Festival Danse(s) et Continent(s) Noir(s) ; Retour aux sources de l’Afrique

Pour sa 12ème édition, le festival Danse(s) et Continent(s) Noir(s) investit la Ville rose pour une semaine (du 28 octobre au 3 novembre) de réflexion sur la place et le rôle de la culture africaine contemporaine, à travers diverses manifestations et particulièrement la danse.

 

«Répertorier, conserver et diffuser les œuvres de la diaspora africaine du XXème siècle.» Tel est le but du festival Danse(s) et Continent(s) Noir(s) et de son directeur artistique James Carlès. Né il y a une dizaine d’années, ce festival a pour vocation de restituer la mémoire africaine par le biais de spectacles, de colloques, de stages et de rencontres. «Il existe un déficit de mémoire de la culture africaine en Europe», explique James Carlès, chorégraphe et directeur d’une compagnie de danse réputée à Toulouse. «Elle est extrêmement fragmentée, peu visible et lisible. Pourtant, cette culture fait preuve d’une grande vitalité, et s’adapte et se métisse selon les lieux où elle se trouve. Ce dynamisme est cependant inversement proportionnel à son niveau de représentation.»
Cette année, les organisateurs du festival proposent plusieurs spectacles de danse visant à rendre hommage aux artistes noirs ayant marqué cet art au cours du XXème siècle. Ainsi, le Ballet National de Guinée investira la scène de la Halle aux Grains le 30 octobre. Née à Paris dans les années 50, cette célèbre compagnie a pour vocation de donner une compréhension de l’Afrique au reste du monde où elle multiplie les représentations. Très proche de sa population, le Ballet National de Guinée livre des œuvres authentiques, en relation avec les origines du continent africain.

 

Mixité et intégration

Autre temps fort du festival, le triptyque proposé par James Carlès le 2 novembre à Altigone. Le chorégraphe a choisi de remonter deux œuvres (“The wedding” et “Strange Fruit”) de Pearl Primus, célèbre danseuse native de Trinidad et figure emblématique de la culture afro-américaine. Après avoir fondé sa propre école et son institut dans les années 40-50, elle enseignera aux autres en associant l’anthropologie à la chorégraphie et en contribuant à l’intégration des artistes africains dans le paysage culturel américain. James Carlès proposera également une création qui allie danse, musique, costumes et lumières : “Tam-Tam”. A travers cet œuvre, le Toulousain s’intéresse à la mémoire de Féral Benga, artiste franco-sénégalais des années 30.
Une grande place sera aussi donnée au jazz et au hip-hop avec plusieurs compagnies à l’honneur tout au long du festival. «Il est toujours intéressant de revenir aux origines de la street dance», souligne James Carlès. «Dans les années 70, les Arabes et les Noirs pratiquaient dans les quartiers le jazz-rock. La danse jazz est l’inter-culturalité par excellence. Dans les années 80, le jazz-rock a été relayé par le hip-hop. A l’époque, on ne se rendait pas compte qu’il servait à faire de la conquête de territoires. C’était une façon subversive de s’intégrer, de se montrer, d’exister. Aujourd’hui, nous en avons une vision plus réfléchie.» Ce genre de réflexion sur le problème de la mixité et de l’intégration sera présente tout au long de la manifestation par le biais de conférences, d’échanges, de projections de documentaires ou de stages. L’un d’eux sera d’ailleurs consacré aux techniques de Germaine Acogny, figure historique de la danse en Afrique et marraine du festival : «Je suis heureuse de voir que la danse réunit les noirs de tous les continents.» Pour James Carlès, elle est encore plus que cela : «Par le prisme de la danse, on peut regarder de près le problème du croisement des cultures en France et dans le monde.»

Sophie Orus

La programmation complète
sur www.danses-et-continents-noirs.com


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