[Edito] Du bruit à la Dynamo

Thomas SimonianLa culture toulousaine est touchée dans sa chair. Le 31 mars 2015, la salle de La Dynamo, bien connue des fans de décibels et d’amplis en surchauffe, devra fermer le rideau. La faute à un complexe hôtelier flambant neuf mais voisin… Aujourd’hui, tel Jack Bauer, l’équipe de la salle de concerts joue contre la montre. Elle tente avec courage de sauver un pan de la culture alternative de notre ville. Car au-delà d’une simple fermeture, il s’agit avec ce dossier d’un vaste débat sur la politique culturelle qu’il faut ouvrir d’urgence. Les groupes de notre ville, amateurs ou professionnels, ont impérativement besoin de lieu pour exprimer leur talent. Toulouse est sous-équipée en la matière, et ce n’est pas une nouveauté. Et pourtant… Les voix de la ville rose sont bien celles qui ont enflammé les années 80, les années variété et paillettes. Jean-Pierre Mader, Gold et Images sont aujourd’hui encore des icônes de ces temps d’insouciance. À la fin des années 90, Zebda, les Fabulous Trobadors ou bien encore Les Beautés vulgaires sont devenus les marqueurs d’une contestation festive… Durant les années 2000, Psykup et toute leur bande du collectif Antistatic ont réussi à brandir le plus haut possible les vertus d’un nouveau mouvement alternatif. Quant aux années 2010, l’histoire Cats on Trees est en cours. Toulouse est donc ainsi, depuis des décennies, héritière d’une tradition musicale ancestrale incarnée par Nougaro et Sandoval, une capitale d’une certaine idée de la musique et de la culture.

« Les élus doivent prendre le temps d’écouter »

Toulouse la rebelle a toujours su s’incarner à travers le bruit. C’est donc pour respecter cette parabole que les pouvoirs publics doivent s’emparer dès maintenant de la question de la survie de La Dynamo. Les élus doivent prendre le temps d’écouter les revendications mais surtout les projets de l’équipe et du comité de soutien de la salle de concerts. Ces passionnés ont intégré l’obligation du déménagement, ils ont même peut-être trouvé l’endroit idéal pour faire revivre l’âme qui plane encore aujourd’hui sur la rue Amélie… Mais ils ont besoin d’aide, et maintenant ! Pour que vive la diversité musicale dans notre ville, pour permettre à de nouveaux groupes d’éclore, pour permettre à notre ville de garder ce qui fait sa spécificité culturelle, soutenons l’équipe de La Dynamo ! Il y a quelques mois en arrière, le Journal Toulousain était lui aussi dans un combat semblable et La Dynamo était là… C’est aussi pour cela que notre équipe crie haut et fort son soutien à La Dynamo. Nos histoires se ressemblent.



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