Fac du Mirail ; Un référent UMP agressé

Si la droite était la bienvenue dans les facultés de lettres françaises, cela se saurait depuis longtemps. Frédéric Cazaux en a fait l’amère expérience la semaine dernière. Parce qu’il considère que son camp politique «a déserté cette université», ce référent UMP facs Toulouse, dont le premier défi consiste à rétablir le débat politique à l’université, se rend à une AG au Mirail pour «répondre» comme il l’affirme, «à deux impératifs» : «combattre les idées d’une minorité d’agités majoritairement d’extrême gauche ou anarchistes» et empêcher un bis repetita du mouvement étudiant du printemps dernier : «La grande majorité des étudiants du Mirail ne veut plus revoir une telle situation se produire. Or ceux-ci font partie de la majorité silencieuse, celle qui subit en silence mais n’ose affronter en face les quelques agités du blocage, de peur de représailles.» L’UMP Facs, dit-il, veut rétablir sur les bancs du Mirail «le bon fonctionnement d’un service public de qualité.»

 
Menaces de mort

Une volonté de débattre, sans provocation, qui ne semble pas du goût de tous. A peine une première intervention, que Frédéric Cazaux dit essuyer sifflets, insultes et menaces de la part de «certains extrémistes» : “En plus des on t’attend dehors”, “casse-toi pauv’ con” et autres charmants noms d’oiseaux, l’un d’eux est venu me voir pour m’intimider pendant près de dix minutes, m’enjoignant de quitter la salle au plus vite, me faisant miroiter l’état dans lequel je pourrais être à la sortie de l’AG ou à un autre moment et arrivant jusqu’à me menacer de mort si je récidivais dans mes prises de parole.» Faisant fi de ces «tentatives d’intimidation», le jeune homme rejoint une seconde fois la tribune, lorsqu’un individu se jette sur lui : «il était sur le point de m’agresser si un militant, qui pourtant ne partage pas mes points de vue, ne l’en avait empêché !»
Dans un communiqué, Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse de 2004 à 2008, félicite «le jeune audacieux, (…) pour sa force de conviction et de caractère» : «Oser aller en territoire adverse, oser parler, oser exprimer une opinion différente de la pensée unique de ce lieu, quel crime ! Oui, quel crime contre la majesté de l’idéologie dominante, qui, depuis si longtemps s’est approprié les lieux, à coups de grèves interminables, de blocages violant la liberté d’étudier, de saccage du matériel de la collectivité, de dégradation continue de l’image de cette université aux effectifs en baisse (…) Non, vous ne lirez pas dans la presse une ribambelle de communiqués de protestation indignés ; non, aucun défilé ni aucune banderole ne viendra encombrer le pavé ; non, les multiples associations militant pour la liberté d’expression et les droits démocratiques n’élèveront pas la voix. Non, sans doute parce que ce garçon “pense mal”…»
Aujourd’hui, Frédéric Cazaux, loin d’avoir été affaibli par cette affaire, ne veut pas en rester là : il a décidé de porter plainte… Pour le cas où…

Claire Manaud


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