France Génération Plurielle : Anne-France Badoui; Rappelons à tous, le socle qui fait de nous des Français…

Et nous impose respect et devoirs…
Ce n’est pas une surprise pour qui connaît Eric Besson, le numéro quinze du gouvernement, de le voir assumer pleinement l’intitulé de son ministère, celui de l’immigration. Il aura même l’audace, de surenchérir et de mettre chacun face à ses responsabilités en lançant le grand débat sur l’identité nationale. Profitant en fait de l’occasion sur la question du port de la burqa, pour rebondir habilement et rappeler qu’elle est en totale contradiction avec l’identité nationale.
Oui, un débat sur l’identité nationale qui pose aussi question ailleurs et notamment à France Génération Plurielle, l’association qui en a fait son objet, auprès de ses fondateurs voilà bon nombre d’années…
Parmi eux, Anne-France Badoui qui n’hésite pas à nous rappeler que : «Ok, nos ancêtres ne sont pas les Gaulois ! Mais il faut absolument un fond commun à tous les individus vivant dans un même pays, pour se sentir comme partie intégrante de ce pays». Voilà qui a le mérite d’être clair et d’avoir été dit…

 
Anne-France, vous parlez d’un socle pour définir l’identité ?
Oui, il faut penser en termes de fondations, puis de bases et enfin de constructions. Créer le socle : créer, faire connaître, enseigner et faire accepter, faire respecter et appliquer dans la vie de chacun des valeurs communes : “Liberté, Egalité, Fraternité”.

Selon vous, l’Ecole de la république doit jouer son rôle ?
Bien entendu où mieux qu’à l’école pour prendre conscience de cette identité ? Où mieux qu’à l’Ecole de la république, pour enseigner ce socle commun ; exercer notre discernement. Si ce n’est pas possible, alors oui, il faut refondre, et refonder l’école républicaine !

 

Pour certains leaders d’opinion, parler d’identité nationale c’est réveiller le racisme. Et pour vous ?
Je ne suis pas tout à fait d’accord : le racisme n’a pas de couleur, il est souvent, pour ne pas dire toujours, le fruit du plus fort du moment, contre le plus faible du jour. Bien souvent “les racismes” sont simultanés. Par exemple : ici, pendant que le blanc est raciste envers le noir, ce dernier l’est aussi contre le blanc, ailleurs. Les exemples ne manquent pas, il suffit de regarder d’un peu plus près l’actualité pour s’en convaincre !

Le dernier paragraphe du manifeste de France Génération Plurielle, demande de prendre conscience et de faire prendre conscience particulièrement aux immigrés de la dernière génération des valeurs dont notre pays est porteur, de ce que la France nous a donné, de ne plus se placer en perpétuelle victime ?

Oui, il faut arrêter de penser que la France nous doit tout ! Il faut plutôt se dire, qu’est-ce que je dois à ce pays ? Comment lui montrer ma reconnaissance ? Par ailleurs, dans tout acte et quelque soit l’origine de l’individu qui interpelle, les pouvoirs publics se doivent d’être constants dans leurs réactions, être clairs, précis et explicites dans leurs communications.

 

Dans vos études, vous parlez des cristallisations amoureuses patriotiques…
Oui, il faut travailler à désintégrer les cristallisations erronées qui émanent de minorités qui par pure provocation font toujours référence à leurs pays d’origine mais oublient que c’est ici sur le sol de France qu’elles ont grandi. Que la république Française est seule à leur garantir le mieux qu’ils sont en droit d’attendre et même d’exiger d’elle. Faire prendre conscience à ceux qui sifflent la Marseillaise au Stade de France quand nos bleus affrontent leur pays d’origine de leur vison schizoïde de ces 2 pays. Car en fait, sur l’instant, ils haïssent la France autant qu’ils adulent leur pays d’origine (pas toujours bien connu d’ailleurs !) pour des raisons totalement inversées. En fait ils veulent tout à la fois, mais au nom de quoi ? Ainsi ils aiment et sollicitent toutes les libertés : de parole, de déplacement, de vie, de suprématie même sur la gente féminine supposé pouvoir en bénéficier ailleurs. Et en même temps, ils exigent le droit à bénéficier de tous les conforts sécurité, de protection sociale, d’aides en tous genres, d’allocations, écoles gratuites dont leur pays, la France, qui les leur offre. En fait, ils ne pourraient pas vivre cinq minutes ailleurs en râlant, en cassant comme on le voit trop souvent, sans être sanctionnés. Ils le savent, mais nourrissent, au nom de quoi ; une hantise du pays d’origine, à la hauteur de leur amour inavouable de la France.

