Emploi en Midi-Pyrénées ; 86 500 projets de recrutement en 2010

Selon la dernière enquête BMO (Besoin en Main d’œuvre) du Pôle Emploi Midi-Pyrénées, plus d’une entreprise sur cinq déclare vouloir embaucher en 2010. Le secteur des services arrive en tête des intentions d’embauche, suivi par l’agriculture. 43% des projets de recrutements sont jugés difficiles à réaliser par les employeurs, sensibilisés par ailleurs aux métiers verts.

 
19 millions d’euros d’aides à la formation en Midi-Pyrénées. C’est le montant que verse chaque année le Pôle Emploi Midi-Pyrénées. D’où l’importance de bien cibler les besoins des entreprises en la matière afin justement d’adapter le financement des formations à leurs réels débouchés sur le marché du travail. Dans cette optique, l’organisme a par conséquent élargi le champ de l’enquête BMO qu’il publie depuis neuf ans. Outre le secteur privé, il couvre dorénavant le secteur agricole, le secteur public, (collectivités locales, crèches, hôpitaux…), ainsi que les entreprises de 0 salarié ayant émis une déclaration d’embauche au cours des douze derniers mois. Sur 85 636 établissements interrogés par le Pôle Emploi Midi-Pyrénées en décembre 2009, 21 600 questionnaires ont pu être exploités, soit un retour global de 25.2 % : «Cela montre que les entreprises jouent le jeu. Elles étaient 70 000 l’an dernier» se félicite Pierre Brossier, responsable du service Statistiques, Etudes et Evaluations au Pôle Emploi Midi-Pyrénées. «Notre objectif est de fidéliser le plus grand nombre d’établissements» confie à son tour Yves Dubrunfaut, Directeur Régional Pôle emploi Midi-Pyrénées, qui ajoute «65 % souhaitent passer par le Pôle Emploi pour recruter en raison de l’importance de notre fichier et du nombre de candidats mais aussi de la gratuité du service». Principaux enseignements de cette enquête rénovée : Plus d’un établissement sur cinq envisage de recruter en 2010, ce qui représente 86 500 embauches, dont 39 % en CDI (48 % en CDD de moins de 6 mois). Les Très Petites Entreprises (c’est-à-dire de moins de dix salariés) concentrent 56 % des projets de recrutement, contre 11 % pour celles de plus de 200 salariés. Motifs de l’embauche ? Un surcroît d’activité dans 39 % des cas, des créations de poste pour 36 %, des remplacements pour cause de départ et/ou de retraite (40 %). En revanche, si les entreprises ne recrutent pas, c’est d’abord parce que les embauches ont été réalisées les années précédentes (58 %) mais elles évoquent aussi une conjoncture peu favorable, une situation financière «pas assez solide» pour le faire (46 %) ou encore un marché peu porteur (12 %)..

Secteurs porteurs

Dans le détail, le secteur des services concentre 61 % des intentions d’embauche. La santé, l’action sociale (animateurs, aides à domicile), l’hébergement et la restauration (serveurs, employés de cuisine), les services aux particuliers et aux collectivités (agents d’entretien) sont les domaines dans lesquels l’on recherche le plus de candidats. En seconde position, on trouve l’industrie alimentaire et l’agriculture (18 %). A noter quand même sur ce secteur un fort taux de saisonniers de 80 %. Viennent ensuite ceux du commerce (télévendeurs, employés de libre service) avec 11 %, de la construction (6 %) et de l’industrie (4 %).
C’est dans le bassin toulousain (le premier de France) que les projets de recrutements battent des records : 21.3 % de ces entreprises demandeuses rassemblent 39 % des besoins en main d’œuvre de la région (soit 33 534 projets). Le Tarn-et-Garonne montre également un certain dynamisme en particulier Castelsarrasin avec 4 079 projets. Dans le Gers, Condom tire son épingle du jeu avec 2 650 projets, ou encore Lourdes (2 960) et Tarbes (3 307) dans les Hautes-Pyrénées, bien que la saisonnalité y soit assez marquée. Au bas de l’échelle, l’Ariège, qui sur l’ensemble du département ne prévoit que 2 447 projets de recrutement.

 

Difficultés de recrutement

Mais cette enquête révèle aussi les difficultés de recrutement (pour 43 % des projets) que rencontrent les employeurs midi-pyrénéens. Elles concernent la construction (51 %), les services (44 %), l’agriculture (42 %), l’industrie (37 %), et le commerce (34 %).
Des difficultés dues pour 44 % au manque d’expérience du candidat, pour 39 % à une pénurie de candidats, 35 % à un manque de motivation, 18 % à un manque de diplôme correspondant au poste. Mais Pôle emploi va plus loin ses recherches et interrogent les chefs d’entreprises sur les solutions envisagées pour les résoudre. Ainsi, 45 % d’entre eux envisagent de former le futur salarié venant de l’extérieur, 20 % de former en interne, 18 % de s’en remettre au bouche à oreille ou de débaucher, 10 % de recourir à l’intérim, à la sous-traitance ou phénomène en vogue, aux auto-entrepreneurs. 8 % préfèrent différer l’embauche. C’est en Haute-Garonne (département qui présente le taux le plus faible de saisonnalité) que se concentrent ces difficultés (44 %). Même chiffre pour l’Aveyron, le Tarn-et-Garonne (48 %), le Tarn et le Gers (42 %), le Lot (39 %), les Hautes-Pyrénées (38 %), l’Ariège (35 %).

Optimistes et verts…

Par ailleurs, une entreprise midi-pyrénéenne sur trois est optimiste quant à son avenir à moyen terme. Alors que 37 % d’entre elles pensent que leur évolution sera stable dans les 3 à 5 ans à venir, 33 % estiment qu’elle sera en progression du fait pour la majorité d’un marché porteur (43 %) et d’une conjoncture favorable (30 %). Quant aux compétences, les besoins devraient être les mêmes pour 47 %. 42 % des entrepreneurs ne se prononcent pas sur le sujet.
9 % en revanche, affichent leur pessimisme, dû pour 61 % à une conjoncture peu favorable, une forte concurrence (28 %) ou à des problèmes de trésorerie engendrant une cessation d’activité (20 %).
Enfin, autre tendance que dévoile cette enquête : l’intérêt pour les métiers verts. 20 % des établissements interrogés indiquent que leur activité est en lien avec le développement durable. Protection de l’environnement, gestion des déchets, des eaux usées, prévention des pollutions, énergies renouvelables, agriculture biologique ou encore réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau des transports, 16 % des entreprises prévoient d’y consacrer une partie de leur recrutement.
En juin, le Pôle emploi Midi-Pyrénées renouvellera son enquête auprès des entreprises de Midi-Pyrénées, de manière à voir ces résultats consolidés… ou pas.

Claire Manaud


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