[EDITO] Les prisons françaises en sursis

Plus de prisons ou plus de prévention et d’aménagements de peine ? Quelles sont les solutions pour lutter contre la surpopulation carcérale ? Éternelle question à laquelle nos politiques sont enchaînés depuis longtemps. Le Conseil de l’Europe rappelle la France à l’ordre régulièrement pour que les conditions de détention s’améliorent. Les gardes des Sceaux successifs, notamment Christiane Taubira et Jean-Jacques Urvoas, se sont penchés sur le sujet. La première avait mis en place une nouvelle alternative à l’incarcération, appelée “la peine de contrainte pénale”, qui soumet le condamné à un ensemble d’obligations et d’interdictions et à un accompagnement soutenu pendant une durée qui peut aller jusqu’à cinq ans. Une option orientée vers les aménagements de peine plus que vers la création de prisons. Cependant, cette alternative reste peu utilisée par les juges d’application des peines.

« Bâtir de nouveaux bâtiments ne ferait qu’encourager de nouvelles incarcérations »

Le nouveau ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas appuie quant à lui la thèse de la multiplication des cellules pour résoudre le problème de la surpopulation carcérale. C’est en tous cas ce qui ressort de son dernier rapport sorti en septembre. Celui-ci prône la construction d’établissements pénitentiaires plus que la possibilité de peines substitutives. Mais il semblerait que son discours ait quelque peu évolué au fil du temps. En effet, celui qui se dirige vers le tout-carcéral aujourd’hui, fustigeait la droite qui plaidait pour la construction massive de nouvelles places de prisons hier. «Bâtir de nouveaux bâtiments ne ferait qu’encourager de nouvelles incarcérations car la nature a horreur du vide», disait Jean-Jacques Urvoas il y a tout juste deux ans. Pourtant, c’est bien ce qu’il souhaite mettre en place maintenant qu’il est aux affaires. À l’époque, celui qui était alors président PS de la Commission des lois de l’Assemblée nationale défendait dans un rapport le développement des aménagements de peines, l’instauration d’un numerus clausus, la priorité aux détenus vulnérables ou aux prévenus, et même l’intensification des remises de peine.

Aujourd’hui, le Journal Toulousain s’intéresse lui aussi aux alternatives à l’incarcération. En croisant les regards de différents acteurs de la réinsertion et du suivi des détenus, jusqu’à celui d’un condamné lui-même, notre dossier explore d’autres solutions pour lutter contre la surpopulation carcérale.



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