[Edito] Pas peur de la trouille

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Nous étions avertis. Depuis des mois, voire des années, nous savons que la France est une cible privilégiée des terroristes islamistes. Les attentats de Charlie Hebdo ne sont pas si loin dans notre souvenir. Et pourtant, à chaque fois, c’est la même stupeur, le même effroi qui envahit tout un chacun. À chaque fois, le choc nous saisit comme si un tel évènement arrivait pour la première fois. En un sens, tant mieux. Cela signifie que nous sommes capables de vivre en oubliant la peur. Cela signifie que nous considérons la barbarie comme étant exceptionnelle.

Au lendemain des attentats, les rassemblements populaires et les petits gestes de ‘‘résistance’’ (boire un verre en terrasse par exemple) ont montré une unité populaire et une solidarité exemplaire. On ne pourra pas en dire autant du monde politique, qui malheureusement, n’aura pas su tenir la promesse de l’unité nationale. Le spectacle affligeant à l’Assemblée nationale mardi en est la preuve. Mais ce n’est pas ce que je retiendrai de ce deuil national.

« Le silence assourdissant des minutes de silence a couvert les voix du Front national »

Je préfère garder le souvenir de l’élan populaire, qui est à chaque épreuve au rendez-vous du recueillement, mais aussi de l’indignation. Je retiendrai le message de résistance face à la peur. Il est essentiel. Nous ne pouvons céder à la panique, qui réveille en l’Homme ses plus bas instincts. Je retiendrai le message de résistance face à l’amalgame. C’est aussi ça, la solidarité, envers nos concitoyens de confession musulmane. Oui, j’entends les petites voix perfides de l’extrême droite qui s’agite. Je les entends, mais je ne les écoute pas. Cette semaine, le peuple a crié plus fort. Même le silence assourdissant des minutes de silence a couvert les voix du Front national.

J’ai été fière de voir, dans les manifestations, la foule se réapproprier les symboles de la République (aujourd’hui trop souvent associés aux extrêmes nationalistes) : Marianne, la Marseillaise, le drapeau tricolore. Ils ne sont, ni de droite ni de gauche. Ils ne sont ni chrétiens, ni musulmans, ni juifs. Pourtant, ils appartiennent à tous. Dommage qu’il faille ces circonstances pour s’en rappeler.

 

 



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