Et maintenant, objectif 2012 !

Au-delà de l’avalanche meurtrière de Martigny, de l’angoisse que suscite ce qui s’annonce comme étant l’une des plus grandes catastrophes nucléaires que nous ayons connue, ce sont les cantonales qui font la une de l’actualité avec une poussée de la gauche et du FN confirmée, une abstention confirmée (est-elle passive ou réactive ?), une UMP en difficulté et dont on se demande si elle ne va pas faire pression sur Sarkozy pour changer le discours politique (et notamment celui très proche du FN du Ministre de l’Intérieur) ? Cantonales accompagnées d’un sondage IPSOS sur les Présidentielles donnant dans les trois hypothèses DSK, Hollande ou Aubry en tête du premier tour avec 34 %, 35 % et 23 % ; Marine Le Pen en deuxième position avec respectivement 21 %, 22 % et 22 % ; enfin le Président sortant toujours en troisième position avec 17 %, 20 % et 21 %.

 
À peine ces élections cantonales passées, voilà que surgissent les élections sénatoriales avec le risque pour le Président Sarkozy de voir pour la première fois dans l’histoire de la Vème République, le Sénat basculer de droite à gauche et peut-être retrouver à sa tête soit l’Ariégeois Bel, soit le radical de gauche Jean-Michel Baylet. Quant à l’élection présidentielle, elle suscite déjà des inquiétudes et une forme de déception anticipée. Près de dix ans après 2002, les prophéties où l’angoisse le dispute à l’effroi, se multiplient : risque d’un nouveau 21 avril à l’endroit (candidat de droite contre Marine Le Pen) ou à l’envers (candidat de gauche contre le leader du FN), retour de l’abstention (même à la présidentielle) contrairement à 2007 marquée par une réelle mobilisation, y compris des quartiers défavorisés.
Voilà l’ultime session de rattrapage du PS comme de l’UMP. Pour le PS qui n’a pas gagné d’élections présidentielles depuis 1988, les enjeux sont essentiels : tourner la page Mitterrand (quitte à ce que l’un de ses héritiers le fasse, comme François Hollande) renouer avec l’exercice du pouvoir national, convaincre de la nécessité et de l’effectivité d’une gouvernance à gauche (comme dans les grandes villes, les régions et les départements). Pour l’UMP, il s’agit de conserver le pouvoir, de conduire le Président sortant à un nouveau quinquennat alors qu’il connaît la plus basse cote de popularité d’un Président sous la Vème République, de présenter à l’électorat une identité politique moins brouillée qu’aujourd’hui.
La prochaine élection peut-elle être (doit-elle être ?) gagnée sur un projet politique : trente-sept ans après “la France au fond des yeux”, trente ans après “La force tranquille” (les 110 propositions, le programme commun), seize ans après “La fracture sociale” de Jacques Chirac – juste intuition d’un thème décalé par rapport au programme attendu du RPR, quatorze ans après la victoire de 1997 (et ses 35 heures), neuf ans après le traumatisme de 2002 («mon projet n’est pas socialiste» avait lancé Lionel Jospin), cinq ans après 2007 (de «l’ordre juste» de Ségolène Royal à «l’ensemble tout est possible» de Nicolas Sarkozy). Aujourd’hui, au lendemain de ces cantonales, les perspectives de 2012 apparaissent fermées, la lassitude électorale semble avoir saisi les Français, le hiatus semble très fort entre le projet politique et l’exercice du pouvoir, entre la demande de l’électorat et l’offre politique, entre l’irréalité et la méfiance autour de tout projet politique et l’attente des électeurs autour d’un contenu politique ne se heurtant pas au mur du réel. Peut-être que sourdement les Français attendent une recomposition de l’action politique !

Stéphane Baumont


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