Fin de vie : «un combat personnel devenu une cause collective»

 

ADMD

Dans le cadre de l’ADMD Tour,  à Toulouse ce lundi, les militants pro-euthanasie poursuivent leurs revendications et appellent au vote d’une loi légalisant la fin de vie.

Par Simon Pialat

Les jeunes militants de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité se sont arrêtés à  Toulouse lundi après-midi, dans le cadre de l’ADMD Tour. L’importance de cette campagne de sensibilisation réside dans leur volonté de parler de l’euthanasie sans tabou. Secrétaire général du mouvement, Christophe Michel, présent square Charles de Gaulle, pense les Français prêts à adhérer à la légalisation de la fin de vie assistée : «C’est une notion de liberté et j’estime qu’en vivant librement, on doit aussi pouvoir choisir sa fin de vie telle qu’on le souhaite. » En revanche, le coordinateur de l’ADMD Tour évoque un refus catégorique du côté «des élites politique, religieuse et médicale». La volonté des militants pro-euthanasie ? Une loi légalisant la fin de vie, telle qu’elle existe ailleurs en Europe. Dans son dernier ouvrage intitulé « Ma mort m’appartient », l’homme politique et président de l’ADMD Jean-Luc Romero explique clairement les prémices de son combat. Confronté jeune à la mort, il a vu son père mourir des suites de sa maladie, avant de perdre sa grand-mère. Souffrance psychologique qui a laissé place ensuite à une souffrance nettement plus grave. Dans les années 1980, Jean-Luc Romero a appris sa séropositivité, dans un contexte où il évoque le virus du SIDA comme «la maladie de la honte», car sexuellement transmissible : «Le droit à mourir dans la dignité représente au départ un combat personnel qui est devenue une cause collective.»

« Les 10 ans de Monsieur Leonetti sont un échec ! »

Le président de l’ADMD entend aujourd’hui user de son engagement politique pour «faire du lobbying» et poursuivre son combat. «Les hommes politiques ne s’intéressent pas assez aux phénomènes de société qu’ils jugent mineurs, tant qu’il ne s’agit pas de questions politiques, économiques ou sociales. On est face à des voleurs de liberté. Il n’y a pas d’expert de fin de vie ou plutôt si : vous êtes 65 millions d’experts en la matière. Et c’est celui qui meurt qui doit décider, et non pas la personne qui est autour du lit à vous regarder.» Les raisons de la publication d’un nouvel ouvrage après tant d’autres ? «C’est un coup de gueule sur ce qui se passe aujourd’hui et j’explique que les 10 ans de politique de Monsieur Leonetti (instigateur de la loi éponyme de 2005, ndlr) sont un échec ! C’est une loi faite par les médecins pour les médecins.» En France, Jean-Luc Romero évoque en moyenne 4500 personnes euthanasiées chaque année, dont seulement «1100 sont de vraies euthanasies : les autres n’ont rien demandé ! Or nous, nous demandons de respecter les choix de la personne malade.» Représentant du mouvement jeune en Haute-Garonne, Pierre Juston a lui aussi rejoint le mouvement depuis plusieurs années, car a défaut d’être touché sur le plan personnel, il évoque «une cause tout à fait louable, légitime et qui concerne tout le monde.»



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