Elections européennes; DLR : la résistance s’organise

Le Président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, était de passage ce lundi à Toulouse, pour soutenir Henri Temple, tête de liste Grand Sud Ouest aux européennes. Le parti gaulliste et républicain en appelle le 7 juin prochain à «l’insurrection électorale».

 
Pour sa première campagne nationale depuis la création du mouvement en 2008, Debout la République veut marquer les esprits et créer la surprise. Pour les représentants de ce parti gaulliste et républicain, ce sont les européennes du 7 juin prochain qui doivent amorcer un début de conquête de l’électorat français, las du «monopole désastreux UMP/PS». «Au-delà de cette échéance, ce qui importe c’est la reconstruction d’un mouvement qui a vocation à remettre au goût du jour des idées simples, qui ont conquis à la fois, le patriotisme de droite et une bonne fibre sociale de gauche, un peu comme l’incarnait feu le RPR» déclare Olivier Arsac, secrétaire départemental de DLR et 5ème sur la liste Grand Sud Ouest, «et de proposer une nouvelle offre politique, celle du gaullisme social, colbertiste, traditionnel, qui n’aurait jamais dû disparaître».
En trois mois de campagne, Henri Temple, tête de liste, a fait plus de 120 déplacements. Pour ce professeur de droit économique montpelliérain, avocat, le constat est sans appel : «Partout j’ai vu le même désastre : des viticulteurs, des agriculteurs, des éleveurs, des ouvriers qui se demandent ce qu’ils vont devenir, des usines qui font faillite ou qui délocalisent. C’est effrayant. Nous sommes à la veille d’événements très graves si nous ne réagissons pas. (…) Il faut que les banques arrêtent de spéculer sur n’importe quoi et qu’elles aident les PME à sauver l’emploi» Siégeant aux commissions de surendettement, il explique qu’en 2008, l’augmentation des dossiers était de l’ordre de 15 à 20 % et qu’au début 2009, elle est de 30 % : «Parmi, ces dossiers, on trouve les cas de ménages qui travaillent et qui malgré cela, ne s’en sortent plus. La société française est en train de déraper».

 

Des impostures absolues !

A trois semaines du scrutin, DLR qui prône une Europe «pour et par les Européens, qui respecte les identités nationales», en appelle à «la résistance, à l’insurrection électorale». Lundi à Toulouse, son président, Nicolas Dupont-Aignan en a profité pour fustiger tour à tour l’UMP, le PS, le MoDem, les Verts, selon lui, responsables de tous les maux ou presque que l’Europe actuelle inflige à la France. On en oublierait presque que N. Dupont-Aignan, s’étant déclaré «contre le cumul des mandats et l’hypocrisie», n’est pas tête de liste à ces élections : «Nous refusons le grand mensonge politique qu’affichent ces partis. Ce sont eux qui ont signé Lisbonne et tous les traités depuis vingt ans dans le dos des Français, qui ont bafoué le référendum de 2005. Comment peuvent-ils être crédibles ? Comment peuvent-ils après nous parler de protection ? Leurs discours sont des impostures absolues !»
Pour autant, DLR ne veut pas se ranger dans le camp des anti-européens classiques (De Villiers, Le Pen, Besancenot) «Nous croyons qu’il est possible de construire une autre Europe» optimise N. Dupont-Aignan qui propose «deux révolutions» : la suppression de la Commission Européenne d’abord, «un organisme non élu, qui n’a aucune légitimité politique, qui s’est arrogé le pouvoir dans l’Union, qui a multiplié les normes dans tous les domaines, qui rend l’Europe impopulaire et qui interdit aux Européens de s’occuper des vrais dossiers qui nécessitent des investissements massifs. C’est la Commission Européenne qui poursuit les Etats qui donnent des aides publiques à des constructeurs automobiles, qui, au nom de la libre concurrence, ne veut pas que les Etats mettent en place des programmes de recherche publics, etc… Cette Commission marche sur la tête, régente la vie quotidienne des peuples et ne s’occupe pas de notre avenir. C’est aberrant».
La mise en place d’un protectionnisme «raisonnable» ensuite : «En Chine et en Inde, le SMIC est à 60 euros. En France, charges comprises, il en représente 2000. Le libre-échange, il le faut, mais à un niveau de développement à peu près égal. Je ne suis pas pour le protectionnisme intégral mais la France d’aujourd’hui est une France qui ferme parce qu’elle ne peut pas lutter. Airbus par exemple, a crée un centre d’ingénierie à Bangalore en Inde. Ce sont les ingénieurs qui vont être touchés. Tout cela est la cause d’une Europe qui n’a pas compris que pour être viable, elle devait se protéger un minimum».

 

Baudis et Arif aux abonnés absents

Reste à DLR à se faire entendre. Le parti se plaint d’être bâillonné par ce que son président nomme «la caste dirigeante française, l’oligarchie financière, économique, politique et médiatique qui nous gouverne, qui est coupée des réalités, se goinfre de privilèges et ne veut pas qu’on parle des choses aux gens». Et N. Dupont-Aignan d’en référer une nouvelle fois au constructeur aéronautique : «les syndicats d’Airbus m’ont appris que le représentant de l’Etat au Conseil d’Administration de la société, n’est pas un haut fonctionnaire du ministère des Finances mais Monsieur Pébereau, Président de la BNP. C’est ahurissant. La France aujourd’hui est dans un système féodal et si j’ai crée ce parti, c’est parce qu’on n’en peut plus, on étouffe ! Le système démocratique est malade !». Logiquement interrogé sur la dernière affaire Dieudonné, N. Dupont-Aignan s’insurge «Quand une vie politique est atrophiée, il ne faut pas s’étonner que sortent des gens comme Dieudonné. Je combats ses idées mais il a le droit de se présenter. Ce n’est pas à Monsieur Guéant de dire qu’il faut interdire sa liste !»
Se faire entendre des Français, certes, mais aussi des adversaires de DLR qui semble-t-il font la sourde oreille : «Cela fait trois mois que nous demandons de débattre avec Messieurs Baudis et Arif, en vain» regrette vivement Henri Temple. Le parti a reçu en revanche un soutien local, celui de Christian Raoust, ancien élu à la mairie de Toulouse et ex-dirigeant de Démocratie Libérale.
DLR, que les sondages créditent d’1 % des intentions de vote, ne craint pas le déficit de notoriété imputable à sa jeunesse, «les RG nous donnent 3 élus, on peut en avoir 5» espère N. Dupont-Aignan, «tout dépendra de la couverture médiatique».
Et pour définitivement enfoncer le clou, le mouvement a présenté en avant-première à Toulouse son «petit livre mauve», le premier livre politique téléchargeable, (gratuit sur internet, 2 euros en librairie), «un abécédaire sur les absurdités d’une Europe, qui marche sur la tête et qu’il faut remettre sur ses deux jambes». Tout un programme en somme…

Claire Manaud

debout-la-republique.fr
dlr31.free.fr



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