[EDITO] Rémi, pourquoi toi ?

Thomas SimonianRémi Fraisse. Un nom qui est sur toutes les lèvres. Désormais un symbole. Ce jeune homme de 21 ans est décédé alors qu’il s’opposait avec d’autres au fameux barrage de Sivens… Mort pour quoi ? Rémi n’était pas connu pour être un manifestant violent et provocateur. Non, il est plutôt décrit comme un militant des causes nobles, et était toujours apparu comme un pacifiste. Que s’est-il donc passé sur le site de Sivens ? C’est maintenant à la justice de répondre. Mais une nouvelle fois, ce qui m’interpelle dans ce dossier, c’est la responsabilité du politique… Et en l’occurrence, le jusqu’au- boutisme du Conseil général du Tarn et de son président, Thierry Carcenac. Pourquoi être allé au bout de ce projet qui était même contesté par des experts ? Dans les conclusions rendues par deux experts mandatés par le gouvernement, les critiques sont claires. Il déplorait que ce projet ait été lancé « sans réelle analyse des solutions alternatives possibles ». Pire, ils ont même jugé l’étude d’impact de « qualité très moyenne ». Dès 2013, le Conseil général du Tarn avait également décidé de s’asseoir sur les remarques des scientifiques du très sérieux CRSPN (Conseil scientifique régional du patrimoine naturel, ndlr) : « Une expertise écologique souffrant d’insuffisances et d’interprétations non pertinentes, entraînant des omissions ou des minorations d’impact (…) »

 

« Brandir l’envie d’un monde meilleur »

Les faits sont donc têtus voire cruels pour des élus qui ne semblent avoir tenu compte que d’intérêts économiques… Le résultat est bien triste. Cet entêtement a amené la contestation sincère et militante de Rémi… Manifester est un droit. Crier son désespoir est noble. Brandir l’envie d’un monde meilleur est la vertu numéro un de la jeunesse. La rébellion est dans l’ADN de l’étudiant engagé. Et Rémi, c’était un peu de tout cela à la fois. Maintenant, il est même un symbole que n’a même pas su respecter le président du Conseil général du Tarn : « Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement bête. » L’homme n’a toujours rien compris. Dommage. Il n’embellit pas ainsi l’image du politique, pourtant si écornée en ces temps de crise. Et la disette de la société n’excuse pas tout M. Carcenac. Et en disant cela, je me tourne aussi vers des Bové ou des Mélenchon qui ont exploité politiquement un drame qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Qu’on soit pour ou contre ce barrage de Sivens, l’indécence n’a pas de frontières. Respect Rémi.



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