Le Service Militaire obligatoire ?
Pour moi, on a eu tort de le supprimer ; il donnait conscience d’appartenir à un groupe, à une même patrie. Il faut rétablir de toute urgence le Service Militaire obligatoire d’un an pour tous, filles et garçons, riches et pauvres, pistonnés ou pas : tous responsables ! Un Service Militaire ou Civil ouvert mais où tous se retrouvent en caserne pour partager l’essentiel : la fraternité. Une période propice à s’éduquer, à se former avec des cours du soir, des tâches quotidiennes, des missions à l’année, etc. Une vie collective avec des défis importants à partager et surtout à relever ensemble. Pour certains, quitter les jupes de maman, pour d’autres, quitter le quartier et ses mauvaises fréquentations ; et pour d’autres encore, quitter le cocon raffiné et confortable. L’armée (ou le groupe à la scout) est le seul endroit où l’on se sent l’égal de l’autre en devoir comme en bénéfices. On se frotte aux autres, tous les autres, 24h/24 ! Un creuset qui est commun à tous, athanor commun, lieu d’apprentissage. Dans ce dernier mot, il y a “apprendre” tous les autres savoirs indéchiffrables en famille comme à l’école. Mais dans “apprentissage” il y a aussi “tissage”, qui rappelle que l’on évolue dans le tissu social de la nation, de la république ! Une manière de nous rappeler et de renforcer le “socle”, que l’on devrait retrouver dès l’école de la république. On a dit que le service militaire/civil avait été supprimé car il coûtait trop cher. Mais combien coûte à la Nation la désintégration du tissu social, de l’esprit républicain commun, de la connaissance les uns les autres, du vivre-ensemble ? Oui combien cette décision élitiste coûte-t-elle en deniers, sonnants et trébuchants ? Sans oublier le mal de vivre quotidien et l’absence d’avenir harmonieux pour cette génération de Français ? Oui une décision qui nous coûte très cher et cela va aller en empirant…

 

Politique d’immigration choisie ?
Vous l’avez dit : une immigration choisie. Etre adopté par le pays où l’on s’installe. Mais aussi se faire adopter par ce pays, d’où les devoirs de celui qui veut habiter dans un pays nouveau. Encore faut-il que les règles soient bien définies, bien instaurées. Et nous savons tous que cela passe par la définition des règles d’une politique d’immigration dite choisie ! Lutter conte les trafics des clandestins ; car ils sont entrés dans notre pays sans notre consentement. Qui accepterait qu’un inconnu entre dans sa maison sans en être informé ? Demander la permission d’entrer dans une maison, dans un pays, c’est faire preuve de respect à la base ! Bien entendu, avec les exceptions de circonstances et que l’on connaît longtemps à l’avance, à savoir quand il y a urgence et vie en danger. Mais cela ne concerne qu’un très, très, très petit nombre d’immigrés qu’on appelle d’ailleurs des “réfugiés”, ce qui est bien autre chose ! Une immigration choisie, veut dire sollicitée auprès des instances de ce pays. Demander, argumenter son entrée en s’appliquant à remplir un dossier adapté, aux critères précis et pouvant être modifiés selon les besoins ou les orientations que la France voudrait appliquer en ce domaine, demain. Voyez l’immigration canadienne, australienne, états-unienne, suisse : Autant de modèles qui fonctionnent et ne sauraient être contestés par personne.

Que vous inspire la réflexion de Mona Ozouf, dans son dernier livre : Composition Française. Retour sur une enfance bretonne (ed. Gallimard) ?
Passionnante et perspicace et pour ma part, de son argumentaire, j’ai retenu 3 points majeurs :
1- “La France est une composition de diversités, à condition qu’on sache hiérarchiser ces diversités” ; 2 – “Penser et concevoir tout en gardant à l’esprit l’idée de tension entre l’universel et le particulier”. Pour ma part je rajouterais : les valeurs républicaines auxquelles notre pays est attaché que nous estimons universelles et qui engage le particulier, entre l’unité et la diversité ;
3 - “La France est la revanche de l’abstrait sur le concret” : Je dis alors qu’il faut donc retourner à plus de concret, comme je le citais plus haut avec le retour au Service militaire/civil obligatoire pour tous.  

Une conclusion ?
Pour qui voyage beaucoup, je peux vous dire que la plupart d’entre-nous est incapable d’apprécier la chance qu’il a de vivre ici, en France.

Propos recueillis par Fabien Arous
Correspondant
du Journal Toulousain à Paris


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