Enseignement et recherche; 527 millions d’euros pour Toulouse Campus

Le 10 septembre dernier, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse était à Toulouse pour annoncer le montant de l’enveloppe destinée au plan Toulouse Campus.

 
Après avoir échappé à la correction et réussi son examen de rattrapage en février dernier, le projet Toulouse Campus va enfin pouvoir se déployer avec l’annonce de Valérie Pécresse la semaine dernière à Toulouse. Présente à Labège pour inaugurer l’ENSIACET, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en a profité pour préciser le montant de la dotation affectée à la rénovation et la modernisation des sites universitaires de la Ville rose, dans le cadre de l’Opération Campus. Et ce ne seront pas moins de 527 millions d’euros qui seront débloqués avec une priorité donnée au Grand Sud-est (Rangueil, Aerospace Campus…), au centre-ville et surtout au Mirail qui recevra à lui seul 175 millions. Par ailleurs, le Grand Toulouse et la municipalité de la Ville rose ont déjà mobilisé une enveloppe supplémentaire de 25 millions d’euros et un programme d’accompagnement urbain de près de 75 millions.
Avec plus de 100 000 élèves et 6 300 chercheurs, Toulouse se positionne comme l’une des villes étudiantes les plus importantes en France et, selon Pierre Cohen, président de la Communauté Urbaine, «le Plan Campus ouvre des horizons nouveaux et va permettre de faire du Grand Toulouse une véritable métropole universitaire européenne.» L’objectif affiché des élus est de «fondre totalement l’université dans la ville». Pour cela, les projets ne manquent pas : une Cité Internationale des chercheurs rue des 36 Ponts, le développement des transports en commun, le désenclavement du Mirail, l’aménagement d’Aerospace Campus… Pierre Cohen a également annoncé le lancement, en collaboration avec le PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur), du Quartier des Sciences allées Jules Guesde qui devrait voir le jour en 2013 : «Ce site sera le symbole de l’ouverture de la science au citoyen, il participera au mouvement de réconciliation entre sciences et société.»

Désengagement de l’Etat ou avarice des élus locaux ?

Mais pour les élus de la région, 527 millions, ce n’est pas forcément la panacée. «Le Plan Campus ne pourra être jugé que quand l’annonce faite par la ministre de la prise en charge du centre d’intégration des nanotechnologies au titre du grand emprunt nous sera officiellement confirmée», a déclaré Martin Malvy, président de Région. «La dotation de 350 M € ne permettra de réaliser que 150 à 170 M € d’investissements contre les 250 M € qu’attendait au minimum la communauté universitaire.» Pour Pierre Cohen, le Plan Toulouse Campus «suppose une politique volontariste», notamment de la part de l’Etat qui selon lui se désengage dans la recherche et l’enseignement supérieur. Des inquiétudes qui font réagir l’opposition toulousaine : «Le financement, par l’Etat, du Plan Campus toulousain, est d’une ampleur inégalée», constate Jean-Luc Moudenc, président du groupe municipal Toulouse pour tous. «Alors que depuis des mois, les collectivités locales, autour de Mr Cohen, crient au désengagement du Gouvernement en matière de recherche, ces dernières se sont contentées de mettre sur la table 25 millions d’euros chacune. Quand l’Etat finance à plus de 90 % le Plan Campus à Toulouse, les collectivités locales se serrent les coudes dans l’avarice… tout en donnant des leçons.»

Sophie Orus


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