il fut également député socialiste de Haute-Garonne et il teint un rôle éminent à l’Assemblée Nationale, particulièrement en tant que Rapporteur dans le cadre des lois de décentralisation. Conseiller général de 1966 à 1985, en 1981 et 1984, il refusera un portefeuille ministériel proposé directement par François Mitterrand. Pourtant, il aurait été un excellent ministre de l’Equipement, de l’Aménagement et des Transports. Mais l’homme n’en éprouva pas l’ambition et saura toujours privilégier sa ville de Colomiers et l’action locale.

 

De son côté, spécialiste de l’action sociale, en charge de ces dossiers à la mairie de Toulouse, Françoise Hébrard de Veyrinas allait, au contraire, mettre son savoir au service de son pays, en devenant secrétaire d’Etat aux Quartiers en difficulté. Ainsi en 1995, sous la présidence de Jacques Chirac et lors du premier gouvernement d’Alain Juppé, elle sut conjuguer et même rendre complémentaires ses deux fonctions, locale et nationale. Mais elle allait surtout cumuler une expérience au plus haut niveau qui allait lui servir, tout au long de son action politique, pour le plus grand bien de notre région.
A Toulouse, elle débutera sa carrière politique en 1983, comme conseillère municipale de Dominique Baudis… En 1995, elle deviendra première adjointe au maire, poste qu’elle occupera jusqu’en 2008 aux côtés de Jean-Luc Moudenc. Personnage incontournable de la vie publique toulousaine, en 25 ans d’action sur le terrain, elle aura tout connu ; le meilleur comme le plus difficile à vivre. En étant tour à tour, conseillère générale, conseillère régionale, députée de Toulouse, députée européenne, Françoise Hébrard de Veyrinas aura été même un temps pressentie pour remplacer, à la tête de la ville Rose, Dominique Baudis et surtout Philippe Douste Blazy. Une cruelle désillusion, mais qu’elle mettra un point d’honneur à ne jamais montrer. 
Aux Municipales 2008, réélue sur la liste de M. Moudenc, elle faisait partie à ce titre de l’opposition municipale et jusqu’au bout elle sera présente pour défendre sa ville, ses idées comme son action passée.
Oui Françoise Hébrard de Veyrinas et Alex Raymond, deux destins, deux personnages hors normes qui à leur manière, ont su apporter à notre région ce supplément d’âme qui en bien des circonstances a fait la différence.
Par leur force de caractère, leur sens de la responsabilité, ces travailleurs acharnés ont montré la voie.
Fasse que la région comme la ville s’en souviennent toujours.
Le Journal Toulousain et ses collaborateurs présentent à leurs familles respectives et à leurs proches leurs sincères condoléances.
Pour ma part, je n’oublie pas que l’un comme l’autre ont su, dans les moments difficiles traversés à titre professionnel comme personnel, être à l’écoute, présents à mes côtés et m’apporter leur soutien indéfectible.
Eternellement vôtre, à tous deux, je vous embrasse…

André-Gérôme Gallego
Directeur de la publication


Réactions à la disparition de Françoise de Veyrinas

«Dans ses mandats locaux, régionaux, nationaux et européens, Françoise de Veyrinas mettait la même ardeur à défendre ses convictions et à travailler à ce qui lui semblait être utile à Toulouse et à notre région. Face à la maladie, elle a mené un dernier combat qui force notre respect. Au-delà de nos divergences politiques, je retiendrai de Françoise de Veyrinas cette leçon de courage et la qualité de son engagement au service de nos concitoyens. J’adresse à sa famille et à ses amis politiques mes condoléances et celles du Conseil Régional dans le souvenir de nos relations qui furent toujours empreintes de respect, à la recherche de l’intérêt général.»

Martin Malvy, Président de Région


«Je salue avec beaucoup d’émotion la disparition, samedi 16 août, de Françoise Hébrard de Veyrinas, à l’âge de 64 ans des suites d’un cancer. Femme de courage et de conviction, Françoise de Veyrinas a mené une vie politique intense. Elue au conseil municipal depuis mars 1983, première adjointe au maire de Toulouse de 1995 à 2008, elle n’a pas ménagé ses efforts au service de la collectivité. Femme de terrain, elle a aussi été conseillère régionale (1986-1992) puis conseillère générale (1992-1998), puis élue députée de Haute-Garonne (1993-1995) avant d’être nommée secrétaire d’Etat du gouvernement Juppé (1995) et députée européenne (2002-2004). Au nom du Conseil Municipal de Toulouse et en mon nom, j’adresse à sa famille et à ses proches nos plus sincères condoléances.»

Pierre Cohen, député-maire de Toulouse


«La disparition de Françoise de Veyrinas me bouleverse. En 2002 et 2007, j’ai été son suppléant aux élections législatives. Une véritable complicité s’était instaurée entre nous. C’est elle qui m’a donné le goût de la politique et j’ai fait mienne sa devise : «Écouter, comprendre, agir.»

Vincent Novès, président des Jeunes UMP31


Réactions à la disparition de Alex Raymond

«Personnalité forte, socialiste fidèle, élu dévoué et travailleur, il a marqué la Ville de Colomiers bien sûr, mais aussi notre région de son empreinte. Nous ne l’oublierons pas.» Lionel Jospin, ancien Premier ministre, ancien député de la Haute-Garonne et ex-conseiller général de Cintegabelle.«Je salue la disparition d’Alex Raymond dont j’ai partagé pendant des années la vie militante.»

«Aménageur, précurseur et décentralisateur, Alex Raymond était aussi l’homme d’un engagement. […] Au-delà du groupe socialiste, de la majorité du Conseil Régional et de l’union régionale des élus socialistes, le Conseil Régional unanime, salue sa mémoire. Les souvenirs finissent par se noyer dans le temps. Alex Raymond le savait. Au cours de ces dernières années, voyant la fin venir, secrètement, il espérait que son nom ne disparaisse pas comme eux, de cette ville, de cette région où, pour se réaliser, il avait fait le choix de vivre. A nous d’y veiller. »

Martin Malvy, président de Région


«Je suis attristé par la disparition d’un homme qui a mis sa vie au service de son idéal, la politique, au service de ses concitoyens, avec conviction et modestie. La solidarité, l’égalité, les valeurs de la République étaient ses références, mais surtout c’était un homme visionnaire et moderne dans sa manière de mieux servir son territoire. Ce militant exemplaire était passionné par sa ville, Colomiers, son département, sa région. Nous perdons un grand homme, qui doit rester un guide dans notre action politique.»

Pierre Cohen, député-maire de Toulouse


 «J’ai été son chef de cabinet à la région. L’agglomération perd une grande figure, un visionnaire qui a compris avant tout le monde la réflexion nécessaire, la constitution de réserves foncières avant d’aménager activités, habitat et espaces de loisirs. C’était un travailleur acharné, un pionnier de l’habitat social, de l’intercommunalité.»

Bernard Keller, maire de Blagnac, président du PRG 31




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