Emeline Lair; Emerveillement et heureuses surprises

A 31 ans, cette Toulousaine d’adoption est guide-conférencière dans la Ville rose depuis 6 ans. Plus qu’une passion, un véritable sacerdoce…

 
Emeline, pouvez-vous nous rappeler votre parcours scolaire et professionnel ?
J’ai effectué toute ma scolarité à Toulouse et commencé avec un BAC Arts Plastiques/Histoire de l’Art pour une première sensibilisation. J’ai continué par un BTS Tourisme, passage obligé dans ce métier, avec au bout une formation dans l’accueil et l’animation. Au final, j’ai obtenu ma carte de guide-interprète régional avant de faire une année de formation pour la carte nationale. Je me suis ensuite spécialisée en histoire de l’art avec une maîtrise. Je suis aussi partie en Angleterre pour deux ans avant de commencer à exercer à Toulouse en 2003. Aujourd’hui, j’ai également la carte de guide-conférencier régional.

Comment s’organise votre semaine de travail ?
Mon emploi du temps est très irrégulier et s’adapte à la saisonnalité et au public. D’avril à octobre, le planning est très rempli. La chance à Toulouse est de pouvoir bénéficier du tourisme d’affaires, en plus du tourisme d’agrément. Ceci dit, il est difficile de vivre de ce métier malgré les diplômes et le temps qu’il prend. Il faut être motivé et passionné.

Quelles sont justement les qualités requises pour ce métier ?
Une chose primordiale aujourd’hui : les diplômes et en particulier ceux de guide-interprète et guide-conférencier. On ne peut plus devenir guide simplement parce qu’on connaît bien l’histoire de son village. En plus des cartes, il est préférable d’avoir une licence en histoire ou en histoire de l’art. Ensuite, il faut impérativement parler plusieurs langues, notamment à Toulouse, ville très cosmopolite. Au niveau des compétences, il ne faut pas avoir peur de travailler des heures durant. On se plonge dans les livres pour synthétiser les informations et les transmettre au public en le captivant, à la fois avec des faits historiques et des anecdotes. Le but est de lui donner des clés pour comprendre le patrimoine. En même temps, la visite doit être agréable car il s’agit d’un moment de détente pour les gens. Il fait savoir moduler sa voix et le rythme pour ne pas les assommer. Enfin, le guide ne vit pas dans le passé et sur les vieilles pierres donc il faut se tenir au courant des nouveaux projets. D’ailleurs, nous développons des produits tournés vers l’avenir en amenant les gens au Cancéropôle, à Airbus ou la Cité de l’Espace.

 

« Un faible pour le quartier Saint-Etienne »

Etes-vous spécialisée dans un domaine ou une époque ?
Au contraire, il faut se diversifier, en commençant par le public pris en charge. En tant que guide, nous disposons toujours du même bagage technique mais la façon de le proposer varie selon le public concerné pour ne pas rater sa cible. Personnellement, je ne suis pas spécialisée sur un thème bien précis même si j’aime la Renaissance et le nouveau concept de balades gourmandes qui associent à la visite culturelle la gastronomie et l’œnologie.

Etes-vous parfois blasée après avoir effectué une énième visite dans les rues de Toulouse ?
Jamais ! Nous avons la chance à l’Office de Tourisme d’assurer des visites pour des publics variés, dans tous les quartiers de la ville, aux différents moments de la journée. Cette diversité est primordiale et typique des grandes villes. Par ailleurs, nous pouvons être sollicitées pour partir dans la région comme à Cahors, Rocamadour, Albi ou Carcassonne, dans le vignoble de Bordeaux, parfois plus loin encore.

Continuez-vous à apprendre des choses sur votre ville ?
Bien sûr, notamment à travers les visites “Toulouse, secret et insolite”. On amène les gens voir le petit puits caché au fond d’une cour ou l’hôtel particulier que personne ne connaît. L’émerveillement des gens qui redécouvrent leur ville fait partie de ces heureuses surprises du métier. Car nous avons beaucoup de succès auprès des Toulousains, qui doivent être les ambassadeurs de leurs villes.

Avez-vous un quartier ou un monument coup de cœur ?
Ce n’est pas très original mais j’ai un gros faible pour le quartier Saint-Etienne car il dégage véritablement l’atmosphère toulousaine. C’est là que la brique et la lumière sont les plus belles le matin. Les hôtels particuliers y sont splendides, avec beaucoup de charme.

Que conseillez-vous pour les prochaines Journées du Patrimoine ?

Le thème cette année est l’adaptation au public handicapé donc les produits mis en place sont extras. Ce sont des visites adaptées à la fois au public valide et au public handicapé. Il y a de quoi redécouvrir la ville différemment. Par ailleurs, nous assurerons des permanences au Palais de Justice qui ouvre exceptionnellement ses portes. C’est le genre de visite à faire.

Propos recueillis
par Sophie Orus


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.