[Edito] Stupeur et indignation

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Toulouse avait à peine fini d’honorer la mémoire des victimes de Mohammed Merah que la nouvelle est tombée. Les attentats de Bruxelles ont résonné d’une manière particulière dans la ville rose. Même si la capitale belge peut sembler lointaine, ces attaques ravivent une douleur que seules les cités endeuillées connaissent. Et ont plongé le pays entier dans la stupeur et l’effroi. Ces deux attentats nous touchent de près, car ils ont suivi l’arrestation de Salah Abdelam, l’un des instigateurs présumés des attaques meurtrières de Paris en novembre dernier.

Mais ce moment de deuil et de recueillement n’a pas empêché l’instrumentalisation de ce drame par certains de nos politiques… Je parle de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale qui a profité de cet instant propice pour tacler ses collègues sénateurs : « Attentats terroristes et protection de notre pays, la droite sénatoriale qui bloque la révision constitutionnelle est irresponsable », a-t-il déclaré sur Twitter, le matin même de l’attentat, quelques minutes après les deux explosions qui ont secoué Bruxelles. À ce niveau-là, on ne parle plus de maladresse, mais d’indécence.

« La déchéance risque d’être abandonnée »

En effet, le projet de révision constitutionnelle, incluant la déchéance de nationalité (article 2), était examiné au Palais de Luxembourg fin de semaine dernière. La majorité sénatoriale, à droite, a quelque peu modifié l’article 2 en validant la déchéance de nationalité seulement pour les binationaux. Cette réécriture met en péril l’ensemble du texte, car il doit être validé à l’identique par les deux chambres du Parlement. Le débat est donc loin d’être clos et la déchéance risque d’être abandonnée. Une fois n’est pas coutume, je suis (presque) en accord avec la majorité sénatoriale (qui est elle-même en désaccord avec la doctrine traditionnelle de la droite qui prône la déchéance de nationalité depuis longtemps… Mais bon, passons ce détail). Certes, j’aurais préféré que soit voté l’abandon pur et simple de cet article. Seul le résultat final compte : si cette mesure n’est pas adoptée, ce sera paradoxalement une victoire pour la gauche, et je le crois, pour l’ensemble pays. Se servir des récents attentats pour faire croire le contraire est dangereux, populiste et indigne d’un élu. Nous avons besoin, plus que jamais, d’efficacité contre le terrorisme et d’union nationale. La déchéance de nationalité, c’est tout le contraire.

 

 



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