Europe Ecologie Les Verts ; De « l’oxygène » au Conseil régional

Un an après son accession au Conseil régional de Midi-Pyrénées, Europe Ecologie Les Verts fait le bilan de son action. Mais le groupe évoque aussi ses relations au sein de l’assemblée avec ses “amis” socialistes.

 
Municipales, régionales, cantonales… Depuis trois ans, les écologistes français ont le vent en poupe. Preuve d’une «dynamique qui correspond à un besoin» chez les électeurs et sympathisants, la présence hier soir à Ramonville, de plusieurs centaines de personnes venues échanger autour de l’action d’Europe Ecologie Les Verts, depuis son entrée à la Région, il y a tout juste 365 jours. «Il est important pour notre groupe de faire le point sur nos avancées et de nous projeter dans l’avenir» confie son président Guillaume Cros. Quinze élus, trois vice-présidences, cinq présidences et sept vice-présidences de commissions, deux présidences d’agences régionales (l’Ardesi et Midi-Pyrénées Innovation)… Les élections de mars 2010 ont plutôt bien réussi aux écologistes.
Un an plus tard, l’heure est au bilan comme aux prospectives et la “conversion écologique de Midi-Pyrénées” ainsi que la “sortie du nucléaire”, plus que jamais d’actualité. Un axe de campagne que la catastrophe japonaise de Fukushima et l’augmentation «extrêmement importante» du baril de pétrole, ont semble-t-il précipité : «Nous travaillons à un plan régional de transition énergétique qui porte sur les économies d’énergies et la promotion des énergies renouvelables» résume Guillaume Cros. Avec un prochain financement annoncé par la région de 230 millions d’euros sur dix ans mais qui pour les élus verts, est insuffisant et nécessite même l’emprunt : «Même si nous saluons cet effort, ce n’est pas avec ça que nous aurons le levier pour penser le post-pétrole. Puis il faut aussi tenir compte de la création d’emplois» souligne Gérard Onesta. Le vice-président du groupe voit par ailleurs dans la restructuration de la Cogemip, «une opportunité de prendre une compétence autour des énergies, de la construction.»

 

« Loyaux mais exigeants »

Se qualifiant de «radicaux» dans leurs objectifs mais de «pragmatiques» lorsqu’il s’agit de les mettre en œuvre, les élus régionaux d’Europe Ecologie Les Verts, considèrent que «si leurs propositions sont acceptées, c’est parce qu’elles sont cohérentes et en avance» : «Nous avons fait bouger les lignes : sur l’aménagement du territoire et en particulier l’installation des médecins en zones rurales, sur la mise en place d’une complémentaire pour les étudiants boursiers ou encore sur les futures assises du développement durable» se félicite François Simon, vice-président de la commission permanente, chargé des sports et de la vie associative. Et de dénoncer un système jusque-là «vertical et hiérarchique» : «On a donné de l’oxygène et de la transversalité à tous ces sujets.»
Reste que les relations avec la majorité socialiste ne sont pas toujours simples. «N’étant pas dans le même parti, il y a quelquefois des chocs culturels, des incompréhensions. Nous avons fait le choix de l’explication, de la pédagogie mais quand il faut y aller, nous y allons» assure Guillaume Cros qui ajoute, «Nous sommes loyaux mais exigeants parce que nous voulons que nos électeurs soient respectés.» François Simon enfonce alors le clou : «Les socialistes ne sont pas une grande famille. Martin Malvy a compris l’intérêt de l’écologie et porte cette démarche. Mais elle n’est pas toujours partagée par tous les conseillers de cette collectivité socialiste.» Pour Gérard Onesta, pourtant, la gauche va devoir s’adapter : «Elle a tout à gagner en intégrant la nouvelle façon des écologistes de concevoir la politique. Sinon, c’est une gauche fossilisée qui n’avance pas.»

Claire Manaud


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