Enseignement ; Envisager autrement l’organisation scolaire

Mardi, professeurs du public et du privé ont défilé côte à côte contre les suppressions de poste et les fermetures de classe. Pour Hervé Bonamy, Directeur diocésain de Pamiers et Toulouse et Secrétaire général du Comité académique de l’Enseignement Catholique Midi-Pyrénées (CAEC), il faut repenser le dispositif scolaire afin de l’adapter au 21ème siècle. Rencontre.

 
Hervé Bonamy, cette journée de mobilisation est une première pour l’enseignement privé ?
Soyons clairs. Ce n’est pas la première fois que les responsables des organisations syndicales de l’enseignement catholique appellent à la mobilisation. Souvenez-vous des retraites l’année dernière. Simplement, ce qui marque le plus, je di- rais, c’est cet appel venant de toutes les organisations syndicales au sein de l’enseignement catholique, concomitant à celui des organisations syndicales de l’enseignement public.

Dans quelles conditions s’est faite cette rentrée 2011 dans l’enseignement privé catholique ?
Si techniquement elle s’est bien faite, ce n’est pas pour autant que les problèmes n’existent pas. Ils sont comme vous le savez, liés à la réduction de postes qui interdisent des ouvertures ici ou là. D’autre part, en ce qui concerne la Haute-Garonne, nous avons assisté à une augmentation croissante de nos listes d’attente. Sur le Grand Toulouse, 2 000 demandes d’inscription environ, n’ont pas pu aboutir. C’est le cas depuis plusieurs années.

Quelle est la position de votre instance sur ces problèmes que rencontre l’Education nationale ?
Elle est la suivante : il faut arrêter de toucher aux structures, c’est-à-dire de supprimer des classes ou de fermer des écoles. Nous disons ensuite que face à ces restrictions de postes, certes insupportables, il faut avoir une vraie réflexion sur le rythme scolaire, sur l’horaire hebdomadaire ainsi que sur la gestion annuelle de la dotation horaire confiée à un établissement. Je m’explique : La France est le pays d’Europe où la semaine est la plus chargée pour l’élève. Si l’on retirait une heure de cours en collège ou lycée, ou si l’on passait de 55 minutes de cours à 45, nous ne pensons pas que cela fragiliserait les acquis de l’élève. Ainsi nous sommes persuadés que l’on pourra faire des économies à hauteur des restrictions de poste. Il faut saisir la situation conjoncturelle actuelle pour s’interroger.

Vers un label de qualité

En fait, cette journée de mobilisation sert à vous projeter déjà sur la rentrée 2012/2013 et à tirer la sonnette d’alarme ?
Bien sûr ! Nous travaillons sur les années à venir. Nous avons fait ces propositions au niveau du ministère de l’Education nationale relayées dans les rectorats pour dire : envisageons autrement l’organisation scolaire en ré-interpellant également sur l’autonomie des établissements. Par exemple, un établisse- ment dans un quartier socialement protégé de Toulouse, n’aura pas les mêmes besoins qu’un autre, situé dans un quartier plus difficile. Une réponse unique sur un territoire n’est plus d’actualité.

Quel écho ces propositions ont-elles auprès du Ministère de l’Education nationale ?
Je pense qu’elles ont un écho positif car nous posons de vraies questions. Elles ne sont pas là pour ré- pondre à une restriction de postes mais à une actualisation du dispositif scolaire afin de l’adapter au 21ème siècle. On peut optimiser le temps accordé dans les établissements pour l’éducation des jeunes. A certains moments de l’année, il y a, comme je vous le disais, une dotation horaire qui n’est pas exploitée au maximum de ses possibilités. C’est véritablement vers un label de qualité que nous voulons aller. Même si les réformes pédagogiques, comme celle du socle commun au collège et au lycée, sont intéressantes, a-t-on pensé à revisiter l’ensemble du dispositif ? J’insiste également sur ce point : notre demande, n’est pas uniquement en faveur de l’enseignement catholi-que mais doit servir à l’ensemble du système éducatif. Nous ne demandons pas à être privilégiés.

Quelle suite donnez-vous à cette journée de mobilisation ?
Nous ne restons pas les deux mains dans les poches. Les responsables nationaux de l’enseignement catholique rencontrent régulièrement le ministère de l’Education nationale. Au niveau de notre institution, nous faisons davantage le pari du dialogue et de la concertation avec les pouvoirs publics pour faire avancer les choses. Nos mesures compensatoires ont été proposées l’an dernier. Elles sont étudiées et nous savons qu’elles sont source d’intérêt. Tout en comprenant les revendications des enseignants qui expriment un certain ras-le-bol, nous continuons à explorer la voie de la négociation avec le ministère de l’Education nationale.

Comment selon vous, s’annonce la rentrée 2012/13 ?
Si l’on reproduit le modèle actuel en septembre 2012, elle s’annonce très mal.



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