France Télévisions ; L’Affaire al-Durah reviendrait-elle dans l’actualité ?

C’est, en tous les cas, le Sénateur de Haute-Garonne Jean-Pierre Plancade qui en a fait une volonté, en la rappelant à Rémy Pflimlin, futur président de France télévisions, lors de l’audition de ce dernier au Senat. Une audition de 2 heures, visible sur le site de l’élu toulousain.

 
«Monsieur Pflimlin, vous avez dit des mots qui m’ont touché, auxquels je suis très sensible et c’est pour cela que je vais les reprendre pour formuler la question que j’ai à vous poser. Vous avez dit : «confiance, indépendance, rigueur et fiabilité». Et votre nomination, Monsieur le président, intervient à un moment où notre pays, plus que jamais, a besoin de réaffirmer que dans chaque corps de métier, la déontologie, l’éthique est une valeur essentielle sur laquelle on ne saurait transiger. A cet égard, le service public se doit, plus que tout autre, d’être exemplaire. C’est pourquoi je prends la liberté de vous parler ici d’une affaire qui me tient à cœur et qui, de mon point de vue, dure depuis trop longtemps  et qui concerne France 2. Il s’agit de l’affaire de la diffusion du reportage sur la mort, que je mets maintenant entre guillemets, du jeune Mohamed al-Durah qui aurait, d’après ce reportage été tué par une balle israélienne. Suite à ce reportage, il pèse aujourd’hui à l’encontre de France 2 un soupçon grave d’avoir diffusé une mise en scène de cette affaire ; soupçons renforcés par le fait que cette chaîne a perdu le procès qu’elle a intenté contre l’un de nos concitoyens qui avait accusé ce reportage d’être, je le cite «une pure et simple mise en scène». J’ai récemment visionné un reportage, réalisé par la chaîne publique allemande ARD, intitulé «L’enfant, la mort et la vérité», soutenant également la démonstration de la mise en scène. Pour mémoire, je rappellerai que ces images diffusées par France 2 ont catalysé la deuxième Intifada, attisé la haine dans le monde musulman ; des places portent le nom de Mohamed al-Durah, des timbres à l’effigie de cet enfant ont été créés et dans la vidéo montrant la décapitation du journaliste américain Daniel Pearl, on voit en fond les images du jeune Mohamed al-Durah. Encore aujourd’hui, dans un livre de Pierre-André Taguieff, qui vient d’être édité aux Presses Universitaires de France, est soutenue l’idée de la mise en scène sans que personne, à ce jour et à ma connaissance, n’ai encore porté plainte pour diffamation contre l’auteur. Il est temps que soit levée cette suspicion qui pèse sur France 2. Suspicion qui est un poison pour l’esprit et qui, pour la circonstance, pourrait bafouer l’éthique de notre service public.
Je souhaiterais donc, Monsieur le président, que vous m’indiquiez quand vous serez en fonction, ce que vous comptez faire pour redonner confiance et rétablir la vérité, puisque le mot confiance c’est vous qui l’avez utilisé…»

 

Une longue question à laquelle, le futur PDG de France TV, Rémy Pflimlin, répondait : «Bien sûr, je regarderai le dossier».
C’est probablement la première fois que l’Affaire al-Durah était exposée aussi clairement sur une chaîne de télévision française. Une avancée majeure qui, on l’espère, nous rapprocherait du dévoilement de la vérité. Rappelons que cette “affaire al-Durah”, à l’origine en septembre 2000 de la seconde intifada, désigne les controverses générées par la diffusion d’un reportage de France 2, commenté par Charles Enderlin, sur la mort d’un enfant arabe palestinien de 12 ans. Cet enfant, Mohammed al-Durah, officiellement tué par balles alors que son père, d’après les images, tentait de le protéger, lors d’échanges de tirs entre les Forces de sécurité palestiniennes et l’armée israélienne. Des controverses, issues d’un petit nombre de témoins, apparaîtront très vite. Une remise en cause totale du reportage donneront naissance à une polémique qui va de la contestation de la provenance des balles, le père est placé derrière son fils alors qu’officiellement les balles israéliennes seraient de face, jusqu’à la remise en cause de l’authenticité du reportage. Affaire à suivre…

André G. Gallego


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