Europe Ecologie Les Verts ; « L’écologie est LA condition »

A la veille du débat sur la primaire écologiste qui doit se tenir à Toulouse le 6 juin prochain, Nicolas Hulot revient sur le fonds de sa candidature.

 
La notoriété ne fait pas tout. C’est la démonstration qu’a voulue faire Nicolas Hulot, de passage récemment à Toulouse pour rencontrer élus et militants. Un «exercice indispensable et non une épreuve», malgré une déclaration de candidature début mai, que l’intéressé qualifie lui même d’«un peu tardive». Le candidat à la primaire écologiste est d’abord revenu sur la «singularité» de son engagement, et sur la nécessité «d’essayer de lever les malentendus» : «Au départ, il y a une méfiance par rapport à ma candidature, une curiosité, des interrogations et parfois même un peu d’animosité. Mais j’ai toujours été le premier à dire que je ne confondais pas capital de notoriété, de sympathie, et capital d’adhésion. Ces rendez-vous en tête à tête doivent servir à établir un dialogue de confiance, basé sur la vérité et non sur le fantasme. Par exemple, peu de gens savent véritablement que depuis vingt ans, ma fondation a contribué à l’enjeu écologique.» L’ex-présentateur de l’émission Ushuaïa, se bat, dit-il, contre des préjugés «tenaces, aussi bien positifs que négatifs», en référence justement aux soutiens à sa fondation : «Ce ne sont pas des sponsors mais des mécènes et le mécénat est encadré par la loi. Pour agir, il faut des moyens et il paraît plus logique d’aller les chercher auprès des entreprises que dans le porte-monnaie des gens qui sont assez saignés comme cela (…) Parfois on m’accorde des vertus que je n’ai pas et des défauts que je n’ai pas forcément non plus. Je dois les corriger et expliquer les choses avec objectivité, sans prétention.»

 

Le PS n’a pas encore fait sa conversion

De ses joutes politiques avec l’autre candidate phare, Eva Joly, Nicolas Hulot dit cependant ne rien oublier : «Les gens attendent des écologistes qu’ils portent un projet de société, capable de prendre en compte leurs préoccupations quotidiennes, de construire un nouveau modèle. Il faut rester au niveau des enjeux. C’est comme cela que certains se distingueront» confie-t-il tout en rappelant que trois autres candidats écologistes sont en lice pour cette primaire.
Projeté cette fois dans l’entre deux-tours des présidentielles, Nicolas Hulot ferme la porte à l’UMP si les écologistes devaient renoncer à aller plus loin : «Le prisme avec lequel nous regardons la réalité n’est pas le même. Il n’y a pas de compatibilité entre nous.» Cependant, l’alliance avec le Parti Socialiste ne semble pas non plus évidente : «Même si je me sens très proche des valeurs naturelles de la gauche, le PS sur nos sujets, n’a pas encore fait sa conversion. Sa grille de lecture n’a pas changé. L’écologie demeure pour eux une option alors que pour nous, elle est la condition.»
Quoi qu’il en soit, au-delà des écologistes purs et durs, ce sont les «pas encore convaincus» que Nicolas Hulot veut aller chercher : «Je dois savoir le faire» avance-t-il prudemment, en attendant le débat entre candidat prévu à la Halle aux Grains le 6 juin prochain et le résultat définitif de cette primaire le 12 juillet.

Claire Manaud


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