Election plus serrée que prévue à l’UDI :Jean Iglésis « Je vais être amené à travailler avec tout le monde »

Jean Iglésis a remporté la présidence de l’UDI 31, lundi dernier, face à Philippe Lasterle. Le score 54,5% – 45,5 %, plus serré que prévu, révèle deux tendances claires au sein du mouvement. Une divergence qui se cristallise principalement autour des prochaines municipales. Le point sur les enjeux et les conséquences de cette première élection interne.

Avec 167 voix, contre 139, « Jean Iglésis est élu président de l’UDI 31 », a clamé Jean-Luc Rivière, conseiller régional UDI, qui supervisait le décompte. Le vainqueur a tenu à souligner que les élections se sont déroulées « sans heurts, sans un mot plus haut que l’autre », bref un « exercice démocratique irréprochable. » Autre point de satisfaction, la participation. Sur 561 inscrits, 309 adhérents se sont déplacés pour voter, une « mobilisation de bon niveau » s’est félicité le nouveau président, surtout au regard de la création très récente de l’UDI. « S’il n’y avait pas eu une pluralité de candidatures, le taux de participation n’aurait pas été aussi élevé. Le choix a intéressé les gens », a soulevé Philippe Lasterle. Avec 45% des voix, le challenger a tout de même réalisé un score conséquent, « c’est un formidable encouragement à poursuivre mon action au sein de l’UDI (…), mon implication est évidente et indispensable. » Il regrette cependant la brièveté de la campagne, « qui n’a duré que dix jours » et la difficulté à se procurer le listing des militants… Preuve de tensions internes encore palpables au sein du centre toulousain, et ce malgré l’issue du scrutin, Philippe Lasterle a communiqué mercredi dernier en continuant à attaquer la ligne Jean Iglésis/Christine de Veyrac : « A ceux qui considèrent que le rassemblement avec l’UMP en vue des élections municipales à Toulouse « se fera tôt ou tard » mais avouent « ignorer quand et comment », je les invite à tenir un discours plus déterminé. »

 

Un vote pour ou contre Christine de Veyrac ?

 

« Rien ne nous sépare », déclarait Philippe Lasterle en début de soirée… Il est vrai que les discours préliminaires étaient à s’y méprendre, quasi-similaires. Le maillage du territoire, la fidélité aux valeurs centristes, faire de l’UDI le premier parti du département sont autant de points prônés par les deux candidats. L’élément clivant de ces discours est venu de Philippe Lasterle qui a évoqué Jean-Luc Moudenc, comme celui capable de battre la gauche : « le dernier sondage sur les municipales montre que l’écart se resserre au second tour entre Pierre Cohen et le candidat du centre et de la droite. » Jean Iglésis n’abordera le sujet qu’après la proclamation des résultats, et encore, parce que les journalistes ont insisté : « Pour l’instant c’est l’heure de savourer la victoire » a-t-il tenté d’esquiver, visiblement mal à l’aise. « Tout se décidera à Paris, les mois qui viennent seront déterminants », poursuit-il. De toute façon, il n’y a que deux possibilités : une liste d’union ou une triangulaire. Je suis un fervent artisan de la candidature de Christine de Veyrac. » La différence entre les deux postulants au titre de la présidence semble plus claire. Faut-il pour autant y voir un vote pro ou anti Christine de Veyrac ? « Il ne faut pas le comprendre comme ça », estime Jean Iglésis, « je vais être amené à travailler avec tout le monde. » Mais la remontée de son concurrent sur la dernière ligne droite peut tout de même être interprétée comme un signe de défiance envers la candidate déclarée aux municipales. D’ailleurs celle-ci s’est montrée très discrète au cours de la soirée. Arrivée après les discours, elle ne s’est pas exprimée publiquement et n’a pas non plus approché la presse. Après avoir échangé avec des fidèles dans la salle, Christine de Veyrac est repartie aussi vite qu’elle est arrivée. Une attitude un peu étrange pour quelqu’un qui est en campagne… Il faut dire que l’investiture officielle de l’UDI se fait attendre. La venue d’Hervé Morin, président du Conseil national du parti, lundi prochain, sera-t-elle l’occasion d’une telle annonce ? « En tout cas, ce n’est pas prévu au programme », nous confie un cadre centriste. Et pendant ce temps, Jean-Luc Moudenc ne perd pas une minute pour tenter le rapprochement avec le nouveau président : « Ma porte est dès à présent ouverte à Jean Iglésis pour travailler ensemble à l’union dans la diversité, que nos électeurs attendent avec impatience » a-t-il déclaré dans un communiqué. Pour Jean-Jacques Bolzan (secrétaire départemental de l’UDI, rallié à Jean-Luc Moudenc), « ce n’est qu’une question de temps »…

 Coralie Bombail et Thomas Simonian

 

 

Petites magouilles entre amis ?

Toute élection amène son lot de petites combines entre amis. Cette élection à l’UDI n’aura pas échappé à la règle. Entre ceux qui avaient pris position officiellement pour un candidat mais qui dans l’isoloir semblent avoir fait un autre choix (d’où le résultat plus serré que prévu), et ceux qui avaient entrepris une course aux procurations (nous avons surpris un proche d’un candidat se plaindre de ne pas avoir récupéré toutes les procurations escomptées), la guerre fut virile et pas toujours correcte.

 

 



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