Fouilles archéologiques ; Des wisigoths sur le campus de l’Arsenal

Suite au projet de construction de l’école d’économie de Toulouse, la Direction régionale des Affaires Culturelles a prescrit une opération de fouille préventive sur le site de l’université. Depuis fin juillet, sous le parking de la rue valade, une équipe travaille à dégager des vestiges datant du  5ème siècle. Cette période correspond à l’occupation des wisigoths en Europe. Toulouse était alors capitale du Royaume. Le site ouvre ses portes au public ce samedi 17 septembre.

 
L’Institut National des Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) a été chargé d’oeuvrer des fouilles dans le quartier de Saint-Pierre-des Cuisines.Suite à la loi de 2001, les aménageurs ont le devoir de financer des exploitations archéologiques quand leur site présente des traces susceptibles d’intéresser les archéologues. C’est ce qui est arrivé à l’Université Capitole 1 lorsque la construction de la Toulouse School of Economics a débuté. Jean Catalo, responsable des fouilles explique que la mise à jour n’a pas encore déterminé quelle était la fonction du vestige. Pourtant, il dément la présence d’un Palais à cet endroit : «Certains médias ont dit qu’il s’agissait d’un Palais wisigoth mais en réalité, vu l’emplacement du site, il devait plutôt s’agir d’un lieu religieux ou en rapport avec la mort, mais aucun ossement n’a été découvert». En effet, le site de l’Arsenal se trouve en dehors des remparts de la cité du 5ème siècle. Néamoins, il semble qu’un grand pôle urbain s’est constitué tout le long de la Garonne, entre Saint-Pierre-des- Cuisines et La Daurade. D’autres fondations de ce même vestige ont été découvertes en 1992 au niveau du conservatoire de danse. «Pour connaître la fonction de ce vestige, il aurait fallu étudier un peu les murs de cette structure. Or l’urbanisme et les précédentes fouilles ont détruit ces traces» précise Jean Catalo. Ce travail de recherches archéologiques est le dernier que l’on pourra mener avant la construction de l’école. Si ce site ne révèle rien de particulier, il sera détruit. Le directeur poursuit : «Ce que l’on pourra connaître en revanche, c’est la chronologie de la construction. Nous pourrons même établir un plan». Au vu de ce que les archéologues ont déjà découverts, il semble que ce soit un imposant édifice. «L’édifice devait faire 40 mètres sur 50». D’après les fondations, les archéologues supposent qu’il y avait un très lourd portique. Pour l’instant on estime le coût des recherches à 1,584 millions d’euros.

Un moyen de comprendre la logique urbaine

Toulouse était la capitale de l’Empire wisigoth jusqu’en 507 avant que le peuple germanique ne soit chassé par Clovis. Lors de précédentes fouilles entre 1988 et 1989, Jean Catalo découvre un Palais wisigoth sous l’ancien hôpital Larrey. «Dans le cas de l’Université Capitole 1, nous ne recherchons pas une merveille. L’objectif des fouilles est de comprendre mieux la logique urbaine du 5ème siècle et comment on passe d’une époque à une autre». Plusieurs époques se sont succédé sur le site sans pour autant détruire ce qui avait déjà été construit. Au sein du site de fouilles, une cave datant du 17ème siècle a été mise à jour. Les remparts de l’ancienne cité médiévale du 12ème siècle sont toujours visibles autour de l’actuel site de fouilles. Il s’agit du mur en brique qui se trouve Boulevard Armand Duportal. Au 17ème siècle, le quartier de l’université accueillait un couvent fermé. «Il est intéressant de voir comment chaque époque adapte l’urbanisme déjà existant pour répondre aux impératifs de son temps» poursuit Jean Catalo. Pour l’instant, les archéologues estiment que les fondations du site sont vouées à la destruction. Les fouilles archéologiques dureront environ 5 mois. Si une particularité est découverte, le calendrier prévoit un allongement des recherches de deux mois environ. «En ce qui concerne la conservation, ce sont les services de l’Etat qui décident si les pièces trouvées méritent conversation ou non. L’autre problématique est de réfléchir à comment on les conserve pour les rendre intelligibles au public». Jean Catalo ne minimise pas l’importance des fouilles. Selon lui, ce vestige permettrait de mieux connaître l’urbanisme et la vie des gens de cette époque. L’époque de la domination wisigothe n’a laissé que très peu de traces écrites. Etudier les fondations est un moyen pour les archéologues de s’imaginer le Toulouse d’autrefois. Les premières représentations de la ville sont relativement récentes et datent du 17ème siècle.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.