Enseignement ; Pierre Paul Riquet dans l’espace !

Améliorer la visibilité du secteur spatial dans le système éducatif. C’est dans cette optique que le CNES, l’Académie de Toulouse et la région Midi-Pyrénées ont fait du Lycée Pierre Paul Riquet de Saint Orens, le premier lycée français de l’espace. Un concept entériné par une charte que viennent de signer les différents partenaires, collectivités et entreprises. Pierre Donnadieu est le Proviseur de cet établissement général et technologique qui accueille 1550 élèves de la seconde au BTS. Interview.

 
Pierre Donnadieu, comment a commencé l’aventure du lycée spatial de Saint Orens ?
A l’occasion d’une rencontre entre le Recteur de l’Académie de Toulouse et le CNES. A alors germé l’idée d’un lycée référent pour le secteur spatial comme il en existe pour l’aéronautique ou l’automobile, que le Recteur m’a soumise peu après mon arrivée à la direction du lycée à la rentrée 2006.

Aujourd’hui les différents partenaires signent une charte. Que représente-t-elle pour vous ? La reconnaissance de votre travail ?
Oui. C’est la concrétisation d’un projet que nous portons depuis 3 ans à la fois avec les partenaires et mes équipes pédagogiques. Je me réjouis que ce travail soit reconnu aujourd’hui.

Que contient cette charte ?
L’engagement des différents partenaires et du lycée pour la promotion du secteur spatial dans le système éducatif, la sensibilisation de nos élèves à travers des coopérations pédagogiques : stages en entreprises, projets d’études pour les étudiants post-bac que nous pouvons accueillir au lycée mais aussi le développement de réseaux d’établissements scolaires pour diffuser la culture spatiale vers le plus grand nombre possible d’établissements en Midi-Pyrénées.

Pourquoi votre lycée a-t-il été choisi ?
C’est un lycée qui a une carte des formations essentiellement scientifique et technologique industrielle. Il a la particularité d’avoir un taux d’orientation en direction des filières scientifiques à l’issue de la seconde, supérieure de 10 % à la moyenne académique. De plus, plus du tiers de nos terminales se dirigent en classe prépa scientifique. Autre atout : la situation géographique du lycée qui est situé près de la zone d’activité de Montaudran où l’on trouve EADS Astrium. Il est proche également du campus de Rangueil où vous avez le CNES et l’ISAE (Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace).

 

Un catalogue des métiers

En fait, l’idée de ce projet consiste à distiller «du spatial» au cœur des programmes ?
Oui. Nous sommes sur l’idée de coloration des programmes. Sans modifier leur contenu, nous utilisons chaque fois que cela est possible, des ressources pédagogiques empruntées au secteur spatial. Par exemple, nous allons étudier le climat en géographie avec l’aide d’images satellitaires, ou venir à la Cité de l’Espace pour traiter des parties de programmes scientifiques. Et le Recteur nous a autorisés à expérimenter un enseignement “espace” à hauteur de 3 heures en seconde.

Pourriez-vous nous donner un exemple concret de réalisation ?
Oui, la réplique à l’échelle 1 d’un Rover martien réalisé en réseau avec dix autres lycées technologiques et financé par le CNES.

Justement, comment travaillez-vous avec les entreprises toulousaines du secteur ?
D’une manière très simple. Elles peuvent avoir des possibilités d’accueil de stagiaires. Nous avons aussi des élèves à la recherche d’un projet d’étude dans le cadre du BTS, ou de travaux personnels encadrés pour les premières et nous leur demandons si elles peuvent nous déléguer un cadre, un ingénieur. De même, elles répondent présent à des journées d’orientation afin de présenter les métiers que l’on trouve au sein de leurs entreprises.

Bientôt d’ailleurs doit être créé un catalogue des métiers du spatial ?
Oui, nous nous sommes proposés de le mettre en œuvre en partenariat avec l’ISSAT (Institut au Service du Spatial, de ses Applications et Technologies) qui était déjà sur ce chantier et l’ONISEP. L’idée est de mettre en ligne un catalogue des métiers directement accessible depuis le site de l’ONISEP afin de faire connaître à des élèves de niveaux collège ou lycée, ce que sont les métiers de l’espace, de manière interactive, ludique. Nous en avons déjà conçu l’architecture. Reste à trouver les financements. Les entreprises pourraient y contribuer via la taxe d’apprentissage.

Le spatial, vecteur de nouveaux métiers ?
Oui. Aurait-on imaginé il y a vingt ans que l’on développerait les téléphones portables, qui existent grâce aux satellites ? De même, prenez les agriculteurs. Ils utilisent des interfaces avec les satellites pour doser par exemple leurs engrais, leurs semences, en fonction de tout un ensemble d’observations. On peut imaginer par conséquent que ces nouvelles technologies génèreront en effet de nouveaux métiers.

Propos recueillis
par Claire Manaud




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