[Edito] Un été au seuil de deux ères

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Si l’air semble un peu plus léger et les toulousains moins pressés, la terre ne s’arrête pas de tourner malgré le flegme estival. Et l’actualité se charge bien de nous mettre face aux contradictions de nos sociétés, peu importe la saison. Comme un bras de fer entre deux époques, passé et futur se télescopent sous les rotatives. A l’heure où deux jeunes archéologues retrouvent la dent d’un ancêtre vieux de plus de 550 000 ans dans les Pyrénées-Orientales, d’éminents scientifiques nous annoncent un potentiel avenir digne d’un épisode de Terminator. La conférence internationale sur l’intelligence artificielle (du 25 au 31 juillet à Buenos Aires) nous propulse dans un futur bien connu de la science-fiction et qui pourrait pourtant devenir réalité… Un millier d’experts s’entendent pour mettre la planète en garde contre le développement de « robots autonomes » capables  de sélectionner et d’attaquer des cibles sans aucune intervention humaine. Les grands noms de la haute-technologie appellent d’ailleurs déjà à interdire les travaux en cours n’hésitant pas à nommer ce fléau émergeant : « les robots tueurs ». Un sujet qui avait déjà été soulevé par l’ONU l’an passé.

« Entre la Guerre du feu et Terminator la frontière est mince »

Pourtant il y a fort à parier qu’en coulisse les avancées sont déjà démesurées à propos de cette course à l’armement qui doit en séduire plus d’un. Les avantages seraient nombreux à envoyer des robots sur le front… Sauf évidemment si c’est pour un ultime combat, les fantassins immortels se retournant contre leurs créateurs. Faut-il voir dans les signes du passé que crache par moments le sol une mise en garde bien avisée? L’occasion de nous rappeler que le temps file ? Et que nos choix laissent des traces ? Entre la Guerre du feu et Terminator la frontière est mince. Aussi mince qu’une poussière sur un fossile retrouvé. Alors que paléontologues et archéologues fouillent notre passé sans relâche, certains symptômes sociétaux sont à ne pas prendre à la légère. A n’en pas douter nous sommes à deux doigts de dénicher d’ici quelques milliers d’années le croc en titane d’un humanoïde planté dans des strates anciennes d’asphalte… Pendant ce temps dans un présent bien réel, le théâtre politique continue sa représentation, avec en premier acte, des élections régionales qui passionnent autant les acteurs politiques qu’elles désintéressent les électeurs, spectateurs désabusés. Une valse de costumes sombres qui pose question quand chaque candidat n’a qu’un mot à la bouche : « I’ll be back ».



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