[Edito] Turbulences

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Le moins que l’on puisse dire est que l’on vit une période mouvementée, troublée, anxiogène. Les attaques de Daesh qui ont frappé les États-Unis, puis la France ont suscité une nouvelle fois l’effroi et la colère. Le contexte social ne s’apaise pas. La CGT maintient la pression sur le gouvernement alors que la loi Travail est examinée au Sénat cette semaine. Les ‘‘casseurs’’ ont franchi un cap en s’en prenant à un hôpital pour enfants. Même l’Euro, supposé être un grand rendez-vous de ferveur populaire, est perturbé par des actes de violence inouïe entre supporters.

Chaque jour, chaque semaine, les actualités dramatiques s’enchainent. Et conforte le climat de  morosité qui semble gagner du terrain. Il faudrait casser ce schéma néfaste qui nous nuit. Mais à qui profite-t-il ? Aux politiques et aux médias, en premier lieu. La peur est le meilleur ami des politiques en campagne (et ils sont toujours en campagne). Cela vaut pour l’opposition de droite qui peut agiter ses arguments ultra-sécuritaires. Cela vaut aussi pour la majorité socialiste. François Hollande profite des actes des casseurs, qui décrédibilisent le mouvement social à l’encontre de la loi El Khomri. Il profite également de chaque attentat, qui lui redonne une posture de chef d’État (et quelques points dans les sondages).

« La peur régit-elle notre société ? »

Passons aux médias. Ils sont la caisse de résonnance de tous ces événements dramatiques. Bien sûr, ils ne peuvent pas être passés sous silence. Ils ne peuvent pas non plus éclipser toutes les autres informations. On le sait, la peur fait vendre. Et certains médias n’hésitent pas à en rajouter des couches et des couches pour augmenter audience ou lectorat. En tant que journaliste, il faut se poser la question de notre responsabilité sociétale. L’effet ‘‘loupe’’ sur les catastrophes reflète une image erronée de notre société. D’où l’importance de former les gens, en particulier les jeunes, au traitement médiatique. Le recul, l’esprit critique et l’éducation seront les seules armes pour résister à la peur.

Bref, j’ai juste envie de poser une question : La peur régit-elle notre société ? Vous avez 4h…

 

 



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