« Faisons l’Europe » : la résistance pro-européenne est en marche

A Toulouse, des européens convaincus s’emploient à faire vivre ou revivre « le rêve européen » et créent en 2008 leur association « Faisons l’Europe ». En cette année électorale, l’enjeu est d’autant plus important qu’il faudra mobiliser l’électorat et contrer la montée de l’extrême droite, conséquence de l’euroscepticisme ambiant. Vaste programme.

En 2005, le « Non » au Traité constitutionnel a été une douche froide pour les pro-européens. De ce rejet est né le mouvement « Sauvons l’Europe » au niveau national, puis local avec la création d’antennes dans plusieurs villes. Mais l’association n’a pas tenu la longueur, et existe aujourd’hui seulement en Ile-de-France. Orphelins, les membres du collectif Haute-Garonne de « Sauvons l’Europe » ne pouvaient en rester là et créent en 2008, « Faisons l’Europe ». A l’origine, le mouvement rassemble les « Oui de gauche » (au Traité, ndlr), explique Sylvie Lèguevaques, présidente de l’association, même si le mouvement se veut « apolitique et indépendant. » Parmi la trentaine d’adhérents que compte Faisons l’Europe, « certains sont engagés politiquement et d’autres pas, comme moi », précise la présidente.

« Rappeler les choses positives que nous a apportées l’UE »

L’objectif, démocratiser le débat sur la construction européenne. Pour cela, l’association organise tables rondes, conférences et autres rendez-vous plus atypiques comme un pique-nique ou une randonnée vélo à travers la ville « pour découvrir les projets soutenus financièrement par l’Europe comme l’Oncopole ou la médiathèque d’Empalot. » Ces militants pro-européens participent également à la semaine de l’Europe, tous les ans au mois de mai, à la semaine de l’étudiant et la semaine européenne des langues et de la culture. Une manière de toucher tous les publics, et pas seulement des personnes déjà acquises à la cause. Mais parfois, les gens sont difficiles à convaincre, « l’Europe est accusée de tous les maux surtout en période de crise », raconte Sylvie Lèguevaques, « il faut rappeler les choses positives que nous a apportées l’UE, les choses qui concernent notre quotidien. »

De la solidarité à l’austérité ?

Pour exemple, elle cite l’euro : « On l’accuse d’avoir causé l’inflation, mais la progression des prix est tout à fait normale par rapport à celle connue avant l’euro. Certains prix ont augmenté mais d’autres ont baissé », plaide-t-elle. Elle évoque également « les normes de sécurité alimentaire très strictes, que le reste du monde nous envie, et qui protège le citoyen européen. » Sans oublier « la politique régionale, une politique de cohésion qui a pour but de réduire les écarts de développement entre les territoires. » L’Europe, c’est avant tout des valeurs « de solidarité et de paix. » Des notions quelque peu mises à mal par « les politiques d’austérité qui font beaucoup de dégâts en Grèce, au Portugal et en Espagne », reconnaît-elle. Une raison de plus « pour se faire entendre » lors des élections européennes en mai prochain. « Faisons l’Europe » a pour projet d’envoyer une lettre ouverte à tous les députés avant cette échéance afin de rappeler que « l’Europe est un modèle social, on ne peut pas régresser là-dessus. » Dans ce contexte, Sylvie Lèguevaques craint la montée de l’extrême droite, comme on l’a vu en Grèce avec l’Aube Dorée. En France, « le FN pourrait arriver en tête des votes selon certains sondages », alerte-t-elle. Bref, il n’y a qu’une chose à faire pour l’association : aller voter !

 

Repère :

Date des prochaines élections européennes : 25 mai 2014

Prochains événements : l’association participe à la semaine franco allemande, le 18 janvier prochain.

Site internet : http://fle31.wordpress.com/

Coralie Bombail

 



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