Formation / réinsertion, une orientation choisie et non subie

Martin Hirsch

A l’occasion de la table ronde intitulée «réinventer l’entrée dans la vie active des 16-25 ans», menée par la fondation Apprentis d’Auteuil mardi dernier, Martin Hirsch, Président de l’Agence du Service Civique, était présent pour soutenir le projet expérimental mis en place visant à la réinsertion des jeunes par la formation.

La Fondation Apprentis d’Auteuil, qui a pour objectif principal d’éduquer et de former plus de 13 000 jeunes en difficulté, a répondu, en 2009, à l’appel à projet qui cherchait un établissement pour lancer un processus expérimental de réinsertion par la formation. Sélectionnée pour accueillir le Dispositif Expérimental de Plateformes pour une Alternance Réussie (DEPAR), la fondation recevait mardi dernier, Martin Hirsch, Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté à l’époque, qui est à l’initiative des fonds alloués à ce dispositif. Pour Françoise Axisa-Cassan, Directrice technique d’Auteuil Formation Continue, «le but est de responsabiliser les jeunes, de faire en sorte que leur orientation soit choisie et non subie en leur faisant découvrir des professions concrètes par du théorique et de la pratique au centre, puis en les envoyant en apprentissage en entreprise.» Une fois qu’un contrat professionnel ou d’apprentissage est signé entre un jeune et une société, il faut encore accompagner l’entreprise en question qui se retrouve souvent démunie face aux jeunes en difficulté ou qui arbore des a priori qu’il convient, pour Apprentis d’Auteuil, de déconstruire. Le dispositif DEPAR travaille donc avec les jeunes mais aussi avec les entreprises afin de constituer un réseau de tuteurs qui s’engagent à accompagner les apprentis dans leur parcours.

Eviter les abandons

Martin Hirsch, actuel président de l’Agence du Service Civique, se félicite de ce qui a été mis en place suite à l’appel à projet initial : «Sur cette population des 16-25 ans, je m’interroge sur le fait que des associations parviennent à ériger des projets viables alors que les politiques publiques qui ont les moyens et les outils n’y parviennent pas.» Le but de cette démarche était, pour Martin Hirsch, de tirer des conséquences d’initiatives locales afin de créer de réelles politiques publiques. «Le budget alloué à cette opération a été utilisé pour mettre en relation les acteurs de terrains comme la Fondation Apprentis d’Auteuil et les chercheurs, pour permettre le lien entre la théorie et le terrain.» poursuit Martin Hirsch.

Les centres de formation en alternance sont nombreux en France mais cette expérimentation vise à éviter l’hémorragie des abandons en cours de cursus. «1/3 des élèves laissent tomber dès les premiers mois et il était donc inutile de prôner l’apprentissage si nous n’étions pas capables de maintenir les jeunes dans le système de formation.», assure le président du Service Civique. C’est là que le dispositif DEPAR innove. Par l’accompagnement des jeunes dans leur formation, mais aussi dans leur vie personnelle, sociale et sociétale, la Fondation met ainsi toutes les chances du côté de l’apprenti. «C’est la réponse des adultes qui n’est pas adéquate, nous devons décloisonner nos pratiques.», explique Luc Ménager, Directeur Régional d’Apprentis d’Auteuil.

Séverine Sarrat



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