Ethylotests obligatoires : pour le meilleur et pour le pire

A Toulouse, comme partout en France, la nouvelle loi qui impose la possession d’un éthylotest dans tous les véhicules ravive le débat sur l’efficacité des mesures prises pour lutter contre l’alcool au volant. Entre avantages, inconvénients et polémique, l’entrée en vigueur, le 1er juillet dernier, de l’une des dispositions les plus controversées de la loi Loppsi voulue par Nicolas Sarkozy, n’est pas passée inaperçue.

Souffler dans un ballon. Et attendre le résultat.  L’éthylotest n’est certainement pas critiquable pour son utilisation, simple comme bonjour. Mais son efficacité reste à prouver. «L’idée n’est pas mauvaise», confie Simon, un jeune automobiliste toulousain. «Mais je ne suis pas certain qu’elle m’empêchera de conduire si j’ai bu». Et c’est là que réside le problème. Car si l’objectif de la loi est noble, son application reste aléatoire. Dans certains cas, elle peut même être contraignante : «J’ai déjà acheté mon éthylotest, mais dans mon cas, la mesure est inutile puisque je ne bois pas !»,  explique Maria, commerçante sur le boulevard Carnot.

Une mesure insuffisante ?

En 2011, 15 morts auraient pu être évités sur les routes du département à cause de  l’alcool. Et déjà, pour le premier semestre 2012, 7 tués ont été comptabilisés par la préfecture de Haute-Garonne. Rendre l’éthylotest obligatoire peut-il contribuer à diminuer ce taux tragique ? Pour Cécile Hutellier, attachée de direction à l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie 31 (ANPAA 31), l’objectif de la mesure est le bon : «Ce qui est intéressant, c’est qu’elle permet de contribuer à débanaliser la consommation d’alcool», constate-t-elle.

Un bon point pour cette loi fraîchement entrée en vigueur, même si d’après elle, cela reste insuffisant. «Il faudrait arriver à éduquer les gens sur le risque alcool», explique Cécile Hutellier. «Prévenir, prendre en charge et faire le point, c’est à la source du problème qu’il faut s’attaquer».

Des débuts balbutiants

La mesure est d’autant plus difficile à mettre en œuvre d’un point de vue pratique. A Toulouse, de nombreuses pharmacies sont toujours en rupture de stock. «Nous n’avons plus d’éthylotests à la vente depuis début juin», se désole Marie-France Castel, qui dirige la pharmacie du Métro. Nous devions être livrés fin juin, mais je n’ai plus aucune nouvelle de mon fournisseur». Et d’ajouter, amusée : «Il va falloir mettre une pancarte sur la vitrine de l’établissement !»

Cette course infructueuse aux éthylotests a donc contraint les forces de l’ordre à différer l’application contraignante de la mesure. Jusqu’au 1er novembre, leurs interventions seront essentiellement pédagogiques et aucune sanction ne sera appliquée. «Pendant 4 mois, nous sensibiliserons les gens lors des contrôles routiers», précise le capitaine de police Daniel Delattre. Une action incluse dans une politique globale de prévention routière.

Ariane Riou



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