Enseignants et parents d’élèves; La grogne, déjà

Sureffectifs, mauvaises conditions de travail, problèmes de remplacements, suppression de postes, réforme du lycée, grippe A… Les sujets de dissertation ne manquent pas pour les syndicats qui préparent déjà des actions à venir contre les mesures du gouvernement.

 
Pour lui, c’est sa première rentrée scolaire. Le nouveau ministre de l’Education Luc Châtel a donc soigné sa copie ce lundi pour un discours attendu mais pas suffisamment selon les syndicats d’enseignants et de parents d’élèves : «Il s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur Darcos : il y a une volonté de mise au pas et d’autoritarisme. Il veut faire passer en force des réformes non acceptées», selon Alex Dessens, représentant de la branche 1er degré du Sgen-CFDT 31. Et les sujets de discorde ne manquent pas alors que les différentes organisations syndicales étaient réunies lundi à Toulouse pour débattre des enjeux de cette rentrée à hauts risques.
A commencer par les soucis d’effectifs et le ratio élèves/enseignants. «En 2008, l’Etat prévoyait la création de 750 postes en Haute-Garonne dans le 1er degré. Au final, il en aura supprimé 1232 !», constate Christophe Belinguier du SNUIPP-FSU. «L’Académie de Toulouse est sous-calibrée et connaît des problèmes d’aménagement du territoire. Pour ouvrir une classe de maternelle, il faut au moins 32 élèves soit l’une des moyennes les plus élevées du pays», poursuit Corinne Bert de l’UNSA31. Enfin, au niveau du lycée, le rectorat attend 1 300 élèves supplémentaires cette année alors que 50 postes d’enseignants sont supprimés et 93 remplaçants sollicités. Des remplaçants qui ne pourront donc assumer l’intérim dans les prochaines semaines en cas de besoin. Selon la FCPE31, entre 8 et 12 % des cours n’ont pas été assurés dans les collèges l’an dernier. «Les classes sont surchargées : les élèves sont 30 en collège et entre 35 et 38 au lycée», estiment les représentants syn- dicaux. «6 classes supplémentaires ont dû ouvrir dans des établissements du centre-ville et au lycée polyvalent Rive-Gauche. Et nous n’avons encore aucun renseignement de la part du Rectorat sur les élèves non-affectés. Une bonne réforme du lycée n’est pas possible dans ces conditions-là.»

Inquiétudes face à la grippe A

Autre cheval de bataille lié au problème de suppression de postes dans l’enseignement : la scolarisation des deux ans en maternelle et des enfants handicapés. Dans le premier cas, le taux de prise en charge des tout-petits a chuté de 15 % ces dernières années dans le département et 900 enfants de 2 ans sont restés sur le carreau la rentrée dernière. «La scolarisation précoce est pourtant très importante, surtout en milieu populaire, pour une réussite future», déclare Christophe Belinguier. Concernant les élèves handicapés, la Haute-Garonne enregistre 300 demandes d’inscription supplémentaires alors que 50 Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) ont déjà déposé leur démission auprès de l’Inspection d’Académie. «L’Etat trouve des combines pour éviter de donner un vrai statut aux AVS qui au bout de deux ans sont obligés de quitter leur poste. A chaque fois, c’est un drame pour les familles», explique Jean-Louis Girbal de l’UNSA31.
Enfin, les représentants syndicaux attendent avec circonspection les directives en cas d’épidémie de grippe A : «Sur le papier, nous avons des préconisations. Je dirais que médiatiquement, le gouvernement a fait son boulot. Mais sur le terrain, nous ne savons toujours pas comment cela va se passer. Tout se fera au jour le jour. En Nouvelle-Calédonie, les mesures prises en termes de fermeture d’écoles ont été abandonnées car le système ne fonctionnait pas. Nous sommes inquiets», confie Jean-Louis Girbal.
Si les syndicats avouent être dans l’expectative des premières semaines de cours, ils préparent néanmoins l’offensive : mise en place d’un observatoire de l’école par le SNUIPP-FSU, vigilance de la part de la FCPE31 et préparation d’une action courant septembre. «La mobilisation de 2008 n’est pas arrivée à son terme. Nous prévoyons de nouvelles étapes», concluent les enseignants et parents d’élèves.

Sophie Orus


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