France Telecom; L’Orange pressée

Face à des fermetures de sites et des suppressions d’emploi, les syndicats appellent l’Etat et les collectivités territoriales à se mobiliser et les salariés à s’unir.
Il y a de la friture sur la ligne de France Telecom. Passée du public au privé après avoir acquis Orange, l’entreprise connaît une période tourmentée selon les syndicats alors que rien ne transpire de la part de la direction. Selon Pierre Morville, délégué CFE-CGC France Télécom Orange, «de 1995 à 2005, 40 000 personnes sont parties en préretraite, puis 22 000 entre 2006 et 2008. Dans les années qui viennent, environ 12 000 seront sacrifiées.» La direction territoriale de Toulouse emploie quant à elle 8 000 personnes après déjà 20 % de réduction d’effectif. L’entreprise a connu une grande croissance dans les années 90 puis un effondrement  dû à la bulle d’Internet. Actuellement, France Telecom enregistre un fort endettement malgré 8 milliards de bénéfices dégagés cette année.
Mais les syndicats, au-delà des suppressions de postes, dénoncent avant tout la méthode employée : «Les gens ne comprennent pas qu’il s’agit de la plus forte restructuration depuis la sidérurgie dans les années 80. Restructuration sans aucune négociation, aucun plan social d’accompagnement. Il n’y a pas de licenciements secs car 70 % des employés sont fonctionnaires d’Etat. Donc, on les incite à trouver un autre boulot au sein de l’entreprise après la suppression de leur poste, ce qui renverse le rapport traditionnel du salariat. On assiste à des pressions pour que les gens démissionnent.», explique Pierre Morville.

 

Dépressions et suicides

Dans la région toulousaine, les syndicats déplorent la fermeture de petits sites au détriment de l’ancienneté des employés : «Pour une personne qui travaille sur Narbonne depuis 30 ans, ce n’est pas facile de tout abandonner pour partir à Toulouse ou Montpellier.» Face à cette situation, l’entreprise a organisé les 7 et 8 novembre derniers les secondes assises de l’Observatoire du stress et des mobilités forcées : «Nous observons au sein de notre entreprise une très forte montée du stress, du désarroi et de la culpabilité personnelle, des dépressions et des suicides», confie le délégué syndical.
Prochaine étape : interpeler l’Etat et les collectivités territoriales. «L’Etat se rappelle très bien qu’il est notre principal actionnaire mais il oublie qu’il est l’employeur direct ! » Si la demande de négociation spécifique avec la direction de France Telecom, réclamée depuis trois ans, n’aboutit pas, les syndicats qui commencent à parler d’une même voix, pourraient mobiliser les salariés pour des actions plus dures.

Sophie Orus


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