Enseignement ; Le Privé a la cote

C’est ce qui ressort du sondage exclusif qu’a publié la semaine dernière dans ces colonnes*, le quotidien Catholique La Croix, en partenariat avec l’Apel (Association des Parents d’élèves de l’Enseignement Libre) à l’occasion du 50e anniversaire de la loi Debré garantissant la liberté de choix entre l’enseignement public et l’enseignement privé.

 
La question de départ était : Quel regard les Français portent-ils sur la liberté d’enseignement ? Réponse : Clair et limpide si l’on en juge les premiers chiffres tout à fait éloquents de ce sondage. En effet, plus que l’une ou l’autre option, enseignement public ou privé, c’est d’abord la liberté du choix de l’école qui est d’abord plébiscitée par les Français : 84 % d’entre eux (88 % des parents d’élèves) estiment en effet que c’est une bonne chose de pouvoir scolariser leurs enfants soit dans l’enseignement public, soit dans l’enseignement privé. Cette unanimité se fait aussi au sein de la sphère politique puisque les sympathisants de droite l’affirment à 93 %, ceux de gauche à 79 %.
Autre information de taille qui tend cependant à confirmer une tendance “en vogue” depuis maintenant plusieurs années : les parents d’élèves sont de plus en plus nombreux à opter pour l’enseignement privé ; ce sondage nous apprend ainsi qu’une famille sur deux, 55 % des Français (47 % des parents d’élèves), est prête à y scolariser ses enfants. Le succès du privé ne se dément par conséquent pas, à tel point que la grande majorité des Français (67 %) estime que l’Etat devrait permettre à l’enseignement privé d’ouvrir d’autres établissements ou de nouvelles classes, afin que tous les parents qui le souhaitent, puissent y inscrire leurs enfants. En revanche, les clichés ont la vie dure : qui dit sympathisants de droite, dit dans une large mesure, enseignement privé. Ils sont en effet 74 % à souhaiter que leurs enfants aillent dans le privé, 44 % pour ceux de gauche.

Atouts et faiblesses

Plus spécifiquement, 76 % des Français pensent que l’enseignement privé devrait pouvoir ouvrir plus facilement des établissements ou des classes dans les zones d’éducation prioritaires.
Ce sondage fait également ressortir les atouts “reconnus” de l’enseignement privé : 84 % des Français trouvent que ce dernier assure un enseignement de qualité ; 81 % pensent qu’il accorde une place importante à la dimension éducative ; 80 % qu’il suit les programmes fixés par l’Education Nationale ; 76 % qu’il assure un suivi personnalisé de l’élève ; 73 % qu’il permet aux parents de s’impliquer dans la scolarité de leur enfant. Par rapport à la religion, 79 % l’estiment ouvert aux élèves non croyants ; 72 %, ouvert aux élèves de toutes les religions.
Petite baisse de régime cependant quant aux élèves en difficulté : seuls 58 % des Français pensent que les établissements privés leur sont ouverts. D’où le sentiment d’élitisme social qui se dégage de ces réponses : les personnes interrogées ne sont que 37 % à estimer que l’enseignement privé fait le nécessaire pour être accessible financièrement au plus grand nombre, et moins d’un tiers (30 %) pensent qu’il est accessible aux populations défavorisées.
C’est une réalité. Vingt-cinq ans après la grande manifestation parisienne de défense de l’école libre, la question liée à la liberté de l’enseignement reste bel et bien une priorité aux yeux des Français, tant il est vrai, que l’éducation dispensée dans les écoles, détermine le visage de la société à venir.

Claire Manaud

* A lire en détails dans le cahier “Parents & Enfants”
du quotidien La Croix
(mercredi 16 décembre 2009).


